« La défense de la liberté universitaire ne peut qu’aller de pair avec celle de la liberté politique »

 

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« La défense de la liberté universitaire ne peut qu’aller de pair avec celle de la liberté politique »

Peu avant les élections européennes du 26 mai 2019, la Conférence des présidents d’universités français, allemands et polonais a adressé aux différentes listes une série de 7 questions sur la situation et l’avenir de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) dans et hors l’UE. Nous publions ci-dessous la réponse qu’a faite l’équipe thématique « Enseignement Supérieur et Recherche » de La France Insoumise. On y verra, au fil des questions-réponses, combien le fossé est profond, abyssal même, entre les conceptions néolibérales de l’ESR et celles portées par la FI. Conceptions de l’ESR mais aussi, en définitive, de la personne humaine et du monde…

La Rédaction du blog

Question n°1 : Rôle des universités en tant que moteurs de l'innovation et du développement de la culture

Q : Les universités sont au cœur du triangle de la connaissance formé par la recherche, l’enseignement et l’innovation. Auparavant, la Commission européenne considérait les universités principalement comme des établissements d'enseignement. Cela a commencé à changer en 2018 et on assiste à une coopération et une communication renforcée entre les Directions de l'UE, par exemple sur les réseaux des « universités européennes » et par le développement de davantage de synergies entre l'enseignement et la recherche dans le domaine des fonds structurels de l'UE. Comment les universités pourraient-elles être mieux représentées dans les structures politiques et organisationnelles de la Commission ?

R : Nous ne partageons pas la vision d’un « triangle de la connaissance » qui n’inclurait pas comme pôle constitutif la diffusion des savoirs dans la cité (au-delà donc du seul cadre de l’enseignement) et la construction d’une culture scientifique critique. Néanmoins nous rejoignons votre point de vue sur le fait que les universités doivent être prises en compte pour l’intégralité de leurs missions, et que cela passe par une meilleure association entre ces missions y compris dans l’esprit des fonctionnaires et responsables politiques européens. La solution qu’esquisse votre question, toutefois, ne saurait nous convenir si vous entendez par là qu’il faudrait assurer une représentation institutionnelle spécifique des universités ou une sorte de lobby universitaire officiel – ne serait-ce que parce que nous devrions être échaudés par les controverses quant au rôle joué par les président·e·s d’universités lorsqu’ils assument cette fonction de représentation officielle dans les cadres nationaux. En réalité, la question de la réduction des universités à des prestataires de formations professionnalisantes dans l’esprit des décideurs à Bruxelles n’est pas séparable du tropisme ordolibéral et adéquationniste de l’UE, et les synergies entre enseignement et recherche, si elles se font sur cette même base, ne feront qu’aggraver les choses.
Nous proposons donc de prendre le problème dans l’autre sens en assurant une implication citoyenne directe ainsi qu’une transparence et une ouverture accrues des débats sur la politique d’enseignement supérieur et de recherche en Europe : ce sont d’abord les citoyens qu’il faut davantage représenter dans les structures politiques et organisationnelles de la Commission. Nous faisons le pari que c’est seulement en agissant ainsi que l’on peut envisager de dégager la Commission de sa gangue technocratique, ordolibérale et adéquationniste, pour remettre la politique européenne sur la voie de l’intérêt général. Dans ces conditions, il deviendra également plus facile de se faire entendre pour les universitaires (davantage que pour les universités représentées par les présidents) mais aussi pour les étudiants, les chercheurs et les citoyens soucieux de ces questions. Une des pistes que nous proposons, reprise du mouvement des sciences citoyennes, est la création de conseils consultatifs associant citoyens, chercheurs et enseignants(-chercheurs) à tous les niveaux. Les universitaires y auraient toute leur place.

Question n°2 : Encourager la coopération à plusieurs niveaux dans les politiques des universités

Q : Suite au discours de la Sorbonne du président Macron et conformément au Conseil européen de Göteborg en 2017, la Commission européenne a proclamé l'Espace européen de l'éducation. L’éducation en général est du ressort des États membres. À la lumière de l’exemple de la mise en œuvre des « universités européennes », comment, selon vous, renforcer les collaborations entre l’UE, les États membres et les régions ?

R : Nous pensons que les « proclamations » successives de divers « Espaces Européens » (de l’Education, de l’Enseignement Supérieur...) plus ou moins articulés ne sont pas une voie permettant de construire une Europe des citoyens tournée vers l’intérêt général, au sein de laquelle les universités auraient un rôle éminent à jouer pour porter un programme ambitieux de production, de critique et de diffusion des connaissances scientifiques et techniques. Le processus de Bologne, à cet égard, nous paraît être un échec, du moins du point de vue de l’intérêt général, puisque comme nous l’avons montré à la faveur de notre contre-manifestation de mai 2018, il s’agit assurément d’un succès du point de vue de la caporalisation et de la marchandisation des formations supérieures.
De façon générale, la mise en place de coopérations renforcées, et notamment celle de cursus intégrés, doit assurément pouvoir se faire selon des modalités différenciées (allant du cursus unifié à une simple convention de reconnaissance réciproque des modules d’enseignement) pour respecter les temporalités propres et les conditions d’organisation des différents établissements associés. Néanmoins, il importe de souligner que le sur-mesure ne doit pas non plus servir de levier pour accélérer la différenciation des paysages universitaires ou remettre en cause les droits sociaux des étudiants et des personnels. Il est donc nécessaire de faire encadrer ces coopérations renforcées par une directive instaurant une clause de faveur générale, prévoyant par exemple que les frais d’inscription d’un cursus commun à plusieurs universités seront indexés sur ceux pratiqués par l’établissement le moins onéreux. De même, la convergence des statuts des personnels, évoquée dans certains documents de travail de l’UE ou d’États-membres ces derniers mois, ne doit pas pouvoir se faire autrement que dans le sens d’un alignement systématique vers le haut.
Les coopérations entre établissements, mais aussi entre États désireux d’aller plus loin dans la convergence des systèmes, doivent se faire sur la base du volontariat et faire l’objet d’un accompagnement et de moyens supplémentaires conséquents par une ou plusieurs agences bi- ou plurinationales dédiées. À cet égard, les dispositifs d’accompagnement expérimentés dans le cadre de l’Université franco-allemande, fragilisée récemment par des coupes budgétaires, sont intéressants. On pourrait également citer le dispositif existant des « partenariats stratégiques », qui présente la souplesse nécessaire et a permis l’éclosion de beaux projets de coopération. Ce dispositif doit donc faire l’objet de moyens supplémentaires conséquents.

