Vers une université du partage des savoirs de tous, par tous et pour tous

Invitée au colloque « Vers une politique des mondes (1) » , qui s’est tenu du 1er au 7 juin 2022 à Cerisy-la-Salle (50210), Patricia Pol y a animé un atelier permettant de poursuivre les réflexions menées avec Pierre Bitoun et plusieurs membres de l’IDST autour d’une société du partage des savoirs de tous, par tous et pour tous. Nous publions ses propos qui ont servi de point de départ à des discussions riches et animées menées dans la Laiterie de l’ancienne ferme du château, un lieu tout à fait propice pour penser une université révolutionnaire et sortir du capitalisme productiviste !

La Rédaction du blog

Pour commencer, je vais dire quelques mots destinés à préciser de « quels mondes » je viens et vous rappeler aussi que, dans le cadre de ce colloque, j’ai choisi de parler surtout à partir de mes expériences militantes.

Tout d’abord, celle de militante de la coopération internationale universitaire. Lorsque, en lutte contre les firmes multinationales dans les années 80, je décidai de quitter le monde des entreprises pour l’institution universitaire, je pensais avoir fait le choix d’un contre-modèle. Contre-modèle de l’entreprise capitaliste d’abord, et j’imaginais alors aller travailler dans une « anarchie organisée », pour reprendre certaines analyses des années 70 sur les universités américaines (2). Contre-modèle, également, du processus de compétition des marchés cher aux néo-libéraux qui prônent la coopération dans la compétition pour gagner en compétitivité, et dont je n’aurais jamais imaginé (naïvement à l’époque), que nos ministres de l’enseignement supérieur et de la recherche en arriveraient 15 ans plus tard à vanter ce concept de coopération internationale dans la compétition mondialisée des universités (3). Puis, arrivant à l’université en même temps que le programme ERASMUS à la fin des années 80, je me suis peu à peu impliquée dans la mise en place des politiques internationales de l’université Paris 12 Val-de-Marne. Pour cette université, faisant alors partie des dix universités les plus pauvres de France, je pensais que « l’international » serait un moyen de la maintenir dans ses principales fonctions d’enseignement et de recherche, car on voyait déjà venir la fragmentation extrême du système universitaire (4). Enfin, au cœur du pouvoir ministériel et de l’administration centrale, autour des questions européennes et internationales, j’ai en particulier été chargée d’organiser la 10ème Conférence ministérielle du processus de Bologne qui devait se tenir à Paris en mai 2018, soit 20 ans après la déclaration de la Sorbonne (5), mais surtout dans mon esprit, 50 ans après mai 68. Je pensais encore qu’une bifurcation serait possible pour stopper l’orientation néolibérale de ce processus !

Comprenant enfin qu’on ne pouvait changer le système de l’intérieur, je décidai de quitter à jamais le pouvoir universitaire en 2017. Je pus alors retrouver du temps pour militer sur le terrain politique de l’altermondialisme. Je proposai alors aux députés de la France insoumise en charge de l’éducation d’organiser un contre-sommet à cette énième conférence néolibérale du processus de Bologne. Sabine Rubin reçut avec joie cette proposition. En étroite collaboration avec l’équipe d’animation du livret Enseignement supérieur et recherche (ESR) de l’Avenir en commun, elle organisa à l’Assemblée nationale une journée de débats intitulée « Pour une université européenne insoumise ». À la suite de cette journée réunissant plus de 150 personnes venant de France, d’Europe et d’Amérique latine, nous avons co-fondé avec Pierre Bitoun (6) l’Internationale des Savoirs pour Tous (7) (IDST). Un peu sur les traces de la Via Campesina, nous voulions créer une « Via Universitaria (8) ». Ce réseau de 350 membres issus de plus de 30 pays vise un triple objectif : 1) critiquer dans chaque pays et partout le contenu et la mise en œuvre des politiques néolibérales, 2) fédérer et dynamiser les luttes, locales, nationales et internationales en cours ou à venir 3) démontrer que des propositions et programmes alternatifs au « tout-marché » de l’ESR sont d’ores et déjà prêts ou en voie d’élaboration. Nous y reviendrons.

