Mobilisation massive des étudiants à Alger

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Mobilisation massive des étudiants à Alger

NewImageTandis que le peuple algérien se mobilise tous les vendredis depuis plus d’un mois pour appeler au retrait de la candidature du Président candidat pour un 5ème mandat et en finir avec le système du FLN, les étudiants manifestent activement et passivement.

« Silmia silmia », « Algérie libre et démocratique », « Voleurs, vous avez bouffé le pays ! », « Dégage ! », « Nous sommes une République, pas une monarchie ! », « Le peuple ne veut ni Bouteflika ni Saïd », sont autant de slogans scandés par des milliers d’étudiantes et d’étudiants, comme le raconte le journal Liberté dans son édition du 27 février.

« Depuis que j’existe, je n’ai connu comme seul Président que Bouteflika. Il est temps qu’il parte ! » s’exclame, désabusé, Z. K., étudiant en 2e année de l’École polytechnique d’architecture et d’urbanisme (Epau). H .O., étudiant en 5e année de l’école, assez politisé, évoque quant à lui le fameux discours de l’ex-président américain, Barack Obama, exhortant, au lendemain de son premier mandat, les pouvoirs africains à se démocratiser. « Ce discours m’avait fait pleurer à l’époque », se rappelle-t-il, non sans une certaine amertume.

 Alors que le gouvernement a décidé d’avancer de 15 jours les vacances et de repousser par-là même la date du semestre d’un mois, les étudiants et les enseignants mobilisés sont décidés à poursuivre la lutte. « Nous allons continuer à occuper les campus », déclare Ceyla Benyahia, étudiante en fin de cycle à l’Epau, et membre actif du club estudiantin Nomad. « Nous nous attendions à une telle réponse de leur part, car nous sommes persuadés que les mouvements estudiantins leur font peur. Il est clair que cette manœuvre vise à vider les campus et les cités universitaires pour casser la dynamique en cours… À l’Epau, nous avons déjà prévu, pour cette semaine, des rencontres-débats pour décider des prochaines actions à envisager contre le cinquième mandat et pour le départ du régime ».

Si le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, a proposé le 26 mars l’application de l’article 102 de la Constitution qui consiste à organiser l’intérim en cas de démission du chef de l’État ou d’incapacité à assumer ses fonctions « pour cause de maladie grave et durable », tous les manifestants semblent bien décider quant à eux à faire jouer l’article 7 de la constitution : « Le peuple est la source de tout pouvoir. La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple ». 

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Coronavirus : la science ne marche pas dans l’urgence !

Je suis Bruno Canard, directeur de recherche CNRS à Aix-Marseille. Mon équipe travaille sur les virus à ARN (acide ribonucléique), dont font partie les coronavirus.

En 2002, notre jeune équipe travaillait sur la dengue, ce qui m’a valu d’être invité à une conférence internationale où il a été question des coronavirus, une grande famille de virus que je ne connaissais pas. C’est à ce moment-là, en 2003, qu’a émergé l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et que l’Union européenne a lancé des grands programmes de recherche pour essayer de ne pas être prise au dépourvu en cas d’émergence. La démarche est très simple : comment anticiper le comportement d’un virus que l’on ne connaît pas ? Eh bien, simplement en étudiant l’ensemble des virus connus pour disposer de connaissances transposables aux nouveaux virus, notamment sur leur mode de réplication. Cette recherche est incertaine, les résultats non planifiables, et elle prend beaucoup de temps, d’énergie, de patience. C’est une recherche fondamentale patiemment validée, sur des programmes de long terme, qui peuvent éventuellement avoir des débouchés thérapeutiques. Elle est aussi indépendante : c’est le meilleur vaccin contre un scandale Mediator-bis.

Dans mon équipe, nous avons participé à des réseaux collaboratifs européens, ce qui nous a conduits à trouver des résultats dès 2004. Mais, en recherche virale, en Europe comme en France, la tendance est plutôt à mettre le paquet en cas d’épidémie et, ensuite, on oublie. Dès 2006, l’intérêt des politiques pour le SARS-CoV avait disparu ; on ignorait s’il allait revenir. L’Europe s’est désengagée de ces grands projets d’anticipation au nom de la satisfaction du contribuable. Désormais, quand un virus émerge, on demande aux chercheur·ses de se mobiliser en urgence et de trouver une solution pour le lendemain. Avec des collègues belges et hollandais·es, nous avions envoyé il y a cinq ans deux lettres d’intention à la Commission européenne pour dire qu’il fallait anticiper. Entre ces deux courriers, Zika est apparu…

La science ne marche pas dans l’urgence et la réponse immédiate.

Avec mon équipe, nous avons continué à travailler sur les coronavirus, mais avec des financements maigres et dans des conditions de travail que l’on a vu peu à peu se dégrader. Quand il m’arrivait de me plaindre, on m’a souvent rétorqué : « Oui, mais vous, les chercheur·ses, ce que vous faites est utile pour la société… Et vous êtes passionnés ».

Et j’ai pensé à tous les dossiers que j’ai évalués.

J’ai pensé à tous les papiers que j’ai revus pour publication.

J’ai pensé au rapport annuel, au rapport à 2 ans, et au rapport à 4 ans.

Je me suis demandé si quelqu’un lisait mes rapports, et si cette même personne lisait aussi mes publications.

J’ai pensé aux deux congés maternité et aux deux congés maladie non remplacés dans notre équipe de 22 personnes.

J’ai pensé aux pots de départs, pour retraite ou promotion ailleurs, et aux postes perdus qui n’avaient pas été remplacés.

J’ai pensé aux 11 ans de CDD de Sophia, ingénieure de recherche, qui ne pouvait pas louer un appart sans CDI, ni faire un emprunt à la banque.

J’ai pensé au courage de Pedro, qui a démissionné de son poste CR1 au CNRS pour aller faire de l’agriculture bio.

J’ai pensé aux dizaines de milliers d’euros que j’ai avancés de ma poche pour m’inscrire à des congrès internationaux très coûteux.

Je me suis souvenu d’avoir mangé une pomme et un sandwich en dehors du congrès pendant que nos collègues de l’industrie pharmaceutique allaient au banquet.

J’ai pensé au Crédit Impôt Recherche, passé de 1.5 milliards à 6 milliards annuels (soit deux fois le budget du CNRS) sous la présidence Sarkozy.

J’ai pensé au Président Hollande, puis au Président Macron qui ont continué sciemment ce hold-up qui fait que je passe mon temps à écrire des projets ANR.

J’ai pensé à tou·tes mes collègues à qui l’on fait gérer la pénurie issue du hold-up.

J’ai pensé à tous les projets ANR que j’ai écrits, et qui n’ont pas été sélectionnés.

J’ai pensé à ce projet ANR Franco-Allemand, qui n’a eu aucune critique négative, mais dont l’évaluation a tellement duré qu’on m’a dit de la re-déposer telle quelle un an après, et qu’on m’a finalement refusé faute de crédits.

J’ai pensé à l’appel Flash de l’ANR sur le coronavirus, qui vient juste d’être publié.

J’ai pensé que je pourrais arrêter d’écrire des projets ANR.