Question n°3 : Part du budget de l'UE pour la recherche, l'innovation et l'éducation

Q : En 2018, le Parlement européen a appelé à un budget plus élevé de 120 milliards d'euros pour le programme-cadre de recherche et d'innovation de l'UE (à prix constants) ainsi qu'un budget plus élevé de 41 milliards d'euros (à prix constants) pour le budget Erasmus +. Compte tenu de la révision prochaine du cadre financier pluriannuel (CFP), êtes-vous attaché à l'objectif de sécuriser ces budgets pour la recherche et l'innovation ainsi que pour l'éducation et la mobilité afin de garantir la compétitivité de l'Europe ?

R : La France Insoumise a toujours dénoncé le manque de moyens alloués à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, et le non-respect des objectifs fixés en termes de pourcentage du PIB dévolus à ces domaines. Cette position de principe vaut également à l’échelon européen. Néanmoins, pour nous l’objectif n’est pas de « garantir » la mystérieuse « compétitivité de l’Europe », qui nous semble caractéristique des usages abusifs du concept économique de compétitivité dans le discours public. Notre objectif est de garantir un niveau maximal de qualification pour les travailleurs du continent, qui est aussi un niveau maximal de formation pour les citoyens ; l’enjeu, en effet, n’est pas « seulement » économique et industriel, il est aussi social, environnemental et démocratique, à l’heure où une expertise scientifique réelle ou supposée est de plus en plus utilisée par certains gouvernants peu soucieux d’esprit critique pour étouffer le débat démocratique sur les choix cruciaux qui nous attendent dans un contexte de transition économique et écologique. À cet égard, la répartition des masses budgétaires et les critères d’allocations sont tout aussi importants que les montants globaux : nous n’entendons pas être vigilants seulement sur les « moyens », mais aussi sur les fins.

Question n°4 : Normes minimales d'autonomie de l'enseignement supérieur

Q : Considérant les débats sur l’université d’Europe centrale en Hongrie et le traitement des universités en Turquie : les universités européennes devraient-elles jouir d’un niveau minimum d’autonomie dans l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur et de l’Espace Européen de la Recherche. Comment définiriez-vous ce que pourrait être ce niveau minimum ?

R : Cette question est grave et importante, car elle met en jeu la perversion récente de la notion d’autonomie du champ universitaire par la sphère managériale. Nous ajouterons donc à la liste des cas préoccupants celui de la Pologne, en ne perdant pas de vue que l’association de présidents d’universités est co-signataire de ce questionnaire – et nous lui apportons notre soutien dans sa défense des libertés académiques. Force est de constater que c’est le même gouvernement national-clérical polonais qui adopte une attitude menaçante envers certains chercheurs sur des sujets sensibles, notamment historiques, et qui met en œuvre une politique d’« autonomie des établissements » calquée sur la LRU française.
C’est pourquoi il est crucial à nos yeux de réintroduire la distinction déjà opérée plus haut entre universités et universitaires. Pour nous, l’autonomie managériale et financière des universités promue depuis 30 ans par les institutions internationales n’est nullement antithétique d’un tournant autoritaire de la part du champ gouvernemental et technocratique, bien au contraire. Cette autonomie en trompe-l’oeil des universités assujettit les universitaires à un système de normes, et plus prosaïquement à des bailleurs de fonds (publics ou privés, industriels, politiques et demain peut-être militaires), dont les buts ne convergent ni nécessairement avec ceux de la science libre, ni avec l’intérêt général.
« L’autonomie des universités » devient alors le faux-nez de l’hétéronomie des universitaires. Assurément, il est nécessaire de poser un certain nombre de normes minimales à faire respecter. Mais ces normes sont des normes statutaires. Il convient ainsi d’inscrire dans les textes européens le principe d’indépendance statutaire des personnels scientifiques, et d’affirmer que l’emploi stable et un financement public et récurrent non-révocable des établissements doivent être la norme. Si l’Union Européenne sait ouvrir des procédures de sanctions contre les gouvernements remettant en cause l’indépendance des Banques Centrales ou creusant trop la dette, elle doit pouvoir ouvrir des procédures équivalentes contre les gouvernements diminuant les dotations pérennes des universités ou laissant s’effondrer les recrutements de personnels statutaires. A contrario, l’élévation du ratio de personnels sous un statut protecteur, ainsi que la hausse des dotations pérennes, peuvent et doivent être posées comme des objectifs politiques dans toute l’Europe, même si nous ne méconnaissons pas que cela impose une remise en cause frontale de toutes les politiques européennes d’enseignement supérieur de ces vingt à trente dernières années. La défense de l’autonomie de l’enseignement et de la recherche est à ce prix.

Question n°5 : La mobilité dans l'Espace Européen de l'Enseignement Supérieur et encourager le sens de la communauté en Europe

Q : Les structures de l'Espace Européen de l'Enseignement Supérieur sont en place, mais elles doivent encore être affinées. Que peut-on faire pour faciliter davantage la mobilité des étudiants et des diplômés en Europe, en tenant également compte des aspects financiers qui peuvent empêcher des étudiants de participer ? Comment l'UE peut-elle aider les universités à continuer à promouvoir l'esprit de citoyenneté communautaire et européenne chez les jeunes générations, en particulier en période de crise d'identité du processus de coopération européenne ?

