Voici une initiative de Rébellion scientifique, dans l’esprit comme dans la pratique si peu courante et pourtant si nécessaire que l’Internationale des Savoirs pour Tous (IDST) ne pouvait la rater. Du 4 au 9 avril, Rébellion scientifique appelle à une grande grève mondiale des universitaires et des scientifiques en exigeant des actions immédiates et radicales face à l’urgence climatique. Il appelle en même temps les étudiants à se saisir de cette campagne : « Reprenons l’université ! ». Vous pouvez rejoindre le collectif en signant leur texte reproduit ci-dessous et si vous souhaitez participer à l’une des actions d’avril, toutes les informations sont ici.
La rédaction du blog
Nous sommes des scientifiques et des universitaires qui pensons que nous devons faire éclater la réalité et la gravité de l'urgence climatique et écologique en nous engageant dans une désobéissance civile non violente. Si les personnes les mieux placées pour comprendre ne se comportent pas comme s'il s'agissait d'une urgence, nous ne pouvons pas attendre du public qu'il en fasse autant. Certains pensent que le fait de paraître « alarmiste » est préjudiciable mais nous sommes terrifiés par ce que nous voyons, et nous pensons qu'il est à la fois vital et juste d'exprimer ouvertement nos craintes.
La taille des populations de mammifères, d'oiseaux, de poissons, d'amphibiens et de reptiles a connu une baisse moyenne alarmante de 68 % depuis 1970, ainsi qu'un effondrement apparent des populations de pollinisateurs. À ce rythme, les écosystèmes du monde entier s'effondreront bien avant la fin de la vie des générations actuelles, avec des conséquences catastrophiques pour l'humanité.
Les rétroactions auto-renforcées au sein du système climatique, dans lequel les climats plus chauds provoquent un réchauffement supplémentaire (par exemple, augmentation des feux de forêt, dégel du pergélisol, fonte des glaces) menacent de conduire la Terre de manière irréversible vers un état chaud et inhabitable. Ces effets sont observés des décennies plus tôt que prévu, conformément aux scénarios les plus pessimistes annoncés.
Des vagues de chaleur, des sécheresses et des catastrophes naturelles de plus en plus graves se produisent chaque année, tandis que le niveau des mers pourrait augmenter de plusieurs mètres au cours de ce siècle, déplaçant des centaines de millions de personnes vivant dans les zones côtières. Les scientifiques craignent de plus en plus que des phénomènes météorologiques extrêmes simultanés dans de grandes zones agricoles ne provoquent des pénuries alimentaires mondiales, déclenchant ainsi l'effondrement de la société. Par exemple, la sécheresse en Syrie (2011-2015) a détruit une grande partie de l'agriculture et du bétail du pays, poussant des millions de personnes à se réfugier dans les villes et déclenchant une guerre civile dont le monde est encore sous le choc. Nous sommes confrontés à une crise qui pourrait être des centaines de fois plus grave. Être informé, c'est être alarmé.
Les actions et les plans actuels sont nettement insuffisants, alors même que ces obligations ne sont pas respectées. Le taux de destruction de l'environnement suit de près la croissance économique, qui nous amène à extraire plus de ressources de la Terre qu'elles ne se régénèrent. Les gouvernements et les entreprises cherchent à augmenter la croissance et les profits, ce qui accélère inévitablement la destruction de la vie sur Terre.
Pour parvenir à la décarbonisation à l'échelle requise, il faut une décroissance économique, du moins à court terme. Cela n'implique pas nécessairement une réduction du niveau de vie.
Pour une transition juste, le coût de la décroissance doit être payé par les plus riches, qui ont énormément profité de l'ordre mondial destructeur actuel, alors que d'autres en ont subi les conséquences.
Une transition juste vers un système durable exige que la richesse des 1% soit utilisée pour le bénéfice commun.
Le moyen le plus efficace d'obtenir un changement systémique dans l'histoire moