La science pour le plus grand nombre, pas pour l'argent


(Biblioteca dell’Università di Bologna)

Partout dans le monde, l'Enseignement Supérieur et la Recherche sont actuellement soumis à la doctrine de choc du néolibéralisme, où la connaissance est perçue comme un simple moyen d'améliorer la compétitivité de l'économie, comme une source possible de bénéfices et comme un outil de contrôle pour les gouvernements. Ce programme néolibéral pour la science est mis en œuvre par un nouveau mode de gestion publique dans lequel les étudiants, les enseignants et les chercheurs doivent devenir des entrepreneurs de leur capital cognitif et de leur réputation. Loin des idéaux coopératifs de la science et de l’enseignement, les universités et les institutions de recherche sont gérées comme des entreprises, en concurrence les unes avec les autres pour attirer les "meilleurs" étudiants et chercheurs. Les groupes de recherche et les collectifs de travail sont presque systématiquement écrasés ou subvertis. Les gestionnaires scientifiques sont censés chercher des fonds et des subventions pour employer une masse toujours plus grande de personnel précaire, dont les bas salaires contrastent avec les revenus de plus en plus élevés d'une nouvelle élite de gestion incarnée par les présidents et les vice-présidents d'université. La souffrance au travail affecte la plupart de ces nouveaux prolétaires intellectuels. D'un autre côté, la folie de l'évaluation, la pression pour "publier ou périr" et la privatisation de l'édition scientifique conduisent à un nombre croissant de publications, ce qui menace à la fois la qualité de la recherche et la transmission ouverte du savoir. Cette guerre matérielle dans laquelle l'austérité va de pair avec la privatisation s'accompagne d'une guerre idéologique orwellienne où les mots, écrits dans un langage pauvre et mensonger, perdent leur sens. Le désir de reconnaissance de chacun conduisant à la servitude de tous, les valeurs de compétition et d'utilitarisme gagnent du terrain dans nos communautés scientifiques, où les individus sont de plus en plus isolés et craignent d'être exclus du jeu.

Heureusement, des résistances sont apparues, tant dans les pays où l'application de ces politiques était la plus développée (Grande-Bretagne ou Chili) que dans les pays où elles sont encore moins avancées (France, Allemagne ou Canada, notamment la région du Québec). Partout, les mobilisations proposent des alternatives à ces politiques néolibérales, très proches les unes des autres tant en termes de valeurs que de mesures concrètes. Plus important encore, nous sommes tous d'avis que le savoir fait partie du patrimoine commun de l'humanité et que sa valeur dépend de son partage avec le plus grand nombre. Les autres composantes de l'alternative à la science néolibérale découlent de ce principe.

Premièrement, l'université doit être libre. Mais la lutte pour l'abolition effective des frais d'inscription exige aussi que l'on reconnaisse aux étudiants le droit à une allocation financière substantielle qui garantirait leur autonomie en leur donnant les moyens de faire face à la nourriture, au logement et d'avoir du temps pour étudier.

Deuxièmement, les universitaires et les chercheurs doivent non seulement avoir des salaires et des retraites décents, mais aussi se voir accorder des postes à part entière avec de solides garanties d'indépendance. C'est une condition nécessaire si nous voulons éviter les conflits d'intérêts entre l'éducation, la science et les pouvoirs de l'argent et de la politique.

Ils doivent également bénéficier de crédits à long terme, sans passer une grande partie de leur temps à demander un nombre croissant de subventions et de projets par le biais de procédures bureaucratiques épouvantables ou à justifier constamment l'utilisation scientifique des fonds qui leur sont alloués. Ce n'est qu'à ce prix qu'ils pourront revendiquer leur droit au temps, sans lequel aucun progrès intellectuel réel, aucune science libre et aucune éducation libre, solide et cohérente n'est possible.

Enfin, la démocratie doit être au cœur des universités et des institutions de recherche. Le débat critique avec les citoyens et la collégialité des décisions doivent remplacer la gestion de haut en bas venant de bureaucrates zélés et incompétents qui ne s'intéressent qu'à stimuler la concurrence et la soi-disant "excellence".

L'urgence sociale et écologique à laquelle le monde entier est actuellement confronté représente un intérêt général commun qui devrait nous pousser à nous unir si nous voulons relever tous ces défis. Un développement massif des connaissances scientifiques est aujourd'hui nécessaire pour assurer la transition écologique de nos sociétés et échapper à la catastrophe imminente. Des investissements publics représentant 3% du PIB des nations doivent être consacrés aux services publics de la recherche et de l'enseignement supérieur. Nous devons également riposter de manière organisée : il est temps de construire une alternative mondiale dans laquelle les universitaires et les scientifiques, les étudiants et les citoyens défendent les trois piliers de l'enseignement supérieur et de la recherche : l'indépendance de la production scientifique et intellectuelle, la libre critique et la gratuité de la transmission des connaissances.

Nous, signataires de cet appel, membres de la communauté académique et de la recherche ou du mouvement social dans son ensemble, nous venons du monde entier. Nous nous engageons ensemble à promouvoir les valeurs de la critique, de la collégialité et de la coopération dans le domaine scientifique et universitaire. Nous défendons des universités et des institutions de recherche bien dotées et libres d'intérêts privés. Nous luttons contre les conditions de travail précaires et nous promouvons un système alternatif de publication scientifique dans lequel la connaissance est libre et ouverte. Nous appelons à la constitution d'un réseau de solidarité internationale et au développement du savoir pour tous.

All over the world, Higher Education and Research are currently subject to the shock doctrine of neoliberalism, where knowledge is perceived as a mere way to improve competitivity of economy, as a possible source of benefits and as a tool of control for governments. This neoliberal agenda for science is implemented through a new mode of public management in which students, teachers and researchers have to become entrepreneurs of their cognitive capital and reputation. Far from the co-operative ideals of science and academia, universities and research institutions are managed like corporations, competing with one another to attract the "best" students and researchers. Research groups and collective bodies of work are almost systematically crushed or subverted. Science managers are supposed to look for funds and grants to employ an ever-larger mass of precarious staff, whose poor wages contrast with increasingly high earnings of a new managerial elite embodied in university presidents or vice-chancellors. Suffering at work affects most of a new intellectual proletariat. On another side, the madness of evaluation, the pressure to "publish or perish" and the privatization of scientific publishing lead to a soaring number of publications, which threatens both the quality of research and the open transmission of knowledge. This material war in which austerity goes along with privatization stands with an Orwellian ideological war where words, written in a poor and lying newspeak, lose their meaning. The desire for recognition of each leads to the servitude of all, the values of competition and utilitarianism are gaining ground in our scientific communities, where individuals are more and more isolated and dread being excluded from the game.

Fortunately, resistance has emerged, both in countries where the application of these policies was the most developed (Great Britain or Chile for instance) and in countries where they are still less advanced (France, Germany or Canada, especially the Quebec region). Everywhere, mobilizations propose alternatives to these neoliberal policies, which are very close to one another both in terms of values and concrete measures. Most crucially, we all share the view that knowledge is part of the commons of humankind, and that its value depends on its being shared with the greatest number. The other components of the alternative to neoliberal science stem from this principle.

First, the university must be free. But the fight for the effective abolition of tuition fees also demands that students be acknowledged the right to a substantial financial allowance which would guarantee their autonomy by giving them the means to deal with board and accommodation and to spare time to study.

Second, academics and researchers must not only have decent salaries and pensions, they must also be granted full positions with strong independence guarantees. This is a necessary condition if we want to avoid conflicts of interests between science, and the powers of money and politics.

They must also benefit from long-term credits, without spending much of their time applying for an increasing number of grants and projects through awful bureaucratic procedures or having to constantly justify the scientific use of funds allocated to them. It is only at this price that they will be able to claim for their right to time, without which no real intellectual progress, no free science and no free, solid and coherent education are possible.

Finally, democracy must be at the heart of universities and research institutions. The critical debate with the citizens and the collegiality of decisions must replace the top-down management coming from incompetent zealous bureaucrats only interested in stimulating competition and the so-called "excellence".

The social and ecological emergency that the whole world currently faces represents a common general interest that should push us to unite if we want to meet all these challenges. A massive development of scientific knowledge is now necessary to ensure the ecological transition of our societies and escape the looming disaster. Public investment amounting to 3% of the GDP of nations must be devoted to the public services of research and higher education. We also have to fight back in an organized manner: it is time to construct a global alternative in which scientists, students and citizens defend the three pillars of free higher education and research: independence of scientific and intellectual production, free criticism, and unrestricted transmission of knowledge.

The signatories of this call, whether members of the academic and research community or of the social movement as a whole, come from all over the world.

We commit ourselves together to promote the values of criticism, collegiality and co-operation in science and academia. We defend well-endowed universities and public research institutions that are free from private interests. We fight against precarious working conditions and we promote an alternative system of scientific publishing in which knowledge is free and open.