R : Votre question est juste, et apporte elle-même les premiers éléments de réponse dans son libellé : trop souvent, les dispositifs de mobilité sont inabordables pour les étudiants modestes. L’augmentation massive des bourses de mobilité est une condition sine qua non pour que le séjour Erasmus ne devienne pas un marqueur d’entre-soi de la jeune bourgeoisie libérale européenne, ce qui serait une formidable trahison des valeurs affichées par ce programme. La mise en place d’une allocation d’autonomie pour les jeunes en formation figurait à notre programme en 2017, et nous avons réaffirmé en mai 2018, lors de notre journée de travail sur l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur à l’Assemblée Nationale, que la mise en place d’une allocation de formation et d’autonomie était un objectif politique pertinent à l’échelle internationale. Nous continuerons donc à porter cette exigence. Compte tenu du rôle éminent des régions dans les dispositifs de bourse déjà existants, celles-ci devront être étroitement associées aux négociations du cadre financier pluriannuel de l’Union sur ces questions, afin d’organiser une montée en charge conjointe des dispositifs de soutien.
Au-delà de la question des moyens, il est indispensable de porter haut le combat pour le plurilinguisme en Europe, qui ne se réduit pas au tout-anglais, sauf à vouloir dissoudre dans l’Union toute diversité culturelle, linguistique et historique ravalée au rang de folklore. Cela passe par un engagement vigoureux pour le développement des cursus plurilingues et des formations linguistiques dans toutes les langues des pays de l’Union. Ces formations, en s’ouvrant aux aspects culturels, loin de l’adéquationnisme superficiel du tout-communication, nous semblent justement de nature à renforcer ce que vous appelez l’esprit de citoyenneté communautaire et européenne, et que l’on pourrait aussi bien nommer le cosmopolitisme, et la conscience de la bigarrure culturelle de l’Europe.

Question n°6 : Collaboration en matière d'éducation et de recherche avec des pays non européens

Q : La recherche est un effort non seulement européen, mais mondial. Comment l'UE peut-elle aider à maintenir la coopération euro-européenne en matière de recherche et la mobilité transfrontalière des étudiants et des chercheurs ouverts et flexibles pour faire de l'UE la puissance scientifique mondiale en concurrence avec les États-Unis et la Chine et en préservant les liens avec l'enseignement et la recherche britanniques ?

R : Nous partageons votre préoccupation concernant la coopération universitaire avec les pays non-européens. À cet égard, il nous semble important de signaler que la vogue des frais d’inscription différenciés, illustrée en France par le sinistre projet cyniquement intitulé « Bienvenue en France », représente un obstacle majeur à toute politique scientifique internationaliste. Nous condamnons cette politique, et porterons cette opposition au sein du Parlement Européen, pour obtenir sa condamnation.
Au-delà de cela, il semble important de porter des projets de coopération scientifiques et universitaires intercontinentaux. Durant la campagne présidentielle, nous avions proposé la création et le financement d’un Erasmus + méditerranéen associant les pays des deux rives, mais aussi celle de nouvelles universités interdisciplinaires et internationales sur des sujets d’intérêt planétaire, comme les sciences et métiers de la mer. Ces propositions tiennent toujours, et le Parlement Européen est une enceinte privilégiée pour les défendre.
Concernant les pays-cibles, nous faisons le choix d’ouvrir la coopération universitaire européenne à tous, qu’il s’agisse de l’Asie ou de l’Afrique, de la Russie, de l’Amérique Latine ou de l’Anglosphère. Il sera nécessaire d’étudier posément le dossier britannique une fois que les excès et les désirs de punition ou de revanche de certains auront été congédiés. Le principal problème de coopération universitaire sera certainement celui des échanges étudiants et des coopérations entre cursus, du fait des frais d’inscription prohibitifs pratiqués outre-Manche. Une vigilance de tous les instants s’imposera sur ce sujet. Signalons également que l’Union devra engager une politique plus proactive dans ses relations universitaires avec le Brésil, où le gouvernement de Jair Bolsonaro menace les libertés académiques en s’en prenant au financement des universités et de certaines disciplines en particulier. La création de chaires universitaires européennes au Brésil, qui prendraient la suite des chaires françaises illustrées par exemple par Fernand Braudel et Claude Lévi-Strauss avant d’être sacrifiées sur l’autel de la rigueur budgétaire, serait à cet égard une mesure symbolique forte.

Question n°7: sur les valeurs

Q : Partout dans le monde, des universités et des universitaires sont attaqués et éprouvent de plus en plus de difficultés à effectuer des recherches et à enseigner dans certains domaines en raison de pressions politiques. Les gens sont de plus en plus ciblés pour être des universitaires. Les étudiants et les chercheurs ont besoin d'institutions autonomes et de liberté pour penser et utiliser leurs connaissances sans craindre la persécution. La restriction de la liberté académique empêche les citoyens d’avoir accès au savoir et les décideurs d’agir sur la base de preuves solides. Le Parlement européen a activement attiré l'attention sur les atteintes à la liberté académique à la fois en Europe et au-delà. Que ferez-vous concrètement pour protéger la liberté académique et l'autonomie des universités en tant qu'institutions ? Quel rôle peut selon vous jouer l’université pour renforcer la cohésion sociale ?