Il ne s’agit pas ici de faire l’énième critique des politiques néolibérales dans l’ESR, et plus largement dans l’Éducation, critique à laquelle nous avons procédé régulièrement sur le blog de l’IDST et qui fait l’objet d’innombrables combats, livres, articles, rencontres, etc., pour dénoncer « l’université en ruine » (9), « la destruction de l’université (10) », « l’université en miettes (11) » ou bien encore le féodalisme de « l’homo academicus » si cher à Bourdieu…

Il s’agit dans cet atelier de se tourner vers l’avenir, vers le dépassement de ces politiques néolibérales, vers ce que pourrait être une université révolutionnaire ou une université capable de contribuer à la révolution des institutions, vers ce que nous avons appelé et mis en intitulé de cet atelier : « Une université du partage des savoirs de tous, par tous et pour tous ». Nous avions déjà réfléchi à l’IDST, en particulier avec Pierre Bitoun lors des premières rencontres à Marseille en 2019, à ce que pourrait être « une société du partage des savoirs de tous, par tous et pour tous ». Aussi je vous propose de lancer la discussion de cet après-midi en centrant mon propos autour de quelques valeurs cardinales et principes d’organisation qui permettent de mieux définir les idéaux de cette université du partage des savoirs. Je citerai six valeurs cardinales qui doivent, à mon avis, nous servir de boussole pour définir les contours de cette nouvelle institution que nous voulons loin de l’académisme féodal antérieur et loin de l’excellence néolibérale mondialisée d’ici et maintenant… Une sorte de révolution scolaire à venir pour reprendre le titre du livre de Christian Laval et Francis Vergne (12).

Premier principe que je résumerai dans une formule propice à la réflexion menée dans le cadre de Cerisy : « aller au-delà des murs (et donc des frontières) »

Imaginer, construire la future université du partage des savoirs, c’est en effet forcément se projeter, viser un au-delà des divisions de toutes sortes existant dans notre société, réelles ou intériorisées, qui régissent notre présent : division entre ceux qui détiennent le capital et ceux qui n’ont que leur force de travail, entre riches et pauvres, entre intellectuels et manuels, entre « sachants » et « non sachants », entre les étudiants qui sortent des universités du top 100 de Shanghaï ou des grandes écoles et les 99% autres, entre ceux qui ont eu la chance, génération après génération, d’accéder à l’école, l’enseignement et ceux qui n’y ont pas eu encore accès et ne savent ni lire ni écrire (environ 800 millions à travers le monde).

La tâche est donc immense, de longue histoire, mais elle repose en fait sur un idéal assez simple à formuler. Chaque être humain est porteur d’idées et d’expériences, de savoir-penser et de savoir-faire, qui composent sa richesse, sa culture propre et constituent en même temps une parcelle de la richesse et de la culture collectives. Savoir, partager les savoirs, c’est donc, dans un même mouvement, cultiver sa richesse intérieure, développer son sens critique, et « faire société ». Et plus cela vient de tous et va vers tous, plus ces différents éléments ont de la chance de s’épanouir, de se renforcer mutuellement, pour le bien de chacun et le bien commun de tous.

Avancer vers la société et l’université du partage des savoirs, ce n’est donc ni dénier les inégalités naturelles ou sociales, ni répéter les expériences mortifères de la rééducation des intellectuels par l’avant-garde du prolétariat soviétique ou de la paysannerie maoïste, ni apporter « la culture au peuple » comme on disait jadis d’une façon assez condescendante dans certains milieux de l’éducation populaire, ni encore bien sûr se leurrer sur la fameuse « économie de la connaissance » chère aux néolibéraux, expression dont on a volontairement omis le terme capitaliste pour mieux en tirer le maximum de profit.