Mais j’ai pensé ensuite aux précaires qui travaillent sur ces projets dans notre équipe.

J’ai pensé que dans tout ça, je n’avais plus le temps de faire de la recherche comme je le souhaitais, ce pour quoi j’avais signé.

J’ai pensé que nous avions momentanément perdu la partie.

Je me suis demandé si tout cela était vraiment utile pour la société, et si j’étais toujours passionné par ce métier ?

Je me suis souvent demandé si j’allais changer pour un boulot inintéressant, nuisible pour la société et pour lequel on me paierait cher ?

Non, en fait.

J’espère par ma voix avoir fait entendre la colère légitime très présente dans le milieu universitaire et de la recherche publique en général.

Première publication, 4 mars 2020 sur
UNIVERSITÉ OUVERTE

Manifiesto “La universidad pública con las necesidades sociales: docencia y ciencia con conciencia ciudadana”

 

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Manifiesto “La universidad pública con las necesidades sociales: docencia y ciencia con conciencia ciudadana”

La investigación científica nos permite comprender la relación entre las personas y su medio natural, las dinámicas estructurales de igualdad o desigualdad de las sociedades en las que viven y los procesos históricos que les han originado. Nos proporciona saberes teóricos e instrumentos tecnológicos para intervenir sobre los problemas que asolan nuestro medio ambiente y nuestra realidad social. En las universidades públicas la investigación científica complementa a la actividad docente y ambas deben contribuir a la libertad y el bienestar colectivo de las sociedades que las sostienen. Desde dicho compromiso y ante la gravedad de la crisis civilizatoria que la pandemia del coronavirus está acelerando los promotores de este manifiesto miembros de la Universidad de Valencia, nos sentimos en la obligación de trasladar a la sociedad las siguientes consideraciones: 

  1. La evidencia científica es una condición necesaria pero no suficiente para transformar, en un sentido progresista, la realidad social. La excelencia de la investigación científica en las universidades públicas es inseparable de su conciencia ciudadana y de la capacidad de promover la participación ciuadana en la decisión sobre los fines y los usos sociales de la ciencia. En este sentido es necesario recorder, como ha señalado entre otros Richard Horton, editor de la prestigiosa revista científica The Lancet, que en los últimos años, las principales conclusiones de las investigaciones en el ámbito de la salud pública y la epidemiología advirtieron reiteradamente del riesgo de la pandemia actual; constataron que nuestras sociedades no estaban preparadas para afrontar dicho riego y, en consecuencia, instaron a los gobiernos a tomar medidas urgentes para paliar sus futuras consecuencias. Sin embargo, tal y como está ocurriendo desde hace décadas con las recomendaciones de las investigaciones sobre la crisis ecológica y el cambio climático, tales advertencias no sólo se ignoraron sino que incluso en determinados países como el nuestro dieron lugar a políticas sociales que, mediante los recortes del gasto público y las privatizaciones, han deteriorado todavía más los servicios y las infraestructuras públicas. La ciencia sin conciencia ciudadana es sólo otro tipo de negocio mercantil. 
  2. En la última década, dichos recortes también han deteriorado gravemente las universidades públicas españolas. Han precarizado las condiciones laborales de sus trabajadoras y trabajadores más vulnerables; han descuidado su formación y han asumido, con muy pocas críticas, el modelo neoliberal de la rentabilidad mercantil en la investigación en la gestión administrativa. El COVID-19 ha llegado a una universidad publica cada vez menos pública, cada vez más sometida a criterios de mera rentabilidad, y cada vez menos democrática. Nuestro confinamiento de hoy acentúa y hace más visibles las carencias de este modelo de universidad mercantil que ya había confinado en sus despachos a amplios sectores del PDI, que los había enclaustrado, desorientado y alejado de cualquier sentido de comunidad universitaria y de compromiso colectivo. Frente al ‘sentido común neoliberal’ que nos ha invadido es necesario repetir lo obvio: las universidades públicas no son empresas económicas. Es necesario abandonar este modelo. Es necesario regresar a una universidad pública comprometida con la transformación progresista de la sociedad que la financia. 
  3. Desde las consideraciones anteriores y ante la gravedad de la crisis civilizatoria que está precipitando la pandemia del Coronavirus es imprescindible poner nuestros recursos docentes e investigadores al servicio de las demandas de la ciudadanía. Nuestra investigación científica conocimientos y nuestros saberes aplicados han de estar a disposición de las necesidades concretas que está situación extraordinaria está provocando en la sociedad valenciana. Para ello, es imprescindible que las universidades públicas habiliten recursos telemáticos y procedimientos de información y comunicación propios con la sociedad valenciana que les permitan, en primer lugar, escuchar y recoger dichas demandas, sanitarias, sociales, psicológicas y humanas y, en función de sus propios recursos, darles respuesta. 

Por último, entre la atmósfera de incertidumbres, temores y esperanzas que nos envuelve estos días se abre paso una certeza: cuando termine nuestro confinamiento no vamos a regresar al mismo mundo. De nosotras y nosotros depende, desde hoy mismo, que la conmoción que atravesamos abra el camino hacia una universidad pública que mejore en capacidad docente e investigadora y, también, en conciencia ciudadana y en compromiso con la transformación social. 

Valencia, Abril 2020

Promueven este manifiesto: firman este manifiesto enviando un mail a
jose.m.rodriguez@uv.es

Après Marseille, retrouvons-nous à Rome les 24 et 25 juin 2020 !

Valeria Pinto, membre de l’IDST, a lancé en compagnie d’autres universitaires un appel intitulé « Désintoxiquons-nous. Le Savoir pour le futur », déjà soutenu par plus de 1300 signataires.

L’un des objectifs de cet appel est d’organiser une rencontre à Rome les 24 et 25 juin 2020, au moment même où se tiendra dans la capitale italienne une énième conférence ministérielle liée au processus de Bologne. Évoquée lors de notre congrès de Marseille en novembre dernier, cette rencontre sera l’occasion d’élargir le front de contestation et de résistance aux politiques néolibérales de formation et de recherche et de penser une nouvelle politique de la connaissance, celle des savoirs de tous, par tous, et pour tous.

De nombreux contacts, en Europe et dans le monde, sont en cours et la rencontre promet d’être belle et galvanisante !

N’hésitez donc pas à vous joindre à cet appel, publié ici en italien, anglais, allemand, espagnol et français, en envoyant un courriel à l’adresse indiquée au bas de l’appel.

La Rédaction du blog

Valeria Pinto, member of the International of Knowledge for All (IKA), together with other academics, launched a call entitled "Let's detoxify ourselves. Knowledge for the future", already supported by more than 1300 signatories.

One of the objectives of this call is to organize a meeting in Rome on 24 and 25 June 2020, at the same time as the umpteenth ministerial conference linked to the Bologna process will be held in the Italian capital. Evoked during our congress in Marseille last November, this meeting will be an opportunity to broaden the front of protest and resistance to neo-liberal education and research policies and to think about a new knowledge policy, that of a society of knowledge from all, by all, and for all.

Many contacts, in Europe and in the world, are underway and the meeting promises to be beautiful and galvanizing!