R : Cette question rejoint des préoccupations déjà exprimées dans nos réponses aux précédentes questions, et nous partageons votre préoccupation. Il nous semble important d’élever l’autonomie statutaire des enseignants (universitaires ou non) et des chercheurs (universitaires ou non) au rang de principe fondamental européen. Le non-respect de ces principes est autrement plus grave que la violation des dogmes financiers que l’UE semble prendre beaucoup plus au sérieux, et cela doit cesser. Mais ces franchises, qui sont au coeur de l’identité des universités européennes depuis huit siècles, doivent être étendues aux étudiants, dont l’histoire des deux derniers siècles a montré qu’ils étaient souvent, en Europe, les premiers combattants de la liberté et contre l’oppression. Enfin, elles concernent aussi les universités comme lieux : les universités doivent redevenir des espaces où la liberté de conscience, d’expression et d’association est inconditionnée ; où toute personne acceptée comme étudiant par l’établissement est protégée par l’ensemble de la communauté, quels que soient son origine et son statut légal ; où les forces de l’ordre n’interviennent pas sans l’aval direct de la direction collégiale de l’établissement. Autant de principes régulièrement bafoués aujourd’hui en Europe, et que le Parlement Européen doit réaffirmer avec force, le cas échéant en plaçant sous sa protection solennelle les établissements et personnes faisant l’objet de menace, et en demandant des comptes à la Commission Européenne en cas d’impunité des gouvernements qui bafoueraient ainsi ces règles. Rappelons que les libertés académiques, pour leur volet concernant la liberté de la recherche et l’indépendance des universitaires, ont le statut de principe fondamental du droit français, et qu’à ce titre il incombe aux europarlementaires français de se montrer exemplaires dans leur défense.
Cette indépendance et cette protection ne signifient pas que l’université doive se couper de la société comme un sanctuaire ; nous souhaitons au contraire le développement des cadres mixtes associant universitaires, scientifiques et citoyens afin de permettre de meilleurs allers-retours entre le débat public et le monde de la science. Cela nous semble indispensable pour prémunir l’université de l’autre menace autoritaire qui la guette, qui prendrait la forme d’une alliance de certains secteurs du champ scientifique avec la sphère technocratique et managériale pour imposer des agendas politiques sur la base d’une expertise scientifique et technique plus ou moins extorquée. Les vicissitudes de l’économie politique en France n’en sont qu’un exemple : toute une partie du discours ordolibéral, y compris de la part des derniers gouvernements français, relève de ce fantasme, dont l’esprit critique caractéristique de la démarche scientifique serait l’une des premières victimes – l’autre étant le débat public.
Il nous semble important de rappeler qu’en tous lieux et en tous temps, la démarche scientifique de l’université doit inclure des espaces d’ouverture et de dissensus. La liberté universitaire est d’abord la liberté du désaccord – c’est pour cette raison qu’à nos yeux, la défense de la liberté universitaire ne peut qu’aller de pair avec celle de la liberté politique.

Pour en savoir plus sur le projet ESR de la France Insoumise https://avenirencommun.fr/livrets-thematiques/livret-de-lenseignement-de-recherche/
Et contacter l’équipe thématique : livret-esr@jlm2017.fr ou info-insoumis-esr-request@framalistes.org

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Universidad de la Tierra : autonomía, saberes y rebeldías

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Universidad de la Tierra : autonomía, saberes y rebeldías

La idea generalizada que tenemos de la Universidad es la de un lugar en el que estudiar durante un tiempo y acabar consiguiendo un título que certifica el supuesto aprendizaje obtenido. La continua mercantilización de la enseñanza promovida por el sistema capitalista también nos lleva a pensar en la Universidad como un lugar excesivamente caro, al que solo algunos tienen la posibilidad de ingresar y en el que, finalmente, recibes un título que ya no te sirve para trabajar (y que, a veces, tampoco refleja los conocimientos adquiridos). Si pensamos en alguna facultad concreta acabamos pensando en un edificio grande, de hormigón gris, quizás adornado con un césped y formado por las últimas tecnologías (en lo que sea). A veces también pensamos en facultades que se caen a pedazos y aulas masificadas. Esto es exactamente lo que no quería el Doctor Raymundo Sánchez Barraza. El Centro Indígena de Capacitación Integral – Universidad de la Tierra (CIDECI-UniTierra) se plantea como todo lo contrario a esa concepción capitalista del aprendizaje que tan asumida tenemos. Por eso es imposible acercarse al proyecto (hoy realidad tangible) sin que se derrumben los esquemas aprehendidos. No se concibe entender el Sistema Indígena Intercultural de Aprendizaje sin la destrucción de lo establecido. Este proyecto comienza a andar en 1983, sin embargo, no es hasta 1989 que se define como autónomo. En ese año es auspiciado por el obispo de San Cristóbal de las Casas, Samuel Ruiz, conocido por su labor indigenista y de apoyo a los pueblos originarios del Estado de Chiapas. Y por ser obispo de la ciudad durante más de 40 años (hasta que el poder consiguió alejarlo de allí para que dejara de provocar fallas en el sistema). Coordinado en todo momento por Raymundo Sánchez Barraza, quién también regala su vida a la causa indigenista. En 1994 los ideales zapatistas se entroncan con los del CIDECI y no se entiende su filosofía sin ellos. Según su coordinador (quien suelta una carcajada al momento de dirigirnos a él como Rector) la denominación de Universidad es un acto de rebeldía, una respuesta a las burlas del sistema al referirse a ellos y al no considerar la capacitación que allí se recibe como un aprendizaje real. Y es que UniTierra ni es oficial ni busca el reconocimiento oficial, sino el de los pueblos y las comunidades indígenas. Indudablemente, ese ya lo tiene. Entonces “¿por qué no podemos tener el prestigio de las universidades?”, se pregunta Raymundo Sánchez.