Créer l’université du partage des savoirs, c’est simplement chercher à défaire, abattre tous les murs qui nous séparent et nous opposent : mur de l’intellectuel prisonnier du concept « génial » qu’il vient de créer, mur de l’anti-intellectuel primaire qui votera Front National, mur entre ceux qui sont trop fiers de leur diplôme et ceux qui ont trop honte de ne pas en avoir, mur de l’Université ou de la Recherche bien trop séparés de la société alors qu’elles devraient être le lieu d’une agora de la connaissance de tous, par tous et pour tous. Bref, ce que nous visons c’est le partage des savoirs le plus large possible, divers, pluriel, égalitaire, émancipateur, sans autre finalité que le partage lui-même. Il est, je crois, indissociable du passage à une société post-capitaliste et il en accompagnera l’essor.

Il est frappant de constater combien cet « au-delà des murs et des frontières » monte aussi de la société elle-même. Que ce soit au niveau de certains universitaires liés à l’IDST, en France des jeunes diplômés « déserteurs » de l’Agro-Paritech ou de Polytechnique, ou des chantiers « pluri-versités », ateliers de « reprise du savoir » lancés pour cet été 2022 par le mouvement des Soulèvements de la Terre qui constituent une manière originale de lutter contre « l’éclipse du savoir » que décrit de manière remarquable Lindsay Waters (13), ou de la désobéissance académique proposée par le collectif anglais « Rébellion scientifique ». Ou bien encore dans le cadre du Forum Mondial Social, le Forum Mondial Sciences et Démocratie dont la session virtuelle en 2021 co-organisée par l’IDST, avait abouti à l’idée de lancer une « Pluriversité » à l’image de ce que les camarades tzeltals réalisent dans la jungle Lacandona ou les zapatistes avec UniTierra (14) et le mois dernier, à Mexico, autour de l’Université del buen vivir. D’autres exemples sont illustrés sur le blog de l’IDST.

Deuxième principe : la gratuité

En lieu et place de la loi de l’argent et du profit de quelques multinationales – les GAFAM notamment – qui envahissent l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche, la société du partage des savoirs affirme, repose sur le fait que la gratuité doit devenir la règle. Ce qui se décline, au moins, de deux façons.

D’abord, du plus jeune âge jusqu’à la fin de la vie, l’accès à l’éducation, l’enseignement, la formation doit être ouvert à toutes et tous. D’où, par exemple, la suppression des frais d’inscription à l’université (on voit d’ailleurs que c’est une des grandes thématiques des luttes à travers le monde), l’instauration d’un salaire étudiant, et à chaque étape de la vie quand chacun le souhaite, des formations gratuites et rémunérées. Ensuite, les découvertes, les produits de la recherche ne doivent plus être appropriables, brevetables, mais doivent relever d’un droit d’usage collectif, démocratiquement décidé. Ce qui veut dire, forcément, une forte augmentation des budgets publics de l’Éducation, de l’ESR, de la Formation et, pour les produits de recherche émanant d’entreprises privées, la disparition du profit sur ces produits. Profits, soit dit en passant, que nous payons aujourd’hui très chers en tant que contribuable, consommateur ou assuré social via, par exemple, nos médicaments ou tous les appareils qui nous entourent sur notre lit d’hôpital.

Troisième principe : la liberté

Contre toutes les féodalités privées, publiques ou publico-privées qui gouvernent aujourd’hui l’économie de la connaissance néolibérale, contre toutes les servitudes, volontaires ou obligées, qui ont aujourd’hui cours dans l’Éducation, l’ESR et bien d’autres secteurs, le partage des savoirs affirme, repose sur la plus grande liberté donnée aux enseignants, chercheurs et, plus largement, à tout citoyen ou habitant. Ce qui, là encore, peut, doit se décliner de différentes façons.