So do not hesitate to join this call, published here in Italian, English, German, Spanish and French, by sending an email to the address at the bottom of the call.

Blog Editorial Team

Valeria Pinto, Mitglied des « Internationales Netzwerk Wissen für Alle » (INWA), hat zusammen mit anderen Akademikern einen Aufruf mit dem Titel “Entgiften wir uns – Wissen für die Zukunft” , das bereits von mehr als 1300 Unterzeichnern unterstützt wird.

Eines der Ziele dieses Aufrufs ist die Organisation eines Treffens in Rom am 24. und 25. Juni 2020, zeitgleich mit der x-ten Ministerkonferenz im Zusammenhang mit dem Bologna-Prozess, die in der italienischen Hauptstadt stattfinden wird. Dieses Treffen, das auf unserem Kongress in Marseille im vergangenen November ins Leben gerufen wurde, bietet die Gelegenheit, die Front des Protests und Widerstands gegen die neoliberale Bildungs- und Forschungspolitik zu erweitern und über eine neue Wissenspolitik nachzudenken, die des Wissens für alle, von allen und für alle.

Viele Kontakte, in Europa und in der Welt, sind im Gange, und das Treffen verspricht, schön und aufregend zu werden!

Zögern Sie also nicht, sich diesem Aufruf, der hier in Italienisch, Deutsch, Englisch, Spanisch und Französisch, indem Sie eine E-Mail an die am Ende des Aufrufs angegebene Adresse senden.

Blogredaktion

Valeria Pinto, miembro de la IDST, junto con otros académicos, lanzó un llamamiento titulado "Desintoxiquémonos". Conocimiento para el futuro", ya apoyado por más de 1300 firmantes.

Uno de los objetivos de esta convocatoria es organizar una reunión en Roma los días 24 y 25 de junio de 2020, al mismo tiempo que se celebrará en la capital italiana la enésima conferencia ministerial vinculada al proceso de Bolonia. Evocada en nuestro congreso de Marsella el pasado mes de noviembre, esta reunión será una oportunidad para ampliar el frente de protesta y resistencia a las políticas neoliberales de educación e investigación y para pensar en una nueva política del conocimiento, la del conocimiento de todos, por todos y para todos.

Muchos contactos, en Europa y en el mundo, están en marcha y el encuentro promete ser hermoso y galvanizador!

Así que no duden en unirse a esta llamada, publicada aquí en italiano, inglés, alemán, francés y español, enviando un correo electrónico a la dirección que aparece al final de la llamada.

La redacción del blog

Valeria Pinto, membro dell’ L'Internazionale della Conoscenza per Tutti (ICT), ha lanciato, insieme ad altri universitari, un appello dal titolo “Disintossichiamoci. Sapere per il futuro”, già sostenuto da più di 1300 firmatari.

Uno degli obiettivi di questo appello è l’organizzazione di un incontro a Roma, il 24 e il 25 giugno 2020, in concomitanza con la prossima conferenza ministeriale del processo di Bologna. Già evocato durante il nostro congresso di Marsiglia dello scorso novembre, questo incontro costituirà l’occasione di estendere il fronte della contestazione e della resistenza alle politiche neoliberali della formazione e della ricerca, e di pensare una nuova politica della conoscenza, quella dei saperi di tutti, per tutti, a opera di tutti.

La rete internazionale di contatti si sta sviluppando in Europa e nel mondo, e l’incontro di Roma si annuncia bello e galvanizzante!

Non esitate dunque à sostenere questo appello, qui pubblicato in italiano, inglese, tedesco, spagnolo e francese, inviando una mail all’indirizzo indicato in calce all’appello.

La redazione del blog

Désintoxiquons-nous – Le Savoir pour le futur

« Economics are the methods. The object is to change the soul ». Se référant aux politiques de la connaissance, de l’éducation et de la recherche (mais pas seulement), cette formule de Margaret Thatcher résume bien le processus qui a caractérisé les dernières décennies.

La méthode économique, la pénurie comme condition normale, à la limite de survie ou en dessous, est visible par tous. L’objectif est moins visible. Le changement des âmes est si profond que nous ne remarquons même plus la destruction qui se produit autour de nous et à travers nous : le paradoxe de la fin — dans la « société de la connaissance » — d’un monde consacré aux choses de la connaissance. Même l’oreille s’est habituée à une dévastation linguistique programmatique, où un jargon technico-managérial et bureaucratique appauvri répète des expressions ayant valeur opératoire précise, qui semble cependant difficile à saisir : amélioration de la qualité, excellence, compétence, transparence, produits de la recherche, offre d’enseignement... Et autonomie, c’est-à- dire — selon les mots de Thomas Piketty — l’imposture qui a lancé le processus de destruction du modèle européen d’université. Une destruction qui a pris comme prétexte rhétorique certains maux — réels ou non — de l’ancienne université, mais bien sûr sans y remédier, car le but visé n’était pas celui-là.

Trente ans après l’introduction de l’autonomie, justement, et vingt ans après le processus de Bologne, dix ans après la « loi Gelmini », la littérature critique sur cette destruction est sans limite. La recherche et l’enseignement — c’est un fait, et pourtant il semble tabou de le rendre explicite — ne sont plus libres depuis longtemps. Soumise à une pression insensée pour « produire » de plus en plus chaque année (en Italie : VQR, ASN, etc.), la recherche est en proie à une véritable bulle de titres, qui transforme de plus en plus les déjà exemplaires publish or perish en rubbish or perish. Dans le même temps, la pression continue à « délivrer » une formation entièrement adaptée aux exigences du monde productiviste. La modernisation qui a arraché de manière programmatique l’université à la « tour d’ivoire » – la rendant « responsive », « service university » — n’a signifié rien de plus que la voie, la « troisième voie », vers le monde des intérêts privés. Vidées de leur valeur, l’éducation et la recherche sont évaluées, c’est-à-dire « valorisées » par le marché et le quasi- marché de l’évaluation, qui, dans sa meilleure forme institutionnelle, ne sert qu’à « favoriser (...) l’effet du contrôle social et le développement de logiques de marché positives » (CRUI 2001).

C’est précisément grâce à l’imposition de ces logiques de marché que la liberté de recherche et d’enseignement – bien que protégée par l’article 33 de la Constitution – est réduite désormais à la liberté d’entreprendre. Le modèle auquel elle est tenue de se soumettre est un régime de production de connaissances utiles (utiles d’abord pour accroître le profit privé), qui commande les méthodes, les temps et les lieux de cette production, selon un management autoritaire qui va jusqu’à exproprier les chercheurs et les universitaires de leur propre faculté de jugement, désormais soumis à des critères sans justification interne mais vendus comme étant objectifs. Ce sont des chiffres et des mesures qui, comme chacun sait, n’ont rien de scientifique et ne garantissent rien en termes de valeur et de qualité de la connaissance. Définir des pourcentages d’excellence et d’inacceptabilité, diviser avec des médianes ou prescrire des seuils, trier les revues en classements, les diviser selon le ranking, tout cela, tout comme pratiquer le contrôle les plus vexatoires sous forme de certifications, d’accréditations, de rapports, de révisions, etc., a une seule fonction : la mise en concurrence forcée des individus, des groupes ou des institutions au sein de la seule réalité à laquelle nous attribuons aujourd’hui un titre pour établir des valeurs, c’est-à-dire le marché, en l’occurrence le marché mondial de l’éducation et de la recherche, qui est une invention récente.