Estructura y organización

Niños y niñas venidos de comunidades indígenas, a partir de los 12 años y con independencia de que sepan leer o escribir o de que conozcan el idioma castellano. Este es el perfil de los y las alumnas que ingresan al centro. No hay un número fijo de estudiantes en cada momento, ya que si lo normal es que se tomen cursos de (más o menos) 9 meses, jóvenes van y vienen según su disponibilidad. Pueden tomar 15 días de curso, un mes o varios años. Dependiendo de la distancia entre su comunidad y el centro, quienes allí estudian estarán internos o externos. Esto es, quienes vienen de comunidades más lejanas serán internos y harán uso de los albergues con los que cuenta el centro mientras que quienes residan en comunidades circundantes estarán externos, yendo y viniendo a sus cursos a diario. Así como el número de alumnos es variable en cada momento, lo que si se mantiene es la proporción de hombres y mujeres. Sobresalen los chicos sobre las chicas. En número, claro. También son constantes los y las estudiantes que desconocen el castellano al llegar a sus cursos. Las lenguas que predominan son el tzotsil, el tzeltal y el ch’ol; aunque son muchas más las que se cruzan en los talleres del CIDECI. Los profesores conocen esas lenguas, aunque no siempre hablan a los y las alumnas en su lengua materna, “porque si no nunca aprendemos” como dice uno de los chicos que allí desarrolla su actividad.

Los saberes que se imparten van desde cursos de tortillería y panadería (con los que se abastece el comedor en el que colaboran los y las estudiantes) hasta cursos de herrería, electricidad, carpintería y alfarería. Es gracias a la aplicación de estos aprendizajes que el centro es lo que es hoy en día, ya que ha sido totalmente construido por quienes allí estudian. Igual que la mantención del mismo. Un ejemplo, las cortinas se hacen en el taller de telares, y luego se cosen y preparan para su uso en el taller de corte y confección y luego, en el caso de que queramos que las cortinas lleven algún motivo dibujado este se hará en el taller de pintura. Así cualquier cosa que veamos en el vasto terreno del CIDECI habrá sido construida gracias a los saberes que allí se han transmitido. Todo esto sin dejar a un lado la música, mecanografía o computación, donde además se practica el arte de arreglar con las manos todos los instrumentos necesarios para estas actividades. Junto con estos saberes hay unas cuantas áreas de estudios como son: Derecho Autónomo, Arquitectura Vernácula, Agroecología, Hidrotopografía, Administración de Iniciativas y Proyectos comunitarios, Interculturalidad o Análisis de los Sistemas – Mundo. Al terminar su estancia en la UniTierra, los y las alumnas reciben apoyo en un proyecto para aplicar sus conocimientos en la comunidad de la que provienen. Así se les surte de conocimientos, asistencia y las herramientas necesarias para echar a andar sus ideas en sus comunidades. Unas ideas que luego repercutirán en sus compañeros más cercanos facilitándole o mejorándole sus vidas en comunidad ¿Cómo no considerarla Universidad, cuando quizás sea la más digna de todas?

Instalaciones y autonomía

La autonomía se respira en el aire de la Universidad de la Tierra. En el taller de zapatería se hacen los zapatos para los y las alumnas, el huerto ofrece las verduras que se cocinarán en el comedor, pero también las que sirven de alimento a los animales de la granja (conejos, borregos, ocas, cerdos, gallinas y pavos). Trabajar en el mantenimiento de estas instalaciones es la reciprocidad que ofrecen quienes allí estudian a cambio de la gratuidad lugar. Y a su vez, todo lo producido sirve para abastecer a las personas que allí residen. ¿Y la luz y el agua? Evidentemente, no vienen por parte del gobierno o de alguna institución oficial ya que lo único que se ha recibido por parte de estos ha sido un cruel hostigamiento. La CFE (Comisión Federal de Electricidad) ha merodeado por la zona de manera amenazante en busca de pagos. Eso se supera gracias a la instalación de generadores de electricidad. El agua que abastece a todos y que corre por el sistema de riego que hay instalado proviene de un profundo pozo cavado en sus terrenos. Autonomía total.


NewImageCada jueves los y las estudiantes se reúnen aquí para tratar temas de actualidad, movimientos sociales o problemas que se planteen en sus comunidades.

Lejos de tener carencias, la Universidad de la Tierra se muestra como un paraíso. Las instalaciones y su integración en la naturaleza distan mucho de lo que podemos pensar de esta universidad sin zapatos, como se autodenomina. Además de las decenas de talleres (entendidos como lugar físico), del comedor y de las construcciones que guardan los generadores; son varias las salas para seminarios y aulas que se prestan a otros movimientos sociales. Una colorida capilla se presta a la realización del culto y un enorme auditorio se abre a grandes celebraciones y tiene siempre las puertas abiertas al EZLN, quien celebró en dicho auditorio la Clausura del Primer Festival de las Resistencias y las Rebeldías Contra el Capitalismo este pasado mes de enero.

Filosofía e inspiración

Además de inspirarse en el EZLN y el obispo Samuel Ruiz, este centro por y para indígenas se asienta sobre los principios de Imanuel Wallerstein y de Iván Illich. Del primero agarran su análisis sobre el capitalismo basado en conceptos como Sistema – Mundo. Es de Iván Illich de quien beben sus concepciones acerca de la enseñanza, el aprendizaje y la desescolarización. Se olvidan del tipo de enseñanza impuesto por el capitalismo al que hacíamos referencia al comienzo de este texto y priman el aprendizaje en relación con las personas. Cómo diría Illich en La sociedad desescolarizada:

  • Los profesores de habilidades se hacen escasos por la creencia en el valor de los títulos. La certificación es una manera de manipular el mercado y es concebible sólo para una mente escolarizada. La mayoría de los profesores de artes y oficios son menos diestros, tiene menor inventiva y son menos comunicativos que los mejores artesanos y maestros.
  • La instrucción libre y rutinaria es una blasfemia subversiva para el educador ortodoxo. Ella desliga la adquisición de destrezas de la educación ‘humana’, que la escuela empaca conjuntamente, y fomenta así el aprendizaje sin título o permiso no menos que la enseñanza sin título para fines imprevisibles.