Überall in der Welt werden Hochschulen und Wissenschaft der neoliberalen Schockdoktrine unterworfen. Erkenntnis gilt nur noch als Mittel, die Wettbewerbsfähigkeit einer Volkswirtschaft zu fördern, Profite zu erhöhen, und die Gesellschaftskontrolle durch Regierungen zu erleichtern. Die Verwirklichung der neoliberalen Wissenschaftsagenda geht auch mit der Verallgemeinerung des Weltbildes des New Public Management einher: Studierende und WissenschaftlerInnen in Hochschulen und Forschunsgeinrichtungen werden zu Ich-Unternehmern des eigenen kognitiven Kapitals und des eigenen Lebenslaufes. In scharfem Kontrast zum kooperativen Ideal der freien Wissenschaft werden Hochschulen und Forschungszentren wie Großunternehmen gelenkt, und stehen jetzt in einem Wettbewerb um die “besten” Studierenden und WissenschaftlerInnen. Forschungsgruppen und Gemeinschaften werden beinahe systematisch untergraben oder zersplittert. Von der neuen Gruppe der Wissenschaftsmanagers wird nunmehr erwartet, dass sie eine immer größere Anzahl an befristetem Personal einstellen und selber nur noch nach Stipendien und Grants suchen. Die miserablen Löhne des wissenschaftlichen Prekariats kontrastieren immer mehr mit den hohen Einkommen der neuen führenden Kaste, die allzu oft von den Rektoren verkörpert wird. Arbeitsbedingtes Leiden schließlich ist das neue Los des neuen wissenschaftlichen Proletariats.

Entwickelt haben sich außerdem auch der Evaluationswahn, der Druck zum Publish or Perish und die latente Vereinnahmung der wisschenftlichen Edition durch kapitalitische Interessen. Die Folge ist eine immer höhere Anzahl an Publikationen. Dieser rasante Zuwachs stellt eine Bedrohung für die Qualität der Wissenschaft und die öffentliche Verbreitung des gemeinsamen Wissens dar. Dieser materielle Krieg, in dem Austerität und Privatisierung zusammenhängen, geht auch mit einem ideologischen Krieg einher: Wörter verlieren ihre Bedeutung, und wissenschaftspolitische Richtlinien folgen nur noch einem armen, trügerischen Neusprech Orwell’scher Prägung. Die Sehnsucht eines Jeden nach Anerkennung führt zur Unterwerfung aller, Wettbewerb und Utilitarismus prägen immer mehr das Weltbild der Wissenschaft. WissenschaftlerInnen als Personen drohen immer mehr, in die Isolierung oder gar in die Verbannung zu geraten.

Zum Glück sind neue Widerstandsformen entstanden, sowohl in den Ländern, wo diese Wissenschaftpolitik am Weitesten verwirklicht wurde (Großbritannien, Chile...), als auch dort, wo sie noch nicht ganz vollzogen ist (Frankreich, Deutschland oder Canada, vor allem Quebec). Die Protestbewegungen entwerfen Alternativlösungen zu dieser Agenda. Diese Vorschläge ähneln sich, sowohl auf der Ebene der Prinzipien als auch auf der der konkreten Maßnahmen. Wir teilen namentlich die Überzeugung, dass Erkenntnis ein Gemeingut der Menschheit ist. Je mehr eine Erkenntnis geteilt ist, umso mehr Wert hat sie. Die anderen Aspekte dieser Alternativlösungen hängen alle mit dieser Grundüberzeugung zusammen. Erstens muss Hochschulbildung kostenfrei sein. Der Kampf um die Abschaffung von Studiengebühren verlangt auch nach der Einführung eines Studieneinkommens, das die Selbständigkeit der Studierenden gewähren würde, indem es für Kost und Logis sorgen würde und ihnen mehr Zeit fürs Studium lassen würde.

Zweitens muss das Lehr- und Forschungspersonal nicht nur einen ordentlichen Lohn und eine gute Rente verdienen, es muss auch auf festen Stellen mit starken Unabhängigkeitsgarantien beschäftigt sein. Das ist eine Voraussetzung für eine Entwicklung der Wissenschaft weit von allen Interessenkonflikten mit Politik und Wirtschaft.

Garantierte stabile Forschungskredite sind ebenfalls erforderlich. Es ist nicht anzunehmen, dass WissenschaftlerInnen ihre Zeit manchmal größtenteils mit Anträgen für immer mehr Grants oder Stipendien verbringen, was öfter einem Marathonlauf durch endlose bürokratische Verfahren ähnelt, oder dass sie sich immer wieder für den wissenschaftlichen Gebrauch der kleinsten Summe rechtfertigen müssen, die ihrem eigenen Labor zuerkannt worden ist. Nur unter dieser Bedingung werden WissenschaftlerInnen ihr Recht auf Selbstbestimmung der eigenen Zeitlichkeit beanspruchen können, ohne welche keine freie Wissenschaft, kein geistiger Fortschritt und keine freie, solide Bildung möglich sind.

Das Prinzip der kollektiven und demokratischen Selbstbestimmung muss wieder ins Zentrum der Lehr- und Forschungseinrichtungen rücken. “Top-Down Management”, also die Vollmacht bürokratischer Inkompetenten, die keine anderen Wörter als “Wettbewerb” und “Exzellenz” kennen, muss der kritischen Auseinandersetzung mit den BürgerInnen und der kollegialen Beschlussbildung weichen.

Der soziale und ökologische Notstand, vor dem die ganze Welt steht, bildet die Grundlage eines konkreten Begriffes des universalen Gemeinwohls. Dies sollte uns zur internationalen Einheit zwingen, wenn wir diese Herausforderungen meistern wollen. Ein großer Sprung wissenschaftlicher Erkenntnisse ist nun erforderlich, wenn wir die ökologische Wende vollziehen wollen, und unsere Gesellschaften vor dem lauernden Untergang zu retten. Der öffentliche Dienst von Wissenschaft, Forschung und Akademia muss auf 3% des BIP gefördert werden. WissenschaftlerInnen, StudentInnen und BürgerInnen müssen auch gemeinsam für die drei Säulen der freien Lehre und Forschung kämpfen: Unabhängigkeit der geistigen und wissenschaftlichen Produktion, freie Kritik des jeweils aktuellen Erkenntnisstandes, und uneingeschränkten Zugang zur Erkenntnis.

Wir, die UnterzeichnerInnen dieses Aufrufes, sind Mitglieder der akademischen bzw. wissenschaftlichen Gemeinschaft, oder AktivistInnen der sozialen Bewegung. Wir kommen aus der ganzen Welt. Wir versprechen, die Prinzipien der freien Kritikäußerung, der kollegialen Beschlussbildung und der Kooperation in Hochschulen und Wissenschaft zu verteidigen. Wir fordern, dass öffentliche Hochschulen und Forschungseinrichtungen über die notwendigen Mitteln verfügen und vor Privatinteressen geschützt sind. Wir bekämpfen prekäre Arbeitsbedingungen. Wir unterstützen ein neues wissenschaftliches Publikationssystem, in welchem Erkenntnisse frei und zugänglich sind.

In tutto il mondo, l'Insegnamento Superiore e la Ricerca sono attualmente soggette alla dottrina dello choc del neoliberismo, in cui la conoscenza è vista come un semplice mezzo per migliorare la competitività dell'economia, come potenziale fonte di profitto e come strumento di controllo da parte dei governi. L’agenda neoliberale applicata alla scienza viene attuata attraverso una nuova modalità di gestione pubblica in cui studenti, insegnanti e ricercatori devono diventare imprenditori del loro capitale cognitivo e della loro reputazione. Lontano dagli ideali cooperativi della scienza e dell'insegnamento, le università e gli istituti di ricerca sono gestiti come imprese in concorrenza tra loro per attirare i "migliori" studenti e ricercatori. I gruppi di ricerca e il lavoro collettivo sono quasi sistematicamente eliminati o sovvertiti. Il personale dirigente e amministrativo delle istituzioni scientifiche è tenuto a cercare fondi e sovvenzioni per assumere una massa sempre maggiore di personale precario, i cui bassi salari contrastano con i redditi sempre più elevati di una nuova élite dirigenziale rappresentata da rettori e vicerettori universitari. La sofferenza sul lavoro colpisce la maggior parte di questi nuovi proletari intellettuali. Nello stesso tempo, la follia della valutazione, la pressione del "publish or perish" e la privatizzazione dell'editoria scientifica determinano un numero sempre più crescente di pubblicazioni, il che minaccia sia la qualità della ricerca che la trasmissione aperta del sapere. Questa guerra materiale in cui l'austerità va di pari passo con la privatizzazione è accompagnata da una guerra ideologica orwelliana in cui le parole, scritte in un linguaggio povero e fuorviante, perdono di significato. Il desiderio di riconoscimento di ciascuno conduce alla servitù di tutti, mentre i valori della competizione e dell'utilitarismo stanno guadagnando terreno nelle nostre comunità scientifiche, dove gli individui sono sempre più isolati e temono di essere esclusi dal gioco.