Liberté de ne plus être soumis à la tyrannie de l’excellence et de sa novlangue, aux bureaucrates du marché de l’ESR et à leurs appels d’offres, mais de se voir garantir, grâce à des budgets publics pérennes et des emplois stables, la liberté d’expression et de choix dans la transmission des connaissances ou les recherches à envisager, une liberté inconditionnelle « de questionnement et de proposition, voire plus encore, le droit de dire publiquement tout ce qu’exige une recherche, un savoir, une pensée de la vérité » (15). Liberté de sortir de l’ultra spécialisation, de la quantification à outrance, de la fragmentation disciplinaire pour envisager la connaissance comme un tout social et pouvoir aussi enseigner, rechercher ce qui est réputé aujourd’hui « inutile » mais ne le sera peut-être pas plus tard tant les hétérodoxes d’un jour sont souvent les découvreurs de demain. Liberté, enfin, dans l’ensemble de la société, pour chacun d’entre nous d’avoir du temps et des moyens pour changer de métier, devenir un autodidacte ou simplement se cultiver. Bref, dé-professionnaliser l’accès et le contenu des savoirs, comme il faut dé-professionnaliser la politique.

Quatrième principe : penser et décider des limites au Progrès

Depuis la bombe atomique jusqu’au dérèglement climatique, en passant par les accidents ou les déchets du nucléaire civil, la PMA, les TIC, la robotisation, les nanotechnologies ou les délires transhumanistes, nous sommes désormais entrés dans un nouvel âge de l’histoire de l’humanité où le Dieu Progrès, la Déesse Modernité sont mis en doute. Pas suffisamment encore, mais la conscience en est en tout cas montante et de plus en plus partagée. Certains, il est vrai, croient encore que la science, la technique sont neutres, porteuses du pire ou du meilleur, relevant du regard et de la décision d’experts ou de contre-experts, majoritairement au service de l’État et des multinationales, ou parfois missionnés pour éclairer quelques citoyens dont le tirage au sort n’empêche pas l’instrumentalisation.

La société, l’université du partage des savoirs se situent bien au-delà de ces croyances, de ces leurres positivistes et des confiscations de la démocratie qui les accompagnent. Elle affirme, sans refuser le progrès ou s’enfermer dans le fallacieux dilemme « le progrès ou le retour à la lampe à huile », qu’il est urgent de sortir du capitalisme productiviste illimité et d’instaurer un réel contrôle démocratique de la science, des techniques, quel que soit le domaine de la vie de l’homme, de l’animal ou de la nature où elles s’appliquent. Ce qui suppose, non seulement une révision de fond en comble de nos institutions démocratiques prétendument représentatives, mais aussi une transformation complète de la prise de décision dans les multinationales. Et, très probablement, l’entrée dans une nouvelle ère, celle de leur démantèlement. En d’autres termes, le partage des savoirs est indissociable du passage à une société post-capitaliste et post-productiviste. Et l’on peut même affirmer qu’il en constitue une condition.

Cinquième principe : l’autogestion

L’université, nous le savons, s’est transformée en entreprise managériale, voire en firme multinationale pour celles qui se situent au top 100 des classements internationaux, renforçant ainsi les modes de gestion capitalistiques dans le monde entier. Les pouvoirs de décision sont de plus en plus centralisés et réglementés par le marché, par exemple pour les universités françaises, autour de « contrats d’objectifs » avec l’État définis par un cercle restreint de décideurs. Les nouveaux managers et entrepreneurs universitaires du monde entier, persuadés d’avoir à faire face à la concurrence mondiale, passent leur temps à définir et mettre en place des plans stratégiques incluant des politiques de « marque ».