Dos citas muy prácticas para entender la filosofía del CIDECI que se basa en tres principios inquebrantables: “aprender haciendo”, “aprender a aprender” y “aprender a ser más”. Estos principios ejercen de guía principal a la vez que sirven de bola de demolición contra lo ya impuesto en materia de educación por el sistema actual. Una red entretejida por y para los indígenas de la mano del “Doc” Raymundo. “Seguir haciendo, seguir formando sin perder de vista las directrices del EZLN y de los pueblos originarios”. Porque la Universidad de la Tierra es por y para ellos.

Publicado en el blog
https://silviadistopia.wordpress.com/2015/03/05/autonomia-y-aprendizaje-en-cideci-unitierra/,
5 de marzo de 2015.

Para más información sobre los seminarios organizados por la Universidad de la
Tierra consulta las transmisiónes en vivo en el sitio:

http://seminarioscideci.org/
https://www.youtube.com/watch?v=XRzTfaieltA

La mercantilización a hombros de gigantes: la universidad pública española, de casa de citas a cueva de plagiarios

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La mercantilización a hombros de gigantes: la universidad pública española, de casa de citas a cueva de plagiarios

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Las universidades públicas, parafraseando a Newton, pueden producir conocimiento porque sus docentes han sido capaces de subirse a hombros de gigantes, que abrieron en el pasado, o abren en el presente, sus campos de conocimiento e investigación. Las abundantes citas bibliográficas que los académicos utilizan en sus libros y artículos son el registro de su recorrido y muestran la huella de los hombros donde se encaramaron. En este sentido, la universidad siempre será una casa de citas. Cuando, animada por su mercantilización neoliberal, ha comenzado a caminar en la dirección contraria, en la de, por ejemplo, Fernando Suárez –ex-rector de la Universidad Rector de la Rey Juan Carlos–, se convierte en una cueva de plagiarios. Universitarios corruptos que, viviendo en Lilliput, pero agraciados por los beneficios del mercado, se transforman en ciudadanos de Brobdingnag. Y universidades corruptas que lo permiten, o bien mirando hacia otro lado o, directamente, promocionando dichas prácticas. La creciente mercantilización de la universidad pública española ha propiciado ambos tipos de corrupción de la cual hoy somos testigos.

Un poco de historia para situarnos. La modernización de la universidad franquista durante últimas décadas del siglo pasado no supuso una ruptura con sus principios jerárquicos y sus formas de gestión autoritarias. Fue, como ocurrió en el resto de las instituciones españolas, una reforma que los actualizó y los legitimó en un contexto político formalmente democrático. Aunque se amplió el acceso a la formación superior y se incorporaron nuevos alumnos y, sobre todo, alumnas procedentes de sectores sociales históricamente excluidos, la universidad pública de la transición/transacción se diseñó como una ‘empresa económica’ y no como una empresa social. Los gestores universitarios de entonces ya comenzaron a organizar sus planes de estudio, su administración interna y las líneas de investigación  escuchando voces que les transmitían las ‘demandas del mercado’. El resultado de aquel proceso configuró una universidad pública, poco pública, e insuficientemente autónoma y democrática. Dicho de otro modo, el mestizaje entre los ‘muertos vivientes’ del academicismo franquista y los ‘vivientes muertos’ de la incipiente mercantilización neoliberal impidieron la plena consolidación de una universidad realmente pública autónoma y democrática. La universidad como un ´bien común’ ciudadano, con unos usos sociales en la docencia e investigación dirigidos a impulsar la igualdad de oportunidades y la democratización de los usos sociales del conocimiento, quedaron relegados a un segundo plano. Una universidad que no fue.

Ya en los inicios del siglo XXI, las políticas educativas del PP, así como la reforma del espacio europeo de la educación superior y su concreción en el Plan Bolonia consolidaron dicho proceso en el contexto de la globalización neoliberal. Por primera vez, con el gobierno de Aznar, se puso en marcha una Agencia Nacional de Evaluación de la Calidad y Acreditación (ANECA) que permitía, o no, los títulos universitarios y acreditaba, o no, a los docentes y su investigación en función de su productividad y competitividad. Una agencia de acreditación al estilo de las empresas americanas de calificación de riesgos que no fueron capaces de ver los riesgos de Lehman Brothers. La opacidad de este modelo, sumada al papanatismo y la ceguera con que buena parte de la comunidad universitaria de esos años aceptó estas reformas, ha acabado convirtiéndose en el orden vigente, inamovible e impenetrable. Algunos de sus productos más tóxicos son los sexenios de investigación, el programa Docentia o el sistema de acreditación del profesorado, entendido como una espiral de méritos inacabables y a veces inalcanzables. Este engranaje mantiene al profesorado encerrado en sus despachos, produciendo los méritos que se les demandan, cada vez más lejos de la realidad de las aulas.

La burbuja y la retórica de la excelencia, con todo un nuevo campo semántico: ‘satisfacción’, ’innovación’ ‘calidad’, emprendedor’, ‘motivación’, ‘objetivos estratégicos’, ‘buenas prácticas’... ha servido para impulsar e impregnar las prácticas investigadoras y docentes del nuevo espíritu del neoliberalismo universitario. Un espíritu que concibe a estudiantes y profesores como empresarios de sí mismos. Las nuevas regulaciones normativas han impuesto al personal docente e investigador una evaluación permanente con objetivos cada vez más difíciles de alcanzar. Por añadidura, la responsabilidad de no alcanzarlos recae, única y exclusivamente, sobre ellos. La culpa recae sobre la víctima. En última instancia, la praxis de la excelencia ha bloqueado de hecho la posibilidad de un trabajo docente digno al subordinarlo a la productividad investigadora. Aquellos que no han producido el tipo de investigación exigido por los criterios productivistas y bibliométricos han sido penalizados con más docencia. El incremento de la precariedad laboral y la creciente e imparable presencia del estrés y la presión mental sobre los docentes son hoy la auténtica cara de la excelencia.