Là où les marchés n’existaient pas traditionnellement (éducation et recherche, mais aussi santé, sécurité, etc.), l’impératif était de les créer ou d’en simuler leur existence. La logique du marché concurrentiel s’est imposée comme un véritable commandement éthique, s’y opposer a signifié, pour les quelques personnes qui l’ont essayé, devoir se défendre contre les accusations d’inefficacité, d’irresponsabilité, de gaspillage de l’argent public, de défense des privilèges corporatistes et de castes. Le laissez-faire n’a pour autant pas triomphé : un « evaluative State » policier a opéré pour que cette logique soit intériorisée dans la conduite des études et des recherches, opérant une véritable déprofessionnalisation, qui a transformé les universitaires engagés dans leurs recherches en entrepreneurial researchers selon les diktats de la corporate university. Pour les gratifier, une précarité économique et existentielle qui se décline avec le nom d’excellence, le cadre aujourd’hui fonctionnel à un « darwinisme compétitif » explicitement théorisé et, grâce aussi à la couverture morale offerte par l’idéologie du mérite, rendu par abus de langage « normal ».

Beaucoup de gens pensent aujourd’hui que ce modèle de gestion des connaissances est toxique et non durable à long terme. Les dispositifs de mesure des performances et d’évaluation convertissent la recherche scientifique (le fait de demander pour savoir) en recherche d’un avantage concurrentiel (demander pour obtenir), mettant en danger la signification et le rôle de la connaissance pour la société. De plus en plus souvent aujourd’hui, les chercheurs écrivent et font des recherches pour atteindre un seuil de productivité plutôt que pour ajouter des connaissances à l’humanité : « Jamais auparavant dans l’histoire de l’humanité, autant de personnes ont écrit autant malgré ils aient si peu à dire à si peu de monde » (Alvesson et al., 2017). Ainsi, la recherche est fatalement condamnée à ne pas être pertinente, ce qui a pour effet de dissiper la reconnaissance sociale dont elle a bénéficié jusqu’à présent et de générer une profonde crise de confiance. Le temps est venu de procéder à un changement radical si l’on veut éviter l’implosion du système de la connaissance dans son ensemble. La bureaucratisation de la recherche et la managérialisation de l’enseignement supérieur risquent de devenir le Tchernobyl de notre modèle d’organisation sociale.

Ce dont on a besoin aujourd’hui, c’est réaffirmer les principes qui protègent le droit de l’ensemble de la société à un savoir, un enseignement et une recherche libres — afin de protéger le tissu même de la démocratie — et, pour cette raison, protéger ceux qui se consacrent à la connaissance. Ce qu’il faut, c’est un choix de domaine, capable de distinguer d’en bas ce qui résiste en tant que force critique, la capacité à discriminer, à distinguer ce qui ne peut plus être tenu ensemble : partage et excellence, liberté de recherche et néo-évaluation, formation de qualité et fourniture rapide de main- d’œuvre bon marché, libre accès à la connaissance et monopoles du marché.

Nous devons marquer un certain nombre d’étapes pour œuvrer dans ce sens.

S’il y a une adhésion préliminaire suffisante — disons en termes symboliques 100 personnes au début — nous organiserons bientôt une réunion pour réfléchir à des politiques radicalement alternatives en termes d’évaluation, de calendrier et de formes de production des connaissances.

Dans ce sens, nous organisons en juin une initiative qui coïncidera avec la prochaine conférence ministérielle du processus de Bologne, qui se tiendra cette année à Rome, afin de faire progresser avec force – en collaboration avec d’autres mouvements européens de chercheurs et d’universitaires (des contacts en ce sens sont déjà pris) – une refonte des politiques de la connaissance.

Valeria Pinto – Davide Borrelli – Maria Chiara Pievatolo – Federico Bertoni + 1300
https://www.roars.it/online/piu-1-000-firme-disintossichiamoci-un-appello-per-ripensare-le-politiche-della-conoscenza/

Pour adhérer : sapereperilfuturo@gmail.com en précisant l’institution d’affiliation.

Traduction française de Cristina del Biaggio
https://academia.hypotheses.org/16015

Let’s detoxify ourselves – Knowledge for the Future

"Economics are the methods. The object is to change the soul". Margaret Thatcher’s formula sums up well the process that characterized the policies of knowledge, education and research (but not only) in the last decades.

The economic method, the shortage as a normal condition, at the survival limit or below it, is visible to everyone. Also clearly visible, together with the financial one, is the bureaucratic strangulation. Less visible is the target. So deep is the change of our soul that we no longer even notice the destruction that has taken place around and through us: the paradox of the end - inside the "knowledge society" - of a world dedicated to the things of knowledge. Our very hearing has become accustomed to a programmatic linguistic devastation, where an impoverished technical-managerial and bureaucratic jargon reiterates expressions having a precise operational value, which however seems to be difficult to grasp: quality improvement, excellence, competence, transparency, research products, teaching provision... And autonomy, or - to take up Thomas Piketty's words - the imposture that initiated the process of destruction of the European university model. A destruction that has taken as a rhetorical pretext some faults - real and not - of the old university, but of course without remedying them, because its goal was not this one but another one.

Thirty years since the introduction of “autonomy”, twenty since the Bologna process, ten since the "Gelmini Act" (in Italy), the critical literature about this destruction is boundless. Research and teaching - it is a fact, although making it explicit seems a taboo - are no longer free. Research, subjected to senseless pressure that pushes us to "produce" more every year, with every turn more (in Italy VQR, ASN etc.), is in the grip of a real bubble of titles, which transforms an already fatal "publish or perish" into a "rubbish or perish". At the same time, pressure is exerted to "deliver" an education entirely modeled on the demands of the productive world. The modernization that programmatically tore the university away from every "ivory tower" - making it "responsive", "service university" - meant nothing but the way, the "third way", to the world of private interests. Emptied of their value, education and research are evaluated, that is to say "valued", through the market and the quasi-market of evaluation, which, in its best institutional capacity, serves only to "favor (...) the effect of social control and the development of positive market logic "(CRUI 2001).

Due to the imposition of this market logic, the freedom of research and teaching - although protected by art. 33 of the Italian Constitution - is now reduced to freedom of enterprise, submitted to a regime of production of useful knowledge (useful above all to increase private profit), which controls the ways, times and places of this production. An authoritarian management expropriates researchers and scholars of their own faculty of judgment. Criteria deprived from internal justification are smuggled as objective ones: numbers and measures that, everyone knows, have no scientific basis and do not guarantee in any respect the value and quality of knowledge. Pre-defining percentages of excellence and unacceptability, dividing with medians or prescribing thresholds, sorting in rankings, dividing magazines into ratings, all this, together with the most vexatious control practices in the form of certifications, accreditations, reports, reviews, etc., has only one function: the forced competition of individuals, groups or institutions within the only reality to which today the title to establish values is attributed, that is the market, in this case the global market of education and research, which it is a completely recent invention.