Fortunatamente sono emerse delle resistenze, sia nei paesi dove l'applicazione di queste politiche è stata più sviluppata (Gran Bretagna o Cile), sia nei paesi dove è ancora meno avanzata (Francia, Germania o Canada, in particolare in Quebec). Ovunque le mobilitazioni propongono delle alternative a tali politiche neoliberali, molto vicine tra loro sia in termini di valori che di misure concrete. Ancora più importante, tutti noi crediamo che la conoscenza sia parte del patrimonio comune dell'umanità e che il suo valore dipenda dalla sua condivisione con il maggior numero possibile di persone. Le altre componenti dell'alternativa alla scienza neoliberale derivano da questo principio.

In primo luogo, l'università deve essere libera. Ma la lotta per l'effettiva abolizione delle tasse universitarie richiede anche che agli studenti sia riconosciuto il diritto a un adeguato sostegno economico che garantisca loro autonomia, vitto, alloggio e tempo per studiare.

In secondo luogo, gli accademici e i ricercatori non solo devono avere stipendi e pensioni dignitosi, ma anche ottenere incarichi stabili e a tempo pieno con forti garanzie di indipendenza. Si tratta di una condizione assolutamente necessaria se vogliamo evitare conflitti di interesse tra l'istruzione, la scienza e i poteri del denaro e della politica.

Gli accademici e i ricercatori, inoltre, dovranno ricevere finanziamenti a lungo termine, senza spendere gran parte del loro tempo nella ricerca di sovvenzioni e progetti attraverso spaventose procedure burocratiche, o nella giustificazione costante dell'uso scientifico dei fondi loro assegnati. Solo a queste condizioni potranno rivendicare il loro diritto al tempo, senza il quale non è possibile alcun reale progresso intellettuale, nessuna scienza libera e nessuna formazione libera, solida e coerente.

Infine, la democrazia deve essere al centro delle università e degli istituti di ricerca. Il dibattito critico con i cittadini e la collegialità del processo decisionale devono sostituire la gestione dall'alto verso il basso da parte di burocrati zelanti e incompetenti, interessati solo a stimolare la concorrenza e la cosiddetta "eccellenza".

L'emergenza sociale ed ecologica che il mondo intero sta affrontando rappresenta un interesse generale comune che dovrebbe spingerci a unirci se vogliamo essere all’altezza di tutte queste sfide. Un massiccio sviluppo delle conoscenze scientifiche è oggi necessario per assicurare la transizione ecologica delle nostre società e per sfuggire all'imminente disastro. Gli investimenti pubblici che rappresentano il 3% del PIL delle nazioni devono essere destinati alla ricerca pubblica e ai servizi di istruzione superiore. Dobbiamo rispondere all’offensiva neoliberale in modo organizzato: è tempo di costruire un'alternativa globale in cui accademici e scienziati, studenti e cittadini difendano i tre pilastri del libero insegnamento superiore e della libera ricerca: l'indipendenza della produzione scientifica e intellettuale, la libera critica e la libera trasmissione della conoscenza.

Noi, firmatari di questo appello, membri della comunità accademica e della ricerca o del movimento sociale nel suo complesso, veniamo da tutto il mondo. Ci impegniamo insieme a promuovere i valori della critica, della collegialità e della cooperazione in campo scientifico e accademico. Difendiamo università e istituti di ricerca ben attrezzati e liberi da interessi privati. Lottiamo contro le condizioni di lavoro precarie e promuoviamo un sistema alternativo di pubblicazione scientifica in cui la conoscenza sia libera e aperta. Facciamo appello alla creazione di una rete di solidarietà internazionale e allo sviluppo della conoscenza per tutti.

Em todo o mundo, o Ensino Superior e a Pesquisa estão atualmente sujeitos à doutrina de choque do neoliberalismo, onde o conhecimento é percebido como uma mera forma de melhorar a competitividade da economia, como possível fonte de benefícios e como ferramenta de controle dos governos. Essa agenda neoliberal para a ciência é implementada por meio de um novo modo de gestão pública, no qual estudantes, professores e pesquisadores precisam se tornar empreendedores de seu capital e reputação cognitivos. Longe dos ideais cooperativos da ciência e da academia, universidades e instituições de pesquisa são administradas como corporações, competindo entre si para atrair os "melhores" estudantes e pesquisadores. Grupos de pesquisa e órgãos coletivos de trabalho são quase sistematicamente esmagados ou subvertidos. Os gerentes de ciência devem procurar fundos e doações para empregar uma massa cada vez maior de funcionários precários, cujos baixos salários contrastam com ganhos cada vez maiores de uma nova elite gerencial incorporada a presidentes de universidades ou vice-reitores. O sofrimento no trabalho afeta a maioria de um novo proletariado intelectual. Por outro lado, a loucura da avaliação, a pressão para "publicar ou perecer" e a privatização da publicação científica levam a um crescente número de publicações, o que ameaça tanto a qualidade da pesquisa quanto a transmissão aberta do conhecimento. Essa guerra material, na qual a austeridade acompanha a privatização, permanece com uma guerra ideológica orwelliana, na qual as palavras, escritas em uma fala pobre e mentirosa, perdem o sentido. O desejo de reconhecimento de cada um que leva à servidão de todos, os valores da competição e do utilitarismo estão ganhando terreno em nossas comunidades científicas, onde os indivíduos estão cada vez mais isolados e temem ser excluídos do jogo.

Felizmente, a resistência emergiu, tanto em países onde a aplicação dessas políticas era a mais desenvolvida (Grã-Bretanha ou Chile) quanto em países onde eles ainda estão menos avançados (França, Alemanha ou Canadá, especialmente a região de Quebec). Em todo lugar, as mobilizações propõem alternativas a essas políticas neoliberais, muito próximas umas das outras, tanto em termos de valores quanto de medidas concretas. Mais crucialmente, todos nós compartilhamos a visão de que o conhecimento é parte dos bens comuns da humanidade, e que seu valor depende de ser compartilhado com o maior número. Os outros componentes da alternativa à ciência neoliberal derivam desse princípio.

Primeiro, a universidade deve ser livre. Mas a luta pela abolição efetiva das mensalidades exige também que se reconheça aos estudantes o direito a um subsídio financeiro substancial que garanta sua autonomia, dando-lhes os meios para lidar com o conselho e a acomodação e poupar tempo para estudar.

Em segundo lugar, acadêmicos e pesquisadores devem não apenas ter salários e aposentadorias decentes, mas também devem receber cargos cheios com fortes garantias de independência. Essa é uma condição necessária se quisermos evitar conflitos de interesses entre educação, ciência e os poderes do dinheiro e da política. Eles também devem se beneficiar de créditos de longo prazo, sem gastar muito tempo solicitando um número crescente de doações e projetos por meio de procedimentos burocráticos terríveis ou justificando constantemente o uso científico dos fundos alocados a eles. É somente a esse preço que eles poderão reivindicar seu direito ao tempo, sem o qual nenhum progresso intelectual real, nenhuma ciência livre e nenhuma educação livre, sólida e coerente são possíveis.

Finalmente, a democracia deve estar no centro das universidades e instituições de pesquisa. O debate crítico com os cidadãos e a colegialidade das decisões devem substituir a gestão top-down, vinda de burocratas incompetentes e incompetentes, interessados ​​apenas em estimular a concorrência e a chamada "excelência".

A emergência social e ecológica que o mundo enfrenta atualmente representa um interesse geral comum que deve nos impulsionar a unir se quisermos enfrentar todos esses desafios. Um enorme desenvolvimento do conhecimento científico é agora necessário para garantir a transição ecológica de nossas sociedades e escapar do desastre iminente. O investimento público no valor de 3% do PIB das nações deve ser dedicado aos serviços públicos de pesquisa e ensino superior. Também temos que lutar de maneira organizada: é hora de construir uma alternativa global em que acadêmicos e cientistas, estudantes e cidadãos defendam os três pilares do ensino superior e da pesquisa: independência da produção científica e intelectual, crítica livre e transmissão irrestrita de conhecimento.

Nós, os signatários deste chamado, sejam membros da comunidade acadêmica e de pesquisa ou do movimento social como um todo, vêm de todo o mundo. Comprometemo-nos a promover os valores da crítica, colegialidade e cooperação na ciência e na academia. Defendemos universidades e instituições de pesquisa bem dotadas e livres de interesses privados. Lutamos contra condições de trabalho precárias e promovemos um sistema alternativo de publicação científica em que o conhecimento é livre e aberto. Apelamos à constituição de uma rede de solidariedade internacional e ao desenvolvimento do conhecimento para todos.