Face à ce capitalisme universitaire, l’université du partage des savoirs revendique la réappropriation collective de l’outil de travail où toutes celles et ceux (personnel, étudiants, citoyennes et citoyens) qui contribuent à la vie universitaire doivent avoir une part égale dans toutes les décisions qui les concernent (emploi, salaires, gestion financière quotidienne ou investissement, organisation des enseignements et de la recherche, choix des cours…). L’autogestion comme modèle de réappropriation n’est pas seulement un principe d’organisation. C’est aussi une forme de savoir à enseigner qui doit sortir l’individu individualiste de son infantilisation par la marchandisation et de son désintérêt pour les choses de la cité. En cela, l’autogestion constitue un apprentissage en parfaite consonance avec le besoin de dépasser les clivages entre les imaginaires de ceux qui veulent transformer les institutions publiques tout en restant dans une logique étatique et les imaginaires de ceux qui, comme les zadistes, se battent et agissent dans l’ici et maintenant. Le projet d’université alternative « La volante (16) » au moment de la mise en place de Parcoursup illustre tout à fait ce débat entre des universitaires « classiques » et des architectes, boulangers, retraités et autres professions qui pensaient construire un autre modèle, autour de campus éphémères, de la prise de places publiques, de la suppression des diplômes, bref, un projet véritablement alternatif. Un projet toutefois qui n’a pas abouti…

Apprendre à sortir de la dépossession des processus de décision, tant pour le personnel que les étudiants, c’est être radical, c’est-à-dire aller à la racine des problèmes et à la hauteur des solutions. Faut-il instituer des conseils de bon gouvernement dans chaque université, aller vers une fédération des universités alternatives, construire des alliances internationales de coopération, des fédérations planétaires ? Autant de questions à résoudre, « caminando preguntando (17) » comme disent les zapatistes.

Sixième et dernier principe : le cosmopolitisme

Cette université du partage des savoirs de tous, par tous et pour tous que je viens de dessiner sera forcément cosmopolitique, ouverte à des savoirs qui viennent de partout, ouverte à la coopération entre les individus, quelle que soit leur origine sociale, géographique, politique (des paysans du Chiapas, du Rojava, des coopératives du pays basque, de l‘université du buen vivir en Amérique du sud, de l’université des va-nus-pieds en Inde, des citoyennes, citoyens, militantes et militants du monde entier, etc.). Elle sera forcément un bouillon de culture international et cosmopolite, avec des manières de voir multiples, avec des alternatives diversifiées. Mais il faudra aussi prendre garde à ce que, dans notre université cosmopolitique, les choses ne se passent pas comme dans l’université néolibérale où « la dimension internationale », la « mobilité » géographique des publics et des savoirs ont été instrumentalisées et récupérées par la mondialisation marchande. Ce que nous visons, c’est un « cosmopolitisme des multiplicités » (pour reprendre le terme de Jérôme Baschet), un cosmopolitisme à la fois enraciné et radical qui doit être un principe nouveau et pluriel d’organisation de l’enseignement et de la recherche. L’université cosmopolitique du partage des savoirs, c’est la capacité à construire le commun dans l’hétérogénéité et à accepter que les formes d’alternatives soient forcément diversifiées. Si les exemples que nous choisissons à l’IDST ont tous en commun la lutte pour la sortie du capitalisme productiviste, chacun s’inscrit à sa façon dans une réalité politique, sociale, historique, nationale.

Voilà j’aurai encore bien des choses à évoquer mais cela devrait suffire, je l’espère, à lancer la discussion.