As a matter of fact, where traditionally the markets did not exist (education and research, but also health, safety and so on) the imperative was to create them or simulate their existence. The logic of the competitive market has established itself as a real ethical command, opposing which has meant, for the few who have tried it, having to defend themselves from accusations of inefficiency, irresponsibility, waste of public money, defense of corporate and caste privileges. Far from the triumph of laissez faire: a police “evaluative state” has worked to ensure that this logic is internalized in normal study and research practices, operating a real de-professionalisation, which has transformed scholars engaged in their research into compliant entrepreneurial researcher, obedient to the diktats of the corporate university. To gratify them they are offered an economic and existential precariousness that goes under the name of excellence: the functional framework to a "competitive Darwinism" that is explicitly theorized and, also thanks to the moral coverage offered by the ideology of merit, forcedly made normal.

Many now believe that this knowledge management model is toxic and unsustainable in the long term. The performance measurement and reward evaluation devices convert scientific research (asking for knowledge) into the search for competitive advantages (asking for obtaining), thus jeopardizing the meaning and role of knowledge for society. More and more today we write and do research to reach a productivity threshold rather than to add knowledge to humanity: "never before in the history of humanity have so many written so much despite having so little to say to so few" (Alvesson et al., 2017). In this way, research is fatally condemned to irrelevance, dispelling the social appreciation it has enjoyed so far and generating a deep crisis of trust. The time has come for a radical change if we want to avoid the implosion of the knowledge system as a whole. The bureaucratization of research and the managerialization of higher education risk becoming the Chernobyl of our model of social organization.

What is needed today is to reaffirm the principles that protect the right of all society to have free knowledge, teaching, research - to protect, that is, the very stuff of which a democracy is made - and for this reason to protect those who dedicate themselves to knowledge. A standpoint is needed to bring together what resists as a critical force, as the ability to discriminate, distinguish what cannot be held together: sharing and excellence, freedom of research and new evaluation, good higher education and rapid supply of low-cost workforce, free access to knowledge and market monopolies.

In this direction some stages are outlined.

The first one is an assessment of the actual existence and consistency of our field. A project cannot move forward unless a minimum mass of people willing to commit to it is reached. If there is an adequate preliminary adhesion - let's say 100 people in symbolic terms - we organize a meeting to discuss alternative policies about evaluation, times and forms of knowledge production, recruitment and organization.

Looking ahead, we carry out an initiative in June, concomitant with the next ministerial conference of the Bologna process, which will be held in Rome this year, with the aim of demanding - in conjunction with other European movements of researchers and scholars - a radical rethinking of knowledge policies.

Valeria Pinto Davide Borrelli Maria Chiara Pievatolo Federico Bertoni + 1300
https://www.roars.it/online/piu-1-000-firme-disintossichiamoci-un-appello-per-ripensare-le-politiche-della-conoscenza/

to join: sapereperilfuturo@gmail.com specifying the university you belong to.

Entgiften wir uns – Wissen für die Zukunft

“Economics are the methods. The object is to change the soul”. Diese Formel Margaret Thatchers spiegelt den Prozess der letzten Jahrzehnte im Bereich der Wissens-, der Bildungs-, und Forschungspolitik (wenn auch nicht nur in diesen Bereichen) gut wider.

Die Sparmethode, der Mangel als Normalzustand, der an oder unter der Überlebensgrenze liegt, ist sichtbar für alle. Ebenso sichtbar ist außer der finanziellen auch die bürokratische Strangulierung. Weniger sichtbar ist das Ziel. Unsere Gemüter haben sich derart verändert, dass wir nicht einmal mehr bemerken, was um uns herum und durch uns zerstört worden ist: das Paradox, dass eine dem Wissen gewidmete Welt – in einer Wissensgesellschaft – ihrem Ende zugeht. Auch das Ohr hat sich an eine programmatische Sprachverwüstung gewöhnt, wo der verarmte verwaltungstechnisch- bürokratische Jargon immer wieder auf eine Ausdrucksweise zurückgreift, die eine präzise operative Valenz hat, aber dennoch schwer zu fassen scheint: Qualitätssteigerung, Exzellenz, Kompetenz, Transparenz, Forschungsprodukte, Erteilung von Lehrinhalten... Und Autonomie, bzw. – um mit den Worten Thomas Pikettys zu sprechen – der Schwindel, der die Zerstörung des europäischen Universitätsmodells in Gang gesetzt hat. Eine Zerstörung, die gewisse – mehr oder weniger tatsächliche – Missstände der alten Universität rhetorisch zum Vorwand nahm, natürlich ohne sie abzuschaffen, denn nicht dies, sondern anderes war ihr Ziel.

Dreißig Jahre nach der Einführung der Autonomie, zwanzig Jahre nach dem Bologna-Prozess, zehn Jahre nach dem [in Italien] „Gelmini Gesetz“ gibt es eine unendliche Fülle von kritischen Abhandlungen zu diesem Thema. Lehre und Forschung sind seit langem nicht mehr frei – das ist eine Tatsache, aber es ist tabu, darüber zu sprechen. Es wird ein sinnloser Druck auf die Forschung ausgeübt, der sie dazu antreibt, jedes Jahr, bei jeder Runde (in Italien VQR, ASN, etc.) mehr zu „produzieren“. Die Forschung geht in einer regelrechten Titelflut unter, und das an sich schon letale publish or perish ist zu einem rubbish or perishgeworden. Gleichzeitig nimmt der Druck zu, eine Bildung zu „erteilen“, die gänzlich auf die Bedürfnisse der Wirtschaft abgestellt ist. Die Modernisierung, die die Universität programmatisch aus jedem „Elfenbeinturm“ gezerrt hat und sie „responsive“ und zur „service university“ machte, war nichts anderes als das Bemühen, einen Weg – den „dritten Weg“ – in die Welt der Privatinteressen einzuschlagen. Lehre und Forschung, ihrer Werte entleert, werden bewertet, besser „aufgewertet“ durch den Markt und den Quasi-Markt der Evaluierung, der in seiner besten institutionellen Form zu nichts weiter dient, als „den sozialen Kontrolleffekt und die Entwicklung einer positiven Marktlogik zu fördern“ (CRUI [Italienische Rektorenkonferenz], 2001).

Gerade weil diese Marktlogik sich durchgesetzt hat, ist die Freiheit von Lehre und Forschung (die zwar durch Art. 33 der Italienischen Verfassung garantiert ist) inzwischen zur Unternehmensfreiheit geworden. Das Modell, dem sie sich anpassen soll, ist ein Regime, das von ihr verlangt, nützliche (vor allem dem privaten Profit nützliche) Kenntnisse zu vermitteln und das in einem autoritären Management vorschreibt, wie, wann und wo dies zu geschehen hat. Auf diese Weise wird den Forschenden und Studierenden ihr eigenes Urteilsvermögen abgesprochen und angeblich objektiven Kriterien unterworfen, die keine innere Rechtfertigung haben. Es handelt sich um Zahlen und Maßnahmen, die, wie jeder weiß, nichts Wissenschaftliches haben und keinerlei Garantie für Wert und Qualität des Wissens bieten. Es werden Prozentsätze der Exzellenz und der Zurückstufung vorgegeben, Aufspaltungen über Mittelwerte vorgenommen, Schwellen gesetzt und Klassifizierungen eingerichtet, die Zeitschriften unterliegen einem Rating-System, es gibt die verschiedensten schikanösen Kontrollformen, wie Zertifizierungen, Akkreditierungsverfahren, Rechenschaftspflicht, Überprüfungen, Revisionen usw., und all das hat nur die eine Funktion, und zwar eine Konkurrenz zu erzwingen zwischen den Individuen, Gruppen oder Institutionen, die auf dem einzigen Gebiet tätig sind, dem heute das Recht zugesprochen wird, Werte zu bestimmen, nämlich dem Markt, in unserem Fall dem globalen Bildungs- und Forschungsmarkt, der eine Erfindung der allerjüngsten Zeit ist.