En todo el mundo, la Educación Superior y la Investigación están sometidas actualmente a la doctrina de choque del neoliberalismo, donde el conocimiento se percibe como una mera forma de mejorar la competitividad de la economía, como una posible fuente de beneficios y como una herramienta de control para los gobiernos. Esta agenda neoliberal de la ciencia se implementa a través de un nuevo modo de gestión pública en el que los estudiantes, docentes e investigadores deben convertirse en emprendedores de su capital cognitivo y de su reputación. Lejos de los ideales cooperativos de la ciencia y la educación, las universidades y las instituciones de investigación se manejan como empresas, compitiendo entre sí para atraer a los "mejores" estudiantes e investigadores. Los grupos de investigación y los cuerpos colectivos de trabajo son aplastados o subvertidos casi sistemáticamente. Se supone que los administradores de la ciencia deben buscar fondos y subvenciones para emplear a una masa cada vez mayor de personal precario, cuyos bajos salarios contrastan con los ingresos cada vez más altos de una nueva élite gerencial encarnada en los rectores y vice-rectores de las universidades. El sufrimiento en el trabajo afecta a la mayoría del nuevo proletariado intelectual. Por otro lado, la locura de la evaluación, la presión para "publicar o perecer" y la privatización de la publicación científica conducen a un número creciente de publicaciones, lo que amenaza tanto la calidad de la investigación como la transmisión abierta del conocimiento. Esta guerra material, en la que la austeridad va de la mano con la privatización, está acompañada de una guerra ideológica orwelliana en la que las palabras, escritas en un lenguaje pobre y mentiroso, pierden su significado. El deseo de reconocimiento de cada uno conduciendo a la servidumbre de todos, los valores de la competencia y el utilitarismo están ganando terreno en nuestras comunidades científicas, donde los individuos están cada vez más aislados y temen ser excluidos del juego.

Afortunadamente, han surgido resistencias, tanto en los países en los que la aplicación de estas políticas era la más desarrollada (tal como Gran Bretaña o Chile) como en aquellos donde no lo están tanto (Francia, Alemania o Canadá, especialmente la región de Quebec). En todas partes, las movilizaciones proponen alternativas a estas políticas neoliberales, muy próximas entre sí, tanto en términos de valores como de medidas concretas. Lo más importante es que todos compartimos la opinión de que el conocimiento forma parte del patrimonio común de la humanidad y que su valor depende de que se comparta con el mayor número posible de personas. Los otros componentes de la alternativa a la ciencia neoliberal provienen de este principio.

Primero, la universidad debe ser libre. Pero la lucha por la abolición efectiva de los derechos de matrícula exige también que se reconozca a los estudiantes el derecho a una asignación financiera sustancial que les garantice su autonomía, ofreciéndoles los recursos para la comida y el alojamiento y tiempo libre para estudiar.

En segundo lugar, los profesores y los investigadores no sólo deben tener salarios y pensiones decentes, sino que también se les deben conceder puestos plenos con fuertes garantías de independencia. Esta es una condición necesaria si queremos evitar conflictos de intereses entre la educación, la ciencia y los poderes del dinero y la política.

También deben beneficiarse de créditos a largo plazo, sin tener que dedicar gran parte de su tiempo a solicitar un número cada vez mayor de subvenciones y proyectos a través de procedimientos burocráticos espantosos ni tener que justificar constantemente el uso científico de los fondos que se les asignan. Sólo a este precio podrán reivindicar su derecho al tiempo, sin el cual no es posible ningún progreso intelectual real, ninguna ciencia libre y ninguna educación libre, sólida y coherente.

Por último, la democracia debe estar en el centro de las universidades y las instituciones de investigación. El debate crítico con los ciudadanos y la colegialidad de las decisiones deben sustituir a la gestión de arriba hacia abajo procedente de burócratas celosos e incompetentes interesados únicamente en estimular la competición y la llamada "excelencia".

La emergencia social y ecológica a la que se enfrenta actualmente todo el mundo representa un interés general común que debería impulsarnos a unirnos si queremos hacer frente a todos estos retos. Ahora es necesario un desarrollo masivo del conocimiento científico para garantizar la transición ecológica de nuestras sociedades y escapar de la catástrofe que se avecina. La inversión pública, que tiene que ascender al 3% del PIB de las naciones, debe dedicarse a los servicios públicos de investigación y educación superior. También tenemos que contraatacar de manera organizada: es hora de construir una alternativa mundial en la que académicos y científicos, estudiantes y ciudadanos defiendan los tres pilares de la educación superior y la investigación: independencia de la producción científica e intelectual, crítica libre y transmisión ilimitada del conocimiento.

Nosotros, los firmantes de este llamamiento, miembros de la comunidad académica y de investigación o del movimiento social en su conjunto, venimos de todas partes del mundo. Nos comprometemos juntos a promover los valores de la crítica, la colegialidad y la cooperación en la ciencia y la academia. Defendemos universidades e instituciones de investigación bien dotadas y libres de intereses privados. Luchamos contra las precarias condiciones de trabajo y promovemos un sistema alternativo de publicación científica en el que el conocimiento es libre y abierto. Pedimos la constitución de una red de solidaridad internacional y del desarrollo del conocimiento para todos.


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Why Is College in America So Expensive?

Université et argent
Before the automobile, before the Statue of Liberty, before the vast majority of contemporary colleges existed, the rising cost of higher education was shocking the American conscience: “Gentlemen have to pay for their sons in one year more than they spent themselves in the whole four years of their course,” The New York Times lamented in 1875.

Decadence was to blame, the writer argued: fancy student apartments, expensive meals, and “the mania for athletic sports.”

Today, the U.S. spends more on college than almost any other country, according to the 2018 Education at a Glance report released this week by the Organization for Economic Cooperation and Development (OECD).

All told, including the contributions of individual families and the government (in the form of student loans, grants, and other assistance), Americans spend about $30,000 per student a year — nearly twice as much as the average developed country. “The U.S. is in a class of its own,” says Andreas Schleicher, the director for education and skills at the OECD, and he does not mean this as a compliment. “Spending per student is exorbitant, and it has virtually no relationship to the value that students could possibly get in exchange.”

Only one country spends more per student, and that country is Luxembourg — where tuition is nevertheless free for students, thanks to government outlays. In fact, a third of developed countries offer college free of charge to their citizens. (And another third keep tuition very cheap — less than $2,400 a year.) The farther away you get from the United States, the more baffling it looks.

This back-to-school season, The Atlantic is investigating a classic American mystery: Why does college cost so much? And is it worth it?

At first, like the 19th-century writer of yore, I wanted to blame the curdled indulgences of campus life: fancy dormitories, climbing walls, lazy rivers, dining halls with open-fire-pit grills. And most of all — college sports. Certainly sports deserved blame.

On first glance, the new international data provide some support for this narrative. The U.S. ranks No. 1 in the world for spending on student-welfare services such as housing, meals, health care, and transportation, a category of spending that the OECD lumps together under “ancillary services.” All in all, American taxpayers and families spend about $3,370 on these services per student — more than three times the average for the developed world.

NewImageOne reason for this difference is that American college students are far more likely to live away from home. And living away from home is expensive, with or without a lazy river. Experts say that campuses in Canada and Europe tend to have fewer dormitories and dining halls than campuses in the U.S. “The bundle of services that an American university provides and what a French university provides are very different,” says David Feldman, an economist focused on education at William & Mary in Williamsburg, Virginia. “Reasonable people can argue about whether American universities should have these kind of services, but the fact that we do does not mark American universities as inherently inefficient. It marks them as different.”

But on closer inspection, the data suggest a bigger problem than fancy room and board. Even if we were to zero out all these ancillary services tomorrow, the U.S. would still spend more per college student than any other country (except, again, Luxembourg). It turns out that the vast majority of American college spending goes to routine educational operations — like paying staff and faculty — not to dining halls. These costs add up to about $23,000 per student a year — more than twice what Finland, Sweden, or Germany spends on core services. “Lazy rivers are decadent and unnecessary, but they are not in and of themselves the main culprit,” says Kevin Carey, the author of The End of College and the director of the education-policy program at New America, a nonpartisan think tank.

The business of providing an education is so expensive because college is different from other things that people buy, argue Feldman and his colleague Robert Archibald in their 2011 book, Why Does College Cost So Much? College is a service, for one thing, not a product, which means it doesn’t get cheaper along with changes in manufacturing technology (economists call this affliction “cost disease”). And college is a service delivered mostly by workers with college degrees — whose salaries have risen more dramatically than those of low-skilled service workers over the past several decades.

College is not the only service to have gotten wildly more expensive in recent decades, Feldman and Archibald point out. Since 1950, the real prices of the services of doctors, dentists, and lawyers have risen at similar rates as the price of higher education, according to Feldman and Archibald’s book. “The villain, as much as there is one, is economic growth itself,” they write.

This all makes sense, if we just focus on the U.S. But what about the rest of the world? These broader economic trends exist there, too. So why does college still cost half as much, on average, in other countries?