Notes

  1. Vers une politique des mondes
  2. Cohen, M. D., March J.G, Olsen J.P., “A garbage can model of organizational choice”, Administrative Science Quaterly, Vol. 17, N°1.March 1972.
  3. Propos de Frédérique Vidal lors d’un séminaire CNRS-CPU, 6 février 2020.
  4. Pol, Patricia, Le débat universitaire en France, de la montée des tensions à la reconfiguration du paysage universitaire, Revue Internationale d’Éducation de Sèvres, n°45, septembre 2007.
  5. La déclaration de la Sorbonne, à l’initiative du Ministre Claude Allègre et signée par les ministres allemand, italien, britannique et français, consacre la création d’un espace européen de l’enseignement supérieur.
  6. Bitoun Pierre et Dupont Yves, Le sacrifice des paysans, une catastrophe écologique et anthropologique, L’Échappée, 2016.
  7. l’Internationale des Savoirs pour Tous
  8. Toutefois, cette appellation était malheureusement déjà utilisée par un groupement d’universités espagnoles à l’image de nos COMUE (Communautés d’universités) en France.
  9. Readings. Bill, Dans les ruines de l’université, Lux éditions, 2013.
  10. Granger, Christophe, La destruction de l’université, La fabrique éditions, 2015.
  11. Dupont, Yves, L’université en miettes, Editions l’Échappée, 2014.
  12. Laval, Christian et Vergne Francis, Éducation démocratique, la révolution scolaire à venir, La Découverte, Coll. Horizon des possibles, 2021.
  13. Waters, Lindsay, L’éclipse du savoir, Allia, 2008.
  14. À l’opposé de ce que Clark Kerr avait théorisé dans les années 70 autour de la multiversité conçue comme une juxtaposition d’écoles de formation professionnelle. Kerr Clark, The Uses of the University, Harvard University Press, 1972.
  15. Nous faisons ici référence à Jacques Derrida, L’Université sans conditions, Galilée, 2001, p.11.
  16. La volante
  17. « Nous interrogeant en marchant, chemin faisant »

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Manifeste des Désert’heureuses

 

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Manifeste des Désert’heureuses

« Nous, Désert’heureuses, refusons de continuer à robotiser, mécaniser, optimiser, informatiser, accélérer, déshumaniser le monde... ». Nous publions ci-dessous le manifeste de ce tout nouveau collectif de jeunes diplômé.es des plus grandes écoles d'ingénieur.es françaises. Il s’agit non seulement de réfléchir à de nouveaux modes de production pour sortir du capitalisme technocratique et productiviste mais aussi d’agir et de faire exploser les remparts que le système de domination des grandes écoles reproduit depuis plus de deux siècles. Une approche militante radicale dont l’IDST ne peut que se réjouir et qui, espérons-le, sera largement suivie.

La Rédaction du blog

Manifiesto “La universidad pública con las necesidades sociales: docencia y ciencia con conciencia ciudadana”

 

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Manifiesto “La universidad pública con las necesidades sociales: docencia y ciencia con conciencia ciudadana”

La investigación científica nos permite comprender la relación entre las personas y su medio natural, las dinámicas estructurales de igualdad o desigualdad de las sociedades en las que viven y los procesos históricos que les han originado. Nos proporciona saberes teóricos e instrumentos tecnológicos para intervenir sobre los problemas que asolan nuestro medio ambiente y nuestra realidad social. En las universidades públicas la investigación científica complementa a la actividad docente y ambas deben contribuir a la libertad y el bienestar colectivo de las sociedades que las sostienen. Desde dicho compromiso y ante la gravedad de la crisis civilizatoria que la pandemia del coronavirus está acelerando los promotores de este manifiesto miembros de la Universidad de Valencia, nos sentimos en la obligación de trasladar a la sociedad las siguientes consideraciones: 