Por las puertas laterales de este edificio o por las principales, como la del Instituto de Investigación de Álvarez Conde en la Universidad Rey Juan Carlos se han ido colando, colocando y titulando en estos últimos años todos aquellos personajes que, como Cifuentes, Casado o Montón, han tenido pocos reparos en intercambiar prestigio político o económico por credenciales académicas. Su responsabilidad, como ya hemos señalado, no es única. No es un gesto corrupto aislado. En una universidad crecientemente burocratizada, individualizada, tan marcada por la competitividad, la carrera y las promociones, el sentido de lo público en la docencia y en la investigación ha acabado debilitándose. Lo importante es conseguir el título, la acreditación, el índice de impacto, el certificado adecuado que puede permitir obtener los puntos para posicionarte bien en los baremos. En esta guerra sin cuartel por posicionarse y acaparar méritos, comienza a valer todo. Este es el mensaje que la elite promocionista del profesorado universitario ha dirigido a todo el resto de profesores. Una elite que muchas veces ha ocupado los espacios de gestión y el gobierno de las universidades. En estos espacios, se ha especializado en diseñar los sistemas de control para gobernar el acceso del profesorado, pero, evidentemente, no se ha ocupado de poner en marcha sistemas de control a su propia actuación en los institutos universitarios, departamentos, cátedras de empresa, fundaciones y otras instituciones que campan a sus anchas. Nos ofrecen una fachada de excelencia tras la que reina una corrupción institucionalizada. Como ocurrió en Lehman Brothers. El evaluador no es evaluado.

El resultado ha acabado siendo esta universidad tóxica, zombie, mercantilizada y otros elocuentes adjetivos propuestos por profesores ingleses y americanos que han investigado sobre los efectos de este modelo neoliberal en sus propias universidades, golpeadas durante las últimas décadas por todo un catálogo de horrores que da forma a una universidad sin sentido, desorientada, enfermiza. Nuestra universidad responde también a este retrato. Sí queremos evitar su desaparición es urgente trabajar por construir otra universidad que como ‘bien común’ sea realmente pública, autónoma y democrática.

José Manuel Rodríguez Victoriano y Antonio Santos Ortega son profesores de la Facultad de Ciencias Sociales y representantes de CGT en la Junta de PDI de la Universidad de Valencia

Primera publicación en infoLibre el 26/09/2018

Météo des Luttes septembre-octobre 2019

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Météo des Luttes – Septembre-Octobre 2019 –

Barometer of struggles – September-October 2019 –

Streikwetterdienst – September-Oktober 2019 –

Barómetro de las luchas – Septiembre-Octubre de 2019 –

Meteo delle lotte – Settembre-Ottobre 2019 –

Clima das lutas – Setembro-Outubro de 2019 –

Aux quatre coins de la planète, des étudiants, des universitaires, des chercheurs, mais aussi des lycéens ou des enseignants, se mobilisent pour s’opposer aux politiques néolibérales et conquérir de nouveaux droits. Et la plupart du temps, nous n’en savons rien ou si peu…
Nous nous proposons donc de tenir sur ce blog une « météo des luttes », organisée sous la forme de textes courts, de « brèves », suivis de liens à consulter ou de documents à télécharger.
Dans ce bulletin météo, nous vous signalons quelques-uns de ces combats, locaux et universels...

All over the world, students, academics, researchers, as well as high school students and teachers are mobilizing to oppose neoliberal policies and conquer new rights. But most of the time, we hear little or no wind of it...
We therefore propose to keep on this blog a “barometer of struggles” organized in the form of news in brief, followed by links to consult or documents to download.
In this weathercast, we signal to you a few of these recent fights, local and universal…

Überall auf der Welt kämpfen Studierende, Lehrende und Forschende, aber auch SchülerInnen oder gar Eltern, gegen neoliberale Politik und für neue Rechte. Davon erfahren wir in der Regel nur wenig…
Auf dieser Seite verzeichnen wir also einen wissenschaftlichen Streikwetterdienst aus kurzen Texten und Meldungen mit Links und Dokumenten zum Herunterladen.
In diesem Bericht stellen wir Euch einige dieser lokalen und allgemeinen Kämpfe vor.

En todas partes del mundo, estudiantes, académicos, investigadores, pero también estudiantes y profesores de secundaria se movilizan para oponerse a las políticas neoliberales y conquistar nuevos derechos. Pero la mayor parte del tiempo, no sabemos nada o muy poco....
Por lo tanto, proponemos mantener en este blog un "barómetro de las luchas", organizado en forma de resúmenes, seguidos de enlaces para consultar o documentos para descargar.
En este reporte meteorológico, señalamos algunas de estas luchas, locales y universales…

In tutto il mondo, studenti, accademici, ricercatori, ma anche studenti delle scuole superiori e insegnanti si stanno mobilitando per contrastare le politiche neoliberali e conquistare nuovi diritti. E il più delle volte non ne sappiamo nulla, o molto poco...
Proponiamo quindi di tenere su questo blog un "meteo delle lotte", organizzato in forma di brevi testi, seguiti da link da consultare o documenti da scaricare.
In questo bollettino meteorologico, diamo notizia di alcune lotte, locali e universali…

Em todo o mundo, estudantes, acadêmicos, pesquisadores, mas também estudantes do ensino médio e professores estão se mobilizando para se opor às políticas neoliberais e conquistar novos direitos. E, na maioria das vezes, não sabemos nada ou tão pouco acerca disso...
Propomos portanto manter neste blog um "clima das lutas", composto por textos curtos, "resumos", seguidos de links para consulta ou documentos para download.
Neste boletim meteorológico, relatamos algumas dessas batalhas, locais e universais…

  1. Monde

    La grève mondiale de la jeunesse pour le climat du 20 septembre a mobilisé plus de 4 millions de manifestants sur tous les continents.

    The global climate strike of September 20th has mobilised more than 4 million activists all over the continents.

    La mobilización mundial de la juventud por el climá del 20 de Septiembre ha reunido más de 4 millones de activistas en todos los continentes.