Dort, wo nämlich traditionsgemäß kein Markt vorhanden war (Bildung, Forschung, aber auch Gesundheits- sowie Sicherheitswesen und ähnliches) lautete der Imperativ, einen solchen zu schaffen oder dessen Existenz vorzutäuschen. Die Marktlogik der Konkurrenz hat sich geradezu als ethisches Gebot etabliert, dem sich zu widersetzen für die wenigen, die es gewagt haben, bedeutete, dass man ihnen Ineffizienz, Unverantwortlichkeit, Verschwendung öffentlicher Gelder und die Inanspruchnahme von korporativen und Kastenprivilegien zum Vorwurf machte. Das ist alles andere als ein Siegeszug des laissez faire: ein polizeiähnlicher „evaluative State“ hat darauf hingewirkt, dass diese Logik in allen normalen Studien- und Forschungstätigkeiten verinnerlicht wurde und dass eine regelrechte Ent-Professionalisierung stattfand, die aus engagierten Forschern entrepreneurial researcher machte, die mit den Vorgaben der corporate universitykonform gingen. Die Gegenleistung besteht in einer wirtschaftlichen und existenziellen Prekarität, die unter dem Namen Exzellenz läuft, und den funktionellen Rahmen für ein „darwinistisches Konkurrenzsystem“ bildet, das ausdrücklich theoretisch untermauert, auch dank der moralischen Stützung durch die Meritokratie notgedrungen zur Normalität wurde.

Dieses Verwaltungsmodell des Wissens wird von vielen als Gift gesehen und auf lange Sicht als unhaltbar beurteilt. Die Verfahren der Leistungsmessung und Prämierung gestalten die wissenschaftliche Forschung (das Fragen, um zu wissen) in die Suche nach Wettbewerbsvorteilen um (das Fragen, um zu bekommen), bis wir so weit sind, dass der Sinn und die Rolle des Wissens für die Gesellschaft aufs Spiel gesetzt werden. Immer öfter wird heutzutage geschrieben und geforscht, um eine Produktivitätsschwelle zu erreichen, statt vielmehr die Menschheit um Kenntnisse zu bereichern: „Nie zuvor in der Geschichte haben so viele Menschen so viel geschrieben, obwohl sie so wenig zu sagen haben“ (Alvesson u.a., 2017). Auf diese fatale Weise wird die Forschung zur Bedeutungslosigkeit verurteilt, die soziale Anerkennung, die sie bisher genossen hat, geht verloren und macht einer tiefen Vertrauenskrise Platz. Der Moment einer radikalen Wende ist gekommen, wenn die Implosion des Wissenssystems in seiner Gesamtheit verhindert werden soll. Die Bürokratisierung der Forschung und die „Managerisierung“ der höheren Ausbildungsgänge laufen die Gefahr, zum Tschernobyl unseres Gesellschaftsmodells zu werden.

Was es heute braucht, ist die Besinnung auf die Grundsätze, die der gesamten Gesellschaft das Recht auf Wissen, auf Unterricht und auf freie Forschung garantieren, die also für das Wesen selbst der Demokratie und damit für diejenigen bürgen, die sich dem Wissen widmen. Es gilt, Partei zu ergreifen, damit von der Basis her das gerettet wird, was an Kritik- und Unterscheidungsfähigkeit übrig geblieben ist und das zu erkennen, was nicht zusammengehalten werden kann: Gemeinsamkeit und Exzellenz, freie Forschung und Neoevaluierung, gute Ausbildung und schnelle Versorgung mit billiger Arbeitskraft, freier Zugang zum Wissen und Marktmonopole.

In dieser Richtung lassen sich einige Zwischenziele ausmachen.

Das erste ist, sich darüber klarzuwerden, wie viele wir tatsächlich sind. Man kann kein Projekt vorantreiben, wenn es nicht eine Mindestzahl von Personen gibt, die bereit sind, sich zu engagieren. Wenn sich im Vorfeld eine angemessene Gruppe unseren Vorstellungen anschließt, sagen wir für den Anfang symbolisch 100 Personen, organisieren wir kurzfristig ein Treffen, um über Verfahren zu diskutieren, die in Hinsicht auf Evaluierung, Zeiten und Formen der Wissensproduktion, Rekrutierung und Organisation eine radikale Wende darstellen.

Vorausschau: für Juni ist eine Initiative geplant, die gleichzeitig mit der nächsten Ministerialkonferenz zum Bologna-Prozess stattfindet, die dieses Jahr in Rom tagen soll. Unser Ziel ist, gemeinsam mit anderen europäischen Bewegungen von Forschern und Studierenden (die entsprechenden Kontakte bestehen bereits) ein Umdenken in der Wissenspolitik zu bewirken.

Valeria Pinto - Davide Borrelli - Maria Chiara Pievatolo - Federico Bertoni + 1300
https://www.roars.it/online/piu-1-000-firme-disintossichiamoci-un-appello-per-ripensare-le-politiche-della-conoscenza/

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Wir danken Maria Böhmer und Daniel Elon für die Übersetzung

Desintoxiquémonos – Un saber para el futuro

“Economics are the methods. Theobjectistochangethesoul”. Esta frase de Margaret Thatcher resume bien el proceso que se ha producido en estas últimas décadas en el terreno de las políticas educativas, universitarias y de investigación (aunque no únicamente en estos terrenos).

El método económico, -que propugna la escasez como norma, casi al límite de la condición de supervivencia- es algo conocido por todos. También lo es la asfixia burocrática y financiera. Sin embargo, el objetivo que cumplen estos procesos no resulta tan evidente. El cambio en las conductas es tan profundo que ya no nos damos cuenta ni siquiera de la destrucción que se ha producido en nuestro entorno y en nosotros mismos. Vivimos, paradójicamente, en un mundo donde declina el conocimiento, justo en una época que llamamos “sociedad del conocimiento”. Incluso nuestros oídos se han acostumbrado a una sistemática devastación lingüística, en la cual una empobrecedora jerga de gestión burocrática reitera expresiones con un supuesto valor operativo cuyo sentido, sin embargo, es difícil de entender: mejora de la calidad, excelencia, competencia, transparencia, producción de investigación, gestión de la didáctica…y autonomía, o –por retomar las palabras de Thomas Piketty: la impostura ha emprendido el proceso de destrucción del modelo europeo de universidad. Una destrucción que ha tomado como excusa la solución de ciertos problemas –reales o no- de la vieja universidad, pero no para solucionarlos, ya que no era este su objetivo, sino otro bien distinto.