  1. La evidencia científica es una condición necesaria pero no suficiente para transformar, en un sentido progresista, la realidad social. La excelencia de la investigación científica en las universidades públicas es inseparable de su conciencia ciudadana y de la capacidad de promover la participación ciuadana en la decisión sobre los fines y los usos sociales de la ciencia. En este sentido es necesario recorder, como ha señalado entre otros Richard Horton, editor de la prestigiosa revista científica The Lancet, que en los últimos años, las principales conclusiones de las investigaciones en el ámbito de la salud pública y la epidemiología advirtieron reiteradamente del riesgo de la pandemia actual; constataron que nuestras sociedades no estaban preparadas para afrontar dicho riego y, en consecuencia, instaron a los gobiernos a tomar medidas urgentes para paliar sus futuras consecuencias. Sin embargo, tal y como está ocurriendo desde hace décadas con las recomendaciones de las investigaciones sobre la crisis ecológica y el cambio climático, tales advertencias no sólo se ignoraron sino que incluso en determinados países como el nuestro dieron lugar a políticas sociales que, mediante los recortes del gasto público y las privatizaciones, han deteriorado todavía más los servicios y las infraestructuras públicas. La ciencia sin conciencia ciudadana es sólo otro tipo de negocio mercantil. 
  2. En la última década, dichos recortes también han deteriorado gravemente las universidades públicas españolas. Han precarizado las condiciones laborales de sus trabajadoras y trabajadores más vulnerables; han descuidado su formación y han asumido, con muy pocas críticas, el modelo neoliberal de la rentabilidad mercantil en la investigación en la gestión administrativa. El COVID-19 ha llegado a una universidad publica cada vez menos pública, cada vez más sometida a criterios de mera rentabilidad, y cada vez menos democrática. Nuestro confinamiento de hoy acentúa y hace más visibles las carencias de este modelo de universidad mercantil que ya había confinado en sus despachos a amplios sectores del PDI, que los había enclaustrado, desorientado y alejado de cualquier sentido de comunidad universitaria y de compromiso colectivo. Frente al ‘sentido común neoliberal’ que nos ha invadido es necesario repetir lo obvio: las universidades públicas no son empresas económicas. Es necesario abandonar este modelo. Es necesario regresar a una universidad pública comprometida con la transformación progresista de la sociedad que la financia. 
  3. Desde las consideraciones anteriores y ante la gravedad de la crisis civilizatoria que está precipitando la pandemia del Coronavirus es imprescindible poner nuestros recursos docentes e investigadores al servicio de las demandas de la ciudadanía. Nuestra investigación científica conocimientos y nuestros saberes aplicados han de estar a disposición de las necesidades concretas que está situación extraordinaria está provocando en la sociedad valenciana. Para ello, es imprescindible que las universidades públicas habiliten recursos telemáticos y procedimientos de información y comunicación propios con la sociedad valenciana que les permitan, en primer lugar, escuchar y recoger dichas demandas, sanitarias, sociales, psicológicas y humanas y, en función de sus propios recursos, darles respuesta. 

Por último, entre la atmósfera de incertidumbres, temores y esperanzas que nos envuelve estos días se abre paso una certeza: cuando termine nuestro confinamiento no vamos a regresar al mismo mundo. De nosotras y nosotros depende, desde hoy mismo, que la conmoción que atravesamos abra el camino hacia una universidad pública que mejore en capacidad docente e investigadora y, también, en conciencia ciudadana y en compromiso con la transformación social. 

Valencia, Abril 2020

Promueven este manifiesto: firman este manifiesto enviando un mail a
jose.m.rodriguez@uv.es

En 1951, l’Assemblée faillit adopter le salaire étudiant

 

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La création d’un salaire étudiant a déjà été évoquée à plusieurs reprises sur notre blog et fait désormais régulièrement partie des revendications portées par nombre de mouvements étudiants, en France et dans le monde. Ce que l’on sait moins, et que révèle l’article ci-dessous d’Aurélien Casta, publié en janvier 2020 dans Le Monde diplomatique, c’est que ce projet d’un salaire pour les « jeunes travailleurs intellectuels » date de la Résistance et qu’il faillit même être adopté par l’Assemblée nationale à l’orée des années 50. Des ministres socialistes – éternité de la gauche molle ! –, s’y opposèrent alors. On lira aussi l’ouvrage du même auteur : Un salaire étudiant. Financement et démocratisation des études, La Dispute, Paris, 2017.

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