    A mobilição global juvenil do clima de 20 de setembro mobilizou mais de 4 milhões de pessoas de manifestantes em todos os continentes.

    Der globaler klimatstreik vom 20. September mobilisierte mehr als 4 Millionen Menschen von Demonstranten auf allen Kontinenten.

  2. Afrique
    • Burundi
      BurundiLes étudiants congolais arrêtés et brutalisés par la police burundaise.
    • Mauritanie
      Mauritanie600 élèves mauritaniens titulaires du Baccalauréat, ayant atteint l’âge limite de 25 ans, sont interdits d’inscription à l’université publique. Ils sont exclus par une mesure gouvernementale « qui rentre dans le cadre d’une réforme de l’enseignement », selon le ministre de l’Enseignement supérieur.
    • Sénégal
      Sénégal

      La grève mondiale de la jeunesse pour le climat du 20 septembre a mobilisé plus de 4 millions de personnes sur tous les continents. Au Sénégal, pays d’Afrique de l’Ouest touché par l’avancée du désert, la déforestation et l’érosion côtière, la mobilisation est restée modeste, selon la presse locale. À Thiès, un étudiant paye d’une mâchoire fracturée sa lutte pour le climat.

      Tandis que plusieurs grèves éclatent en octobre dans différentes universités pour revendiquer de meilleures conditions de vie et revoir la politique d’orientation des étudiants.

    • South Africa
      AfriqueDuSudUniversity campus shuts after protests in which cows are killed on 31 August.
      Seven students, including Nelson Mandela University students representative council chairperson Bamanye Matiwane, have been arrested following protest action at the university's Port Elizabeth campus on Monday.
      It is believed students protested because of safety and security concerns at the university.
    • Uganda
      OugandaMakerere University was this week a centre of violent protests where security and students clashed after the latter went on strike to protest against a 15 per cent tuition policy that was recently approved.
  3. Amérique du Sud
    • Chile
      Chile La protesta estudiantil empezada contra el aumento del metro derivó en una crisis social, con los manifestantes en las calles luchando por la dignidad despuès de 40 años de políticas neoliberales llevadas en el país desde la dictadura de Pinochet (1973-1990).
      La semana del 14 de octubre ha estado marcada por la evasión masiva en el Metro de Santiago iniciada por estudiantes secundarios, que poco a poco a sumado a usuarios en protesta por el alza en el precio del pasaje del sistema de transporte subterráneo.
      Unos comparan el movimiento a la revolución de la Chaucha hace 70 años.
      A pesar de la revocación del « tarifazo » por el gobierno Piñera, se han extendido las protestas en todo el país.

      Il y a 2 semaines, les lycéens chiliens ont commencé à frauder dans le métro pour protester contre la hausse du prix du ticket et les injustices du néolibéralisme dont le Chili a été le plus grand laboratoire mondial pendant la dictature de Pinochet (1973-1990). Depuis un soulèvement populaire est en place. Un entretien intéressant avec un manifestant dans Lundi matin pour comprendre le contexte général de ces énormes manifestations au Chili.
    • Colombie
      ColombieLa marcha de los estudiantes en Bogota termina con fuertes disturbios. Con disfraces, máscaras y catrinas, miles de estudiantes se movilizaron el jueves 31 de octubre desde diferentes puntos de Bogotá para defender, entre otros temas, la autonomía y el uso excesivo de la fuerza por parte de los uniformados en otras regiones.
    • Perú
      PerúAlumnos de la Universidad San Luis Gonzaga de Ica (UNICA) protagonizaron una batalla campal al interior y a las afueras de la casa de estudios, luego que un grupo de ellos intentara tomar el campus para hacer escuchar sus exigencias.
      De acuerdo a información brindada por algunos estudiantes, en una reunión llevada a cabo la mañana de este miércoles 11, un grupo acordó realizar la toma ya que se oponen a cambiar la tarifa social que se cobra por derecho a comedor universitario.
      Pero resulta que el motivo por el alza en el cobro en el comedor universitario no sería el único motivo de las protestas, sino que también una facción de alumnos exige la convocatoria de nuevas elecciones para lograr el cambio de gestión y la salida del rector Magallanes, a quien acusan de corrupción y malos manejos en la universidad.
    • República Dominicana
      SaintDomingueReclaman en Dominicana incremento del presupuesto de UASD
      Santo Domingo, 1 oct (Prensa Latina) Varias organizaciones de la Universidad Autónoma de Santo Domingo (UASD), reclamaron hoy en esta capital la entrega a ese centro del cinco por ciento del Presupuesto General que le corresponde.
      Los manifestantes repelen a pedradas a los efectivos policiales, quienes lanzan bombas lacrimógenas hacia los mismos.

  4. Asie
    • Hong Kong
      Youth has been very active in the Hong Kong’s protests of the last months. “The young have the most to lose since they will be the first generation under the Bill”. “We are just fighting for what we believe in”, explains a protester in the streets of this very specific Chinese island.
      Many Chinese students in Australia supporting Hong Kong and China to arrest the riot. Pro-China and pro-Hong Kong students clash at University of Queensland.
  5. Europe
    • Grèce
      Thousands of students marched against the new conservative government in Athens protesting the abolition of a law that banned Greek law enforcement from entering university grounds. Greece overturned the university sanctuary law in August.
  6. Proche Orient
    • Irak
      Dans un pays où plus de 60% de la population a moins de 25 ans, la jeunesse rejoint le mouvement de contestation et manifeste dans plusieurs villes du pays. Dans cet article du Monde du 28 octobre 2019, plusieurs témoignages d’étudiants appellent à la démission du gouvernement « Sans pays, pas d’école », rétorque un étudiant. « On veut que le gouvernement démissionne immédiatement, ils démissionnent ou on les dégage », lance-t-il.
    • Jordanie
      Après un accord sur les salaires, les enseignants suspendent leur grève.