Casi a treinta años de la introducción de la autonomía universitaria, a veinte del proceso de Bolonia, a diez de la “Ley Gelmini”, se ha escrito un sinfín de literatura crítica sobre este proceso de destrucción. Es un hecho evidente, aunque parece tabú mencionarlo, que la libertad docente e investigadora han entrado en declive desde hace un tiempo. Sometida a una insensata presión (por parte de las agencias de calidad y evaluación de la investigación) que apremia a “producir” cada año más, cada vez más, la investigación está atrapada en una verdadera burbuja de publicaciones que transforma el ya fatídico publishorperish en un ulterior rubbishorperish. Al mismo tiempo, continúa la presión de “administrar” una formación totalmente ajustada a las demandas del mundo empresarial.

El programa sistemático de modernización que ha bajado a la universidad de su torre de marfil –convirtiéndola en “responsive”, "service university”- no ha significado otra cosa que la vía, la “tercera vía”, que la encamina a satisfacer los intereses del sector privado. Vaciadas de su valor, la enseñanza y la docencia son valoradas, podría decirse “valorizadas”, mediante el mercado y el cuasi-mercado de la evaluación, que, con sus mejores ropajes institucionales no sirve para otra cosa que para “favorecer el efecto de control social y de desarrollo de lógicas mercantiles”. (CRUI - Conferencia de los Rectores de las Universidades Italianas 2001).

Realmente, gracias a la imposición de estas lógicas de mercado, la libertad de investigación y docencia, -aunque protegidas por el art. 33 de la Constitución- ahora se reducen a la libertad de empresa.El régimen al que deben someterse es el de producir conocimiento útil (sobre todo, para aumentar el beneficio privado), que controla las formas, tiempos y lugares de esta producción, de acuerdo con una gestión autoritaria que llega a expropiar a los investigadores y académicos de su facultad de juicio, ahora sujeta a criterios sin ninguna justificación interna que se hacen pasar por objetivos. Estos toman la forma de cifras y medidas que, todo el mundo sabe, no tienen nada de científico, ni son garantía del valor y la calidad del conocimiento. Fijar percentiles de excelencia, establecer umbrales, calcular medianas, crear clasificaciones de revistas, a esto se le suman las prácticas de control más irritantes en forma de certificaciones, acreditaciones, informes, revisiones, etc., con una única función: forzar a individuos, grupos e instituciones a competir en ventaja de la única institución a la que hoy se le otorga el derecho a fijar el valor: el mercado. En este caso, el mercado global de la educación y la investigación, que ha sido inventado en estos últimos tiempos.

En los sectores donde tradicionalmente no existían los mercados (educación e investigación y también salud, protección social, etc.), el imperativo ha sido crearlos o simular su existencia. La lógica del mercado competitivo se ha establecido como un verdadero mandato ético incuestionable, oponerse a ella significa ser acusado de ineficiencia, irresponsabilidad, derroche de dinero público o de defender privilegios corporativos. Esta lógica se ha impuesto mediante un “evaluative state” policial que ha trabajado para garantizar que dicha lógica se internalice en las prácticas normales de estudio e investigación, operando una verdadera desprofesionalización, que ha transformado a los investigadores en emprendedores adaptados a los preceptos de la universidad corporativa. Como recompensa, estos investigadores han obtenido una precariedad económica y existencial que se conoce con el nombre de excelencia, un marco funcional para el actual “darwinismo competitivo", acompañado, además, por la ideología meritocrática que se ha normalizado a la fuerza.

Son muchos los que piensan que este modelo de gestión del conocimiento es tóxico e insostenible a largo plazo. Los dispositivos de medición del rendimiento y de evaluación de recompensas convierten la investigación científica (la pregunta por el saber) en la búsqueda de una superioridad competitiva (la obtención de ventajas), poniendo en peligro el significado y el papel del conocimiento para la sociedad. Cada vez más, hoy escribimos e investigamos para alcanzar un umbral de productividad en lugar de agregar conocimiento a la humanidad: "nunca antes en la historia de la humanidad, tantos han escrito tanto a pesar de tener tan poco que decir a tan pocos" (Alvesson et al., 2017).De esta manera, la investigación está condenada fatalmente a la irrelevancia, disipando el reconocimiento social que ha disfrutado hasta ahora y generando una profunda crisis de confianza. Ha llegado el momento de un cambio radical si queremos evitar la implosión del sistema de conocimiento en su conjunto. La burocratización de la investigación y la educación superior managerializada se convierten en el Chernobyl de nuestro modelo de organización social.

Por lo tanto, lo que se necesita hoy es reafirmar los principios que protegen el derecho de toda sociedad a tener libre conocimiento, enseñanza e investigación (es decir, proteger el tejido mismo del que está hecha una democracia) y, por esta razón, proteger a quienes se dedican al conocimiento. Necesitamos establecer preferencias, que posibiliten de articular desde la base las resistencias críticas con capacidad para deslindar lo que se puede o no se puede mantener unido: conocimiento común y compartido o excelencia, libertad de investigación o nueva evaluación de resultados, formación de estudiantes con sentido o suministro rápido de mano de obra de bajo costo, libre acceso al conocimiento o monopolios de saber mercantil.

En esta línea se perfilan algunas etapas.

La primera es una verificación de la existencia real y de la consistencia de este campo. Un proyecto no puede avanzar a menos que se alcance una masa mínima de personas dispuestas a comprometerse con él.

Si hay una adhesión preliminar adecuada, -digamos, en términos simbólicos, que reúna a 100 personas, podría organizarse una reunión para razonar sobre políticas radicalmente alternativas en términos de evaluación, tiempos y formas de producción de conocimiento, reclutamiento y organización.

De cara al futuro, en junio de 2020 se celebrará un encuentro en Roma -que se hará coincidir con la próxima conferencia ministerial del proceso de Bolonia- para avanzar con fuerza, junto con otros movimientos europeos de investigadores y académicos (ya existen contactos en este sentido) hacia un replanteamiento de las políticas de conocimiento.

Valeria Pinto - Davide Borrelli - Maria Chiara Pievatolo - Federico Bertoni + 1300
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Disintossichiamoci - Sapere per il futuro

“Economics are the methods. The object is to change the soul”. Riferita alle politiche della conoscenza, istruzione e ricerca (ma non soltanto), questa formula di Margaret Thatcher ben riassume il processo che ha contraddistinto gli ultimi decenni.

Il metodo economico, la penuria come condizione normale, al limite o al di sotto del limite della sopravvivenza, è visibile a tutti. Anche ben visibile, insieme a quello finanziario, è lo strangolamento burocratico. Meno visibile l’obiettivo. Il cambiamento degli animi è così profondo che non ci accorgiamo nemmeno più della distruzione compiutasi intorno e attraverso di noi: il paradosso della fine – nella “società della conoscenza” – di un mondo dedicato alle cose della conoscenza. Anche l’udito si è assuefatto a una programmatica devastazione linguistica, dove un impoverito gergo tecnico-gestionale e burocratico reitera espressioni dalla precisa valenza operativa, che però sembra essere difficile cogliere: miglioramento della qualità, eccellenza, competenza, trasparenza, prodotti della ricerca, erogazione della didattica... E autonomia, ovvero – per riprendere le parole di Thomas Piketty – l’impostura che ha avviato il processo di distruzione del modello europeo di università. Una distruzione che ha assunto come pretesto retorico alcuni mali – reali e no – della vecchia università, ma naturalmente senza porvi rimedio, perché non questo ma altro era il suo l’obbiettivo.