One oddity of America’s higher-education system is that it is actually three different systems masquerading as one: There is one system of public colleges; another of private, nonprofit institutions; and one made up of for-profit colleges.

The biggest system by far is the public one, which includes two-year community colleges and four-year institutions. Three out of every four American college students attend a school in this public system, which is funded through state and local subsidies, along with students’ tuition dollars and some federal aid.

In this public system, the high cost of college has as much to do with politics as economics. Many state legislatures have been spending less and less per student on higher education for the past three decades. Bewitched by the ideology of small government (and forced by law to balance their budgets during a period of mounting health-care costs), states have been leaving once-world-class public universities begging for money. The cuts were particularly stark after the 2008 recession, and they set off a cascading series of consequences, some of which were never intended.

The easiest way for universities to make up for the cuts was to shift some of the cost to students — and to find richer students. “Once that sustainable public funding was taken out from under these schools, they started acting more like businesses,” says Maggie Thompson, the executive director of Generation Progress, a nonprofit education-advocacy group. State cutbacks did not necessarily make colleges more efficient, which was the hope; they made colleges more entrepreneurial.

Some universities began to enroll more full-paying foreign and out-of-state students to make up the difference. Over the past decade, for example, Purdue University has reduced its in-state student population by 4,300 while adding 5,300 out-of-state and foreign students, who pay triple the tuition. “They moved away from working to educate people in their region to competing for the most elite and wealthy students — in a way that was unprecedented,” Thompson says.

This competition eventually crept beyond climbing walls and dining halls into major, long-term operating expenses. For example, U.S. colleges spend, relative to other countries, a startling amount of money on their nonteaching staff, according to the OECD data. Some of these people are librarians or career or mental-health counselors who directly benefit students, but many others do tangential jobs that may have more to do with attracting students than with learning. Many U.S. colleges employ armies of fund-raisers, athletic staff, lawyers, admissions and financial-aid officers, diversity-and-inclusion managers, building-operations and maintenance staff, security personnel, transportation workers, and food-service workers.

The international data is not detailed enough to reveal exactly which jobs are diverting the most money, but we can say that U.S. colleges spend more on nonteaching staff than on teachers, which is upside down compared with every other country that provided data to the OECD (with the exception of Luxembourg, naturally).

In addition, most global rankings of universities heavily weight the amount of research published by faculty — a metric that has no relationship to whether students are learning. But in a heated race for students, these rankings get the attention of college administrators, who push faculty to focus on research and pay star professors accordingly.

Likewise, the new data show that U.S. colleges currently have a slightly lower ratio of students to teachers than the average for the developed world — another metric favored in college rankings. But that is a very expensive way to compete. And among education researchers, there is no clear consensus about whether smaller classes are worth the money.

In the beginning, university administrators may have started competing for full-freight paying students in order to help subsidize other, less affluent students. But once other colleges got into the racket, it became a spending arms race. More and more universities had to participate, including private colleges unaffected by state cuts, just to keep their application numbers up. “There is such a thing as wasteful competition,” Charles Clotfelter, a Duke University professor and the author of Unequal Colleges in the Age of Disparity, wrote me in an email.

All that said, it’s also true that state budget cuts were uneven across the country. Today, in-state tuition in Wyoming is about a third of the cost of Vermont, for example. In places where higher education has not been gutted and the cost of living is low, an American college degree can still be a bargain — especially for students who don’t mind living at home and are poor enough to qualify for federal aid. Taking into account living expenses, says Alex Usher of the consulting firm Higher Education Strategy Associates, a student at a public university in Mississippi will likely end up with similar out-of-pocket costs as a student in Sweden.

Usher, who is based in Toronto, is one of the few researchers to have looked carefully at the costs of higher education globally. And much of what he finds is surprising. In 2010, he and his colleague Jon Medow created a clever ranking of 15 countries’ higher-education systems — using a variety of ways to assess affordability and access. Reading the report is like peeling an onion. The first layer focuses on the most obvious question: the affordability of college based on the cost of tuition, books, and living expenses divided by the median income in a given country. By this metric, the U.S. does very poorly, ranking third from the bottom. Only Mexico and Japan do worse.

But the U.S. moves up one place when grants and tax credits are included. “Your grants are actually really generous compared to everybody else,” Usher says. Tuition is higher in the U.S., so the grants don’t fully cover the price, but 70 percent of full-time students do receive some kind of grant aid, according to the College Board. From this perspective, sometimes called “net cost,” Australia is more expensive than the U.S.

Next, looking only at our public colleges, the U.S. rises higher still, ranking in the middle of the pack in Usher’s analysis, above Canada and New Zealand. This data is from 2010, and things may look less rosy if he were to redo the study now, Usher cautions. But still, he sounds weirdly hopeful. “The public system in the U.S. is working as well as most systems,” he says. “Parts of the U.S. look like France.”

The problem, of course, is that other parts of the U.S. look more like a Louis Vuitton store. America basically contains 50 different higher-education systems, one per state, each with public, private, and for-profit institutions, making generalizations all but impossible. The U.S. does relatively well on measures of access to college, but the price varies wildly depending on the place and the person. Somehow, students have to find their way through this thicket of competition and choose wisely, or suffer the consequences.

The more I studied America’s baffling higher-education system, the more it reminded me of health care. In both spaces, Americans pay twice as much as people in other developed countries—and get very uneven results. The U.S. spends nearly $10,000 a person on health care each year (25 percent more than Switzerland, the next biggest spender), according to the OECD’s 2017 Health at a Glance report, but our life expectancy is now almost two years below the average for the developed world.

“I used to joke that I could just take all my papers and statistical programs and globally replace hospitals with schools, doctors with teachers and patients with students,” says Dartmouth College’s Douglas Staiger, one of the few U.S. economists who studies both education and health care.

Both systems are more market driven than in just about any other country, which makes them more innovative — but also less coherent and more exploitive. Hospitals and colleges charge different prices to different people, rendering both systems bewilderingly complex, Staiger notes. It is very hard for regular people to make informed decisions about either, and yet few decisions could be more important.

In both cases, the most vulnerable people tend to make less-than-ideal decisions. For example, among high-achieving, low-income students (who have grades and test scores that put them in the top 4 percent of U.S. students and would be eligible for generous financial aid at elite colleges), the vast majority apply to no selective colleges at all, according to research by Caroline Hoxby and Christopher Avery. “Ironically, these students are often paying more to go to a nonselective four-year college or even a community college than they would pay to go to the most selective, most resource-rich institutions in the United States,” as Hoxby told NPR.

Meanwhile, when it comes to health care, low-income Americans tend to be less familiar with the concepts of deductibles, coinsurance rates, and provider networks, according to a variety of studies, which makes it extremely difficult to choose a health-care plan. “These are both sectors where consumers are too poorly informed and societal costs and benefits too great to leave decision-making entirely in the hands of individuals,” as Isabel Sawhill at the Brookings Institution has written.

Ultimately, college is expensive in the U.S. for the same reason MRIs are expensive: There is no central mechanism to control price increases. “Universities extract money from students because they can,” says Schleicher at the OECD. “It’s the inevitable outcome of an unregulated fee structure.” In places like the United Kingdom, the government limits how much universities can extract by capping tuition. The same is true when it comes to health care in most developed countries, where a centralized government authority contains the prices.

The U.S. federal government has historically been unwilling to perform this role. So Americans pay more for pharmaceuticals — and for college classes. Meanwhile, more and more of the risk gets shifted from government onto families, in both sectors.

At the very least, the American government could do a better job sharing information about the quality of colleges in ways everyone can understand, Schleicher says. “You can’t force people to buy good things or bad things, but they should be able to see what the value is.”

Spending a lot of money can be worth it, if you get something awesome in exchange. “America has the best colleges and universities in the world!” President Donald Trump exclaimed at the World Economic Forum in Davos, Switzerland, earlier this year. Former President Barack Obama said the same thing before him.

But is it actually true? No meaningful data exist on the quality of universities globally. America does have a disproportionate number of elite colleges, which accept fewer than 10 percent of applicants, and these places do employ some brilliant scholars who do groundbreaking research. But fewer than 1 percent of American students attend highly selective colleges like those.

Instead, more than three-quarters of students attend nonselective colleges, which admit at least half of their applicants. No one knows for sure how good these colleges are at their core job of educating students. But in one of the only careful, recent studies on adult skills, the OECD’s Program for the International Assessment of Adult Competencies, Americans under age 35 with a bachelor’s degree performed below their similarly educated peers in 14 other countries on the test of practical math skills. In other words, they did only slightly better than high-school graduates in Finland. America’s college grads did better in reading, performing below just six other countries, but dropped off again in another test, scoring below 13 other countries in their ability to solve problems using digital technology.

If American colleges are not adding obvious and consistent academic value, they are adding financial value. Americans with college degrees earn 75 percent more than those who only completed high school. Over a lifetime, people with bachelor’s degrees earn more than half a million dollars more than people with no college degree in the U.S. In fact, no other country rewards a college degree as richly as the United States, and few other countries punish people so relentlessly for not having one. It’s a diabolical cycle: Colleges are very expensive to run, partly because of the high salaries earned by their skilled workers. But those higher salaries make college degrees extremely valuable, which means Americans will pay a lot to get them. And so colleges can charge more. As Carey, the End of College author, summarizes: “Students are over a barrel.”

Still, the return varies wildly depending on the college one attends. One in four college grads earns no more than the average high-school graduate. Associate’s degrees from for-profit universities lead to smaller salary bumps than associate’s degrees from community colleges, which are cheaper. And two-thirds of students at for-profits drop out before earning their degree anyway, meaning many will spend years struggling with debt they cannot afford to pay off — and cannot, under U.S. law, off-load through bankruptcy.

This convoluted, complicated, inconsistent system continues to exist, and continues to be so expensive because college in America is still worth the price. At certain colleges, for certain people. Especially if they finish. But it doesn’t have to be this way, and almost everywhere else, it isn’t.

First published, September 11, 2018
https://www.theatlantic.com/education/archive/2018/09/why-is-college-so-expensive-in-america/569884/

Pour en finir avec la précarité dans l’Enseignement supérieur et la Recherche

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Pour en finir avec la précarité dans l’Enseignement supérieur et la Recherche

Nous publions ci-dessous les résultats d’une enquête, menée en 2018 en France, sur les conditions de travail et de vie des précaires de l’ESR.
Ces résultats sont aussi édifiants que révoltants, intolérables ! Mais il faut aussi lire avec attention, en fin de billet, les 10 revendications portées par le collectif qui a mené l’enquête. Ces revendications sont autant de propositions alternatives au “tout marché” de l’ESR, auxquelles l’Internationale des Savoirs pour Tous apporte évidemment son plus fervent soutien.

La Rédaction du blog

INVENTAIRE DE LA PRECARITE
des enseignant·es et chercheur·es
dans l’enseignement supérieur et la recherche

Désengagement de l’État, autonomie budgétaire des universités, financement de la recherche sur projet… Quelles conséquences pour les doctorant·es et les docteur·es sans poste ? Le Collectif des travailleur·es précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) fait l’inventaire de la précarité des enseignant·es et chercheur·es.

Quelles étaient les conditions d’emploi et de travail des doctorant·es et des docteur·es sans poste en 2018 ? Quelles sont les conséquences de la précarité sur la qualité de vie et la santé des personnels ? Les résultats de cet inventaire sont alarmants.

1021 réponses ont été recueillies via internet entre le 9 janvier et le 15 juin 2018. L’annonce de ce questionnaire avait été diffusée sur des listes professionnelles et syndicales. Les réponses proviennent de toute la France. Elles concernent principalement les sciences humaines et sociales et, secondairement, le droit et les sciences naturelles. Chaque réponse correspond à un emploi occupé sur la période 2014‐2018. Une même personne a pu signaler plusieurs emplois.

Le questionnaire comprenait 4 sections : caractéristiques de l'emploi, caractéristiques de l'employeur, conditions de travail et expériences de la précarité.

Les emplois signalés sont majoritairement des vacations d'enseignement (31 %), des contrats à durée déterminée (CDD) de recherche (27 %), des contrats doctoraux (16 %), des postes d’attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) (15 %) et des contrats d’enseignement qui ne sont plus encadrés au niveau national depuis la loi LRU de 2007 (7%).

Cet inventaire intervient dans un contexte de financement de la recherche par projet. Les principaux financeurs des contrats de recherche signalés sont l'Agence Nationale de la Recherche (29 %), l'Union Européenne (14 %), les établissements publics hors recherche (8 %), les universités, les ministères, les collectivités territoriales et les laboratoires de recherche (7 % chacun).

Un accès difficile à l'emploi, même lorsqu'il est précaire

Pour près de la moitié des emplois signalés, l’offre d’emploi n’a pas fait l’objet d’une diffusion publique. Les personnes ont alors pris connaissance de l’offre par le « bouche à oreille » (35 %) ou en étant directement contactées par l’employeur (11 %).

L’accès à l’emploi est particulièrement difficile pour les docteur·es sans poste qui ne remplissent plus les critères d’âge maximum pour les contrats postdoctoraux. Ils/elles doivent aussi justifier d’un emploi principal pour accéder aux vacations d’enseignement (imposé par la loi dans la fonction publique). Par ailleurs de plus en plus d’établissements imposent le statut d’auto- ‐entrepreneur en lieu et place d’un véritable contrat de travail.

Des fiches de postes incomplètes voire absentes

Une fiche de poste doit mentionner la durée du contrat, sa date de début, la rémunération et les missions. Celle- ‐ci est nécessaire à la bonne information des candidat·es sur l’emploi auquel ils et elles postulent. Or la moitié (46 %) des offres d’emploi recensées n’a pas fait l’objet d’une fiche de poste. Ce chiffre est particulièrement élevé pour les vacations d’enseignement (75 %) alors même que les missions confiées aux vacataires varient fortement d’une faculté à l’autre.

 

L’offre d'emploi a-t-elle fait l’objet d'une fiche de poste ?
  Oui Non NSP Total
Vacataire enseignement 6,1 74,8 19,1 100,0
Enseignant-e contractuel-le 44,3 44,3 11,4 100,0
Doctorant·e contractuel·le 22,6 48,2 29,3 100,0
Contractuel.le recherche 57,0 30,0 13,0 100,0
ATER 70,9 17,9 11,3 100,0
Vacation administrative 50,0 42,9 7,1 100,0

Champ : les 1021 emplois signalés dans le cadre de l’inventaire.
Source : Collectif des travailleur.es précaires de l'ESR, 2018.

Un emploi, plusieurs contrats

Seule la moitié des emplois signalés (52 %) ont fait l’objet d’un seul contrat. Les autres ont soit fait l’objet d’aucun contrat (8 %) soit d’au moins deux CDD (40 %). La moyenne pour un emploi de contractuel·le de recherche est de signer deux CDD. Un quart des emplois de contractuel·le de recherche signalés ont fait l’objet de trois CDD.

« Pour un postdoc de 12 mois, on m’a fait signer 4 contrats de 3 mois. »

Des salaires rabotés

Pour un même type de CDD, on observe de grandes disparités de rémunération d’un établissement à l’autre. S’agissant des contrats d’enseignant·e « LRU » (aussi appelés postes de « MCF contractuel·le »), les rémunérations pour les titulaires d’un doctorat varient de 820 à 1980 € pour 192 heures/an et de 1460 à 1980 € pour 384 heures/an. Concernant les contrats de recherche, la rémunération peut varier de 1500 à 2800 €.

Le rabotage de salaire touche aussi des contrats qui sont pourtant encadrés au niveau national. Les missions d’ensei- gnement dans le cadre du contrat doctoral sont remplacées par des vacations, moins rémunératrices, n’ouvrant pas de droits au chômage et sans cotisation pour la retraite. Les postes d’ATER de 12 mois sont réduits à 10, 8 ou 6 mois, ce qui réduit surtout le temps pour la recherche et les congés.

Il existe donc une marge de négociation du salaire et du temps de travail. Pour 14 % des contrats de recherche et 12 % des contrats d’enseignement le salaire a fait l’objet d’une négociation à la hausse avec l’employeur.

« On m’a mis la pression quand j’ai essayé de négocier mon salaire. On m’a fait comprendre que si les conditions ne me convenaient pas, on trouverait facilement quelqu’un d'autre. »

Lutter pour être payé·e

La rémunération des vacataires d’en- seignement nécessite de longs échanges avec des administrations elles- ‐mêmes précarisées. Les vacataires apprennent parfois en cours de semestre qu’ils/elles ne remplissent pas les critères pour être payé·es. En l’absence de mensualisation, la paye est souvent perçue plusieurs mois après le travail effectué. Cela génère des problèmes lors de l’actualisation mensuelle des heures travaillées auprès du Pôle Emploi et peut bloquer le versement des allocations.

« Les vacataires sont des bouche- ‐trous. On me sollicite chaque année deux semaines avant le début du semestre pour assurer un nouveau cours. On me fait comprendre que je ne suis pas en position de refuser si je veux continuer à avoir des heures. »

La pression des titulaires

Les enseignant·es- ‐chercheur·es titulaires se montrent parfois abusifs dans leurs pratiques d’encadrement des non- titulaires. Un quart des contractuel·les de recherche (24 %) et un tiers des vacataires d’enseignement (30 %) ont effectué durant leur mission des tâches qui n’étaient pas initialement prévues : heures supplémen- taires non- ‐rémunérées, surveillance d’examens, correction de copies, suivi de mémoires etc. Ces « extras » sont souvent présentés comme étant « bons pour le CV », alors qu’ils sont la condition renouvellement de contrat.