A trenta anni appunto dall’introduzione dell’autonomia, a venti dal processo di Bologna, a dieci dalla “Legge Gelmini”, la letteratura critica su questa distruzione è sconfinata. Ricerca e insegnamento – è un fatto, eppure sembra un tabù esplicitarlo – da tempo non sono più liberi. Sottoposta a una insensata pressione che incalza a “produrre” ogni anno di più, a ogni giro (da noi VQR, ASN ecc) di più, la ricerca è in preda a una vera e propria bolla di titoli, che trasforma sempre più il già esiziale publish or perish in un rubbish or perish. Nello stesso tempo, è continua la pressione ad “erogare” una formazione interamente modellata sulle richieste del mondo produttivo. La modernizzazione che ha programmaticamente strappato l’università via da ogni “torre di avorio” – facendone “responsive”, “service university” – ha significato non altro che la via, la “terza via”, verso il mondo degli interessi privati. Svuotate del loro valore, istruzione e ricercasono valutate, vale a dire “valorizzate” tramite il mercato e il quasi-mercato della valutazione, che, nella sua migliore veste istituzionale, non serve ad altro che «a favorire (...) l’effetto di controllo sociale e di sviluppo di positive logiche di mercato» (CRUI 2001).

Proprio grazie all’imporsi di queste logiche di mercato, la libertà di ricerca e di insegnamento – sebbene tutelata dall’art. 33 della Costituzione – è ridotta oramai a libertà di impresa. Il modello al quale le è richiesto sottomettersi è un regime di produzione di conoscenze utili (utili anzitutto a incrementare il profitto privato), che comanda modi tempi e luoghi di questa produzione, secondo un management autoritario che arriva ad espropriare ricercatori e studiosi della loro stessa facoltà di giudizio, ora assoggettata a criteri privi di interna giustificazione contrabbandati per oggettivi. Si tratta di numeri e misure che di scientifico, lo sanno tutti, non hanno nulla e nulla garantiscono in termini valore e qualità della conoscenza. Predefinire percentuali di eccellenza e di inaccettabilità, dividere con mediane o prescrivere soglie, ordinare in classifiche, ripartire in rating le riviste, tutto questo, insieme alle più vessatorie pratiche di controllo sotto forma di certificazioni, accreditamenti, rendicontazioni, riesami, revisioni ecc., ha un’unica funzione: la messa in concorrenza forzata di individui gruppi o istituzioni all’interno dell’unica realtà cui oggi si attribuisce titolo per stabilire valori, ossia il mercato, in questo caso il mercato globale dell’istruzione e della ricerca, che è un’invenzione del tutto recente.

Là dove infatti tradizionalmente i mercati non esistevano (istruzione e ricerca, ma anche sanità, sicurezza e così via), l’imperativo è stato quello di crearli o di simularne l’esistenza. La logica del mercato concorrenziale si è imposta come vero e proprio comando etico, opporsi al quale ha comportato, per i pochi che vi hanno provato, doversi difendere da accuse di inefficienza, irresponsabilità, spreco di danaro pubblico, difesa di privilegi corporativi e di casta. Tutt’altro che il trionfo del laissez faire: un “evaluative State” poliziesco ha operato affinché questa logica venisse interiorizzata nelle normali pratiche di studio e ricerca, operando una vera e propria deprofessionalizzazione, che ha trasformato studiosi impegnati nella loro ricerca in entrepreneurial researcher conformi ai diktat della corporate university. A gratificarli una precarietà economica ed esistenziale che va sotto il nome di eccellenza, la cornice oggi funzionale a un “darwinismo concorrenziale” esplicitamente teorizzato e, anche grazie alla copertura morale offerta dall’ideologia del merito, reso forzatamente normalità.

Sono in molti ormai a ritenere che questo modello di gestione della conoscenza sia tossico e insostenibile a lungo termine. I dispositivi di misurazione delle performance e valutazione premiale convertono la ricerca scientifica (il chiedere per sapere) nella ricerca di vantaggi competitivi (il chiedere per ottenere), giungendo a mettere a rischio il senso e il ruolo del sapere per la società. Sempre più spesso oggi si scrive e si fa ricerca per raggiungere una soglia di produttività piuttosto che per aggiungere una conoscenza all’umanità: “mai prima nella storia dell'umanità tanti hanno scritto così tanto pur avendo così poco da dire a così pochi” (Alvesson et al., 2017). In questo modo la ricerca si condanna fatalmente all’irrilevanza, dissipando il riconoscimento sociale di cui finora ha goduto e generando una profonda crisi di fiducia. È giunto il momento di un cambiamento radicale, se si vuole scongiurare l’implosione del sistema della conoscenza nel suo complesso. La burocratizzazione della ricerca e la managerializzazione dell’istruzione superiore rischiano di diventare la Chernobyl del nostro modello di organizzazione sociale.

Quel che serve oggi è quindi riaffermare i principi che stanno a tutela del diritto di tutta la società ad avere un sapere, un insegnamento, una ricerca liberi – a tutela, cioè, del tessuto stesso di cui è fatta una democrazia – e per questo a tutela di chi si dedica alla conoscenza. Serve una scelta di campo, capace di rammagliare dal basso quello che resiste come forza critica, capacità di discriminare, distinguere quello che non si può tenere insieme: condivisione ed eccellenza, libertà di ricerca e neovalutazione, formazione di livello e rapida fornitura di forza lavoro a basso costo, accesso libero al sapere e monopoli del mercato.

In questa direzione si delineano alcune tappe.

La prima è una verifica dell’effettiva sussistenza e consistenza di questo campo. Un progetto non può avanzare se non si raggiunge una massa minima di persone disposte ad impegnarvisi.

Se c’è un’adeguata adesione preliminare – diciamo in termini simbolici 100 persone per partire – organizziamo un incontro a breve per ragionare su politiche radicalmente alternative in fatto di valutazione, tempi e forme della produzione del sapere, reclutamento e organizzazione.

In prospettiva, realizziamo a giugno un’iniziativa in concomitanza con la prossima conferenza ministeriale del processo di Bologna, che quest’anno si tiene a Roma, per avanzare con forza – in raccordo con altri movimenti europei di ricercatori e studiosi (già sussistono contatti in questo senso) – un ripensamento delle politiche della conoscenza.

Valeria Pinto Davide Borrelli Maria Chiara Pievatolo Federico Bertoni + 1300
https://www.roars.it/online/piu-1-000-firme-disintossichiamoci-un-appello-per-ripensare-le-politiche-della-conoscenza/

per adesioni: sapereperilfuturo@gmail.com specificando l’università di appartenenza