« Je suis vacataire d’enseignement et, selon mes calculs, ma rémunération est de 3 euros de l'heure réellement travaillée. Les photocopies sont à mes frais. Cerise sur le gâteau : je dois surveiller un amphi d'examen sans rémunération supplémentaire. Curieux quand on est soi- ‐disant payé à l'heure de présence ! »

Mettre de l’argent de sa poche

Un contrat sur deux implique des avances de frais. Un contrat sur trois implique des frais non pris en charge : titres de transport, outils de travail, dépenses liées à l’activité de recherche, etc.

Des infrastructures défaillantes

Souvent les enseignant·es et chercheur·es non- ‐titulaires n’ont pas accès à des infrastructures pourtant essentielles au bon exercice de leurs missions : les codes et les badges pour accéder aux locaux et aux salles de cours, une adresse e- ‐mail professionnelle, les cartes de bibliothèque et de cantine, un bureau pour travailler, un casier pour entreposer des copies, une photocopieuse pour préparer les supports de cours, un accès au parking ou aux installations sportives de l’établissement. À ces problèmes s’ajoutent les problèmes structurels de l’université : pannes de chauffage, insalubrité des locaux, pénurie de salles, matériel informatique défaillant...

L’élitisme ne protège pas de la précarité

La réduction des budgets de l’ESR ne suffit pas à expliquer la précarité. Les établissements les mieux dotés sont parfois ceux qui ont les pires pratiques en tant qu’employeurs. Plus de la moitié (53 %) des contrats conclus en tant qu’auto- entrepreneurs le sont au sein de « Grandes Écoles » de commerce ou d’ingénieur. Le non- ‐respect des conditions de rémunération initialement annoncées y est aussi plus courant dans les Grandes Écoles : 18 % contre 13 % à l’université et 10 % dans les Établissements publics à caractère scientifiques et technologique (EPST) type CNRS ou Inserm.

« Après 10 ans en tant qu’enseignante de langue dans une grande école, je n'ai jamais signé de contrat ni reçu de bulletin de paye ; je suis obligée de maintenir un statut d'auto- entrepreneure ; et je suis payée avec 2 mois de retard par rapport au travail effectué. »

Cumuler les emplois précaires

Les enseignant·es et chercheur·es non- titulaires complètent souvent leur emploi dans l’ESR par d’autres emplois précaires dans d’autres secteurs, comme les associations, les institutions culturel- les (gardien·ne de musée), l’éducation na- tionale (assistant·e d’éducation), les entre- prises (manutention, nettoyage) ou l’auto- entreprise (cours particuliers, travail du sexe).

Une vie en surmenage

Ces conditions d’emploi et de travail affectent la qualité de vie des personnels :

  • Déménagements fréquents
  • Temps de transport importants
  • Manque de temps pour soi et pour ses proches
  • Absence de protection sociale (ex : les vacations n’ouvrent pas de droit au chômage et à la retraite)
  • Instabilité, énervement, découragement

« Le surmenage est encouragé, c'est une règle tacite. On te dit de ne pas compter tes heures. Cela m'a mené à un épuisement physique et psychologique proche du burn- ‐out, dès ma deuxième année de thèse. »

Souffrir de problèmes de santé

En lien avec ces situations, les problèmes de santé les plus fréquemment cités sont :

  • Anxiété, fatigue chronique
  • Baisse de l’estime de soi
  • Détresse, solitude
  • Vertiges, baisses de tension
  • Dépendances (tabac, alcool, médicaments)
  • Maux de dos (blocages, contractures, lumbagos, névralgies)
  • Burn-out

« La précarité use mentalement et physiquement. Une partie de l'esprit est en permanence préoccupée par le devenir professionnel. »

S’endetter auprès de ses proches

La précarité conduit enfin à l’endettement. 46 % des répondant·es ont emprunté de l’argent au cours des quatre dernières années. Parmi elles et eux, 86 % ont emprunté de l’argent à des membres de leur famille (conjoint·es, parents, grands- parents, sœurs, frères, etc.), 16 % à la banque et 2 % à des services sociaux (fonds d’urgence des établissements, assurance maladie, assistance sociale).

« J'en ai marre d'être une petite junior à vie, à trente ans passés et après dix ans d'études ! »

Que faire contre la précarité ?

Nous interpellons la Ministre de l’ESR, les présidences d’établissement et les collègues enseignant·es et chercheur·es titulaires sur la base de la plateforme de revendications que nous avons adoptée le 29 mai 2016 lors de nos premières Rencontres Nationales :

1. Titularisation de tous les personnels travaillant sur des fonctions pérennes.

2. Création massive et financement public de contrats doctoraux et de postes d’enseignant·e- ‐chercheur·e titulaires.

3. Audit public sur l’état de la précarité dans l’ESR.

4. Mensualisation du paiement des vacations et respect du droit du travail.

5. Fin du travail gratuit et rémunération de tout travail effectué dans l’ESR.

6. Exonération des frais d’inscription pour tou·tes les doctorant·es en tant que travailleur·es de l’université.

7. Transparence dans l’attribution des postes et des financements.

8. Allongement de la durée de rattachement des docteur·es sans poste à leur laboratoire, avec accès aux locaux et aux financements au même titre que les titulaires.

9. Abrogation des critères de nationalité dans l’accès aux études, aux financements et aux postes.

10. Plan national de lutte contre les discriminations sexistes et racistes dans l’ESR.

https://precairesesr.fr
inventaire@precairesesr.fr

A formação dos idiotas úteis e o útil idiota formado no poder

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A formação dos idiotas úteis e o útil idiota formado no poder

Abaixo, publicamos abaixo um artigo que leva a refletir sobre a grave situação em que as universidades brasileiras estão mergulhadas desde a eleição de Jair Bolsonaro. Os lembretes históricos feitos, os princípios defendidos e, claro, o seu título !, estão em plena sintonia com a luta travada pela Internacional do Saber para Todos.

A redação do blog

Paulo Freire dizia que ensinar não é transferir conhecimento, mas criar as possibilidades para sua produção ou construção. Da mesma forma, Rubem Alves acreditava que ensinar é um exercício de imortalidade. O fato é que enfrentamos desafios gigantescos no campo educacional. E esses “desafios” são potencializados por políticas públicas inconsequentes que dificultam os papeis tanto da escola quanto do professor dentro de sala de aula. Se o homem é, como imaginava Immanuel Kant, “nada além daquilo que a educação faz dele”, podemos compreender as razões de certos “pensamentos” como do Presidente e seus seguidores assíduos. E, a partir daí, perceber quão tacanha se encontra nosso imaginário social e coletivo no que se refere às questões educacionais.

Em outubro de 1964, no V Fórum Universitário, o então Presidente Castelo Branco, discursou algo que poderia muito bem ser confundido com alguma declaração do atual chefe do executivo ou do seu Ministro da Educação, Abraham “Gene Kelly” Weintraub. Na ocasião, Castelo Branco disse que o estudante deveria antes de desejar um “simples diploma”, alcançar amplos conhecimentos que lhes permitiriam ser elemento útil ao progresso e à prosperidade da sociedade. Reforçando que, nas universidades não se poderia permitir o fortalecimento de ideologias.

O discurso do, na época, general Presidente é extremamente atual. Na medida em que Jair Bolsonaro já havia alegado, anteriormente, que os jovens brasileiros possuem “tara” por formação superior. Sem contar as constantes declarações que tratam o espaço escolar e acadêmico como um difusor ideológico. O ensino público brasileiro, segundo ele, estaria aparelhado pela esquerda, que possui ambições de dominação político-ideológico. Nesse sentido, o alunado dessas instituições é visto como uma “massa” pronta para ser manipulada pelos professores.

Recentemente, vimos que os cortes anunciados pelo Ministério da Educação, em universidades, podem chegar a 54%. O governo fala em “contingenciamento”, mas a mesma é uma política intervencionista que visa diminuir os gastos públicos, impondo um limite ao mesmo, dentro de um prazo determinado. Geralmente, a prática se dá dentro de áreas vinculadas ao processo produtivo (indústrias). O que temos que compreender é que não se contingencia sem prazo. Quando isso acontece, é pura e simplesmente um corte. Pois, não há garantias de retomada do investimento no setor. Algo que na educação é muito mais complicado por conta da Lei do Teto de Gastos. Quando se aplica essa prática na pasta, os efeitos são imediatos e impactam não só na qualidade do ensino, mas em toda infraestrutura (manutenção, limpeza etc) dos centros escolares e acadêmicos. Agora em junho, foi noticiado que, por conta dos cortes, a Capes bloqueou mais de 2,7 mil bolsas de pesquisa Educação nunca será “gasto”, mas sim “investimento”. E é, justamente, essa tentativa de se precarizar ainda mais o ensino público brasileiro que levaram as manifestações dos dias 15 e 30 de maio.

Para sermos justos, os investimentos no campo educacional, em nosso país, sempre estiveram aquém do ideal. Nos anos de 1950, investia-se cerca de 3,4% do PIB (Produto Interno Bruto) na área; Nos anos de 1970, cerca de 2,8%; e em 2014, algo em torno de 5,4%. Na década de 1960, por exemplo, problemas como baixa escolarização, baixo investimento, altos índices de evasão escolar, cortes do orçamento para o ensino superior, falta de vagas nas universidades etc, já existiam.

Em 2017, o setor público investiu, em média, US$ 3,8 mil por estudante do ensino básico anualmente, o que nos coloca entre os últimos na lista dos 39 países que forneceram os dados par a OCDE (Organização para a Cooperação e Desenvolvimento Econômico); e cerca de US$ 11,7 mil por estudante universitário. Da mesma forma, remuneram-se mal os professores. Um professor da Educação Básica começa a carreira recebendo o equivalente a US$ 13 mil por ano. Na Colômbia, um docente iniciante ganha US$ 14,2 mil por ano. No México, US$ 17,2 mil. E na Costa Rica, US$ 24,2 mil, quase o dobro dos brasileiros. Quando a comparação é com as nações desenvolvidas, a distância aumenta. Na média das nações da OCDE, o salário inicial é de US$ 30 mil anuais.

Durante a ditadura, no Brasil, houve uma tentativa de terceirizar a obrigação do Estado no campo educacional. Uma prática que se alinhava ao projeto econômico do Governo, onde o nacional-estatismo passou a dar lugar ao chamado internacionalismo, na medida em que houve um alinhamento de nossas políticas econômicas ao capital estrangeiro. Na ocasião, a chamada “Agency for International Development” (USAID), que assessorava países periféricos, numa espécie de Doutrina Truman da América Latina, aplicou um convênio junto ao Ministério da Educação batizado de acordo MEC-USAID. Para os tecnólogos do Governo, o progresso econômico que o país aspirava, para sair da crise, só viria através do chamado “empresarialismo” na educação. Esse pensamento se coaduna ao que hoje convém chamar de empreendedorismo. Na época, usando o livro de Harbison e Muers, “Educação, Força-Humana e Progresso Econômico”, como referência, a ideia era dar importância às ciências naturais e exatas, como engenharia e medicina e treinamento empresarial, em detrimento das demais.

Os acordos MEC-USAID, dentre outros, tinha como proposta o treinamento para carreiras específicas em vez do desenvolvimento das forças intelectuais gerais, forjar um quadro técnico que conseguisse dar conta do novo projeto econômico brasileiro, permitir as universidades se libertarem de todas as malhas do Estado, ter autonomia plena para se desenvolver como empresa privada e conter as manifestações estudantis. Os movimentos estudantis – silenciados oficialmente desde 1964 conforme Lei 4464 – junto a professores, especialistas e intelectuais, acusaram o governo de querer privatizar o ensino. Isso é algo muito parecido com a política educacional do atual governo, que almeja uma “garotada que comece a não se interessar por política”. E que com as decisões de corte na educação, básica e superior, influenciou diretamente o fortalecimento da iniciativa privada no setor. Em declaração aos representantes de instituições particulares de ensino superior, no 12º Congresso Brasileiro da Educação Superior Particular, em Belo horizonte, no dia 06 de junho, o próprio Ministro Weintraub disse que o setor privado será o principal agente na expansão do ensino superior.

As políticas educacionais do período causou uma série de mudanças significativas em nosso sistema. A educação básica foi encolhida. Passando de nove para oito anos. Os cursos clássicos e científicos que preparavam os alunos para os vestibulares foram substituídos pelo ensino profissionalizante, conforme lei 5692 (1971). Disciplinas como Latim, Educação Política, Sociologia e Filosofia foram retiradas dos currículos. Pelo Decreto-lei 869 (1969) houve a diminuição da carga horária da disciplina de História e Geografia. Que foram fundidas no que se conveniou chamar de Estudos Sociais. Além disso, presenciamos a entrada das disciplinas de Educação Moral e Cívica e Organização Social e Política Brasileira (OSPB).

Na verdade, todo esse quadro demonstra um ataque ao conhecimento de disciplinas ligadas as Ciências Humanas. As principais formadoras do pensamento crítico. Algo que, dentro da conjuntura política da época, não era desejado. Em abril desse ano, Bolsonaro postou nas redes sociais que estudava descentralizar investimentos em faculdades de Filosofia e Sociologia para focar em áreas que geram – segundo ele – retorno imediato ao contribuinte, como veterinária, engenharia e medicina. As mentalidades da geração que se formava nos centros escolares e acadêmicos, nos anos de 1960, deveriam estar em conformidade com as novas realidades advindas do golpe de Estado. O mesmo acontece agora! Assim, introduzir as disciplinas sobre civismo significa “impor a ideologia da ditadura, reforçada pela extinção da Filosofia e diminuição da carga horária de História e Geografia, que exerce a mesma função de diminuir o senso crítico e consciência política da situação”.

O ensino público básico e, principalmente, superior, até bem pouco tempo atrás era considerado um privilégio de poucos. A política educacional da época da ditadura possibilitou um crescimento de 25% das escolas particulares no ensino básico, entre 1970 e 1980. Da mesma forma, a taxa de matrículas nas universidades públicas caiu de 75% em 1964, para 25% em 1984. A falta de investimento no setor contribui para a formação de indivíduos distantes e alienados dos problemas do país. Tal política contribuiu fortemente para o aumento da segregação social. Fazendo com que a dicotomia de nossa sociedade passasse a ser vista dentro das escolas e universidades.

Desde a redemocratização, em especial em meados dos anos de 1990, essa elitização do nosso sistema educacional passou a ser combatida com a inserção de políticas públicas que possibilitaram certa democratização do ensino. O que estamos presenciando é o retrocesso de tudo que levou décadas para tornar-se realidade. Dessa forma, as manifestações contra os cortes, ocorridas em maio, se deram justamente para que não tenhamos uma geração de “idiotas (ou inocentes) úteis”.

As coisas se tornaram óbvias. A educação está encarregada da missão de formar capital humano. O projeto de poder parece querer fortalecer o “sistema social que degrada o operário ao ponto de transformá-lo num simples instrumento de acumulação de capital, e que fatalmente muda os pais em comerciantes de escravos dos seus próprios filhos, destacaram Marx e Engels. É dessa forma que a educação deve ser tratada?

O presidente usou um termo “idiotas úteis” que supostamente foi dito por Lenin, uma fake news disseminada através de “memes”. Lenin tem uma mensagem ao estudante muito mais digna e construtiva. Quando fala da necessidade de assimilar “o conhecimento de fatos fundamentais” afirma: “não só deveis assimilá-los, mas assimilá-los com espírito crítico para não atulhar a vossa inteligência com trastes inúteis”. Mas, sem dúvida, o presidente não teria acesso a essas palavras, pois elas não estariam nos “memes” que usa como fonte bibliográfica.

Educar para o capital é formar pessoas que não são capazes de fazer o mundo melhor, mas apenas fazer com  que o mundo funcione da maneira que está. E quem quer o mundo da maneira que ele se encontra, a não ser os que lucram com ele?

Em sua época, Rousseau dizia que “saindo de minhas mãos, ele (o aluno) não será nem magistrado, nem soldado, nem padre; será primeiramente um homem”. Hoje temos que dizer que nossos alunos não devem ser apenas engrenagem que sustenta toda essa máquina, mas, antes de tudo, ser humano.

É preciso educar para o social para que cada cidadão seja responsável pela democracia. E como defende Henry Giroux, um dos maiores pensadores da educação da atualidade, “os professores não podem escapar de suas ideologias (e em alguns casos devem abraçá-las), e é importante entender o que a sociedade fez de nós, em que é que acreditamos, e como podemos minimizar os efeitos, em nossos alunos, daqueles aspectos de nossas histórias ‘sedimentadas’ que reproduzem interesses e valores dominantes”. 

Mas o arranjo de poder atual tem a intenção de fragilizar a educação publica para favorecer a privada, tolhendo os professores para dar pujança aos interesses dominantes. Logo ele que diz querer acabar com a criminalidade será a causa da ampliação dela, pois sem acesso à escola o caminho para o presídio se alarga.

A ditadura, modelo tecnocrata o qual o governo atual se inspira, foi péssima para a formação de cidadãos, não é a toa que de suas entranhas surgiu a maior facção criminosa do Brasil. Se temos como meta uma Segurança de qualidade, precisamos investir em educação, e é exatamente o que não vemos sendo feito.

Raphael Silva Fagundes é Doutor em História Política pela UERJ e Professor da rede municipal do Rio de Janeiro e de Itaguaí, Wendel Barbosa é Pós-graduado em História social e cultural do Brasil pela FEUC e professor da rede estadual de ensino.

Publicação do artigo original : https://diplomatique.org.br/a-formacao-dos-idiotas-uteis/, junho 18, 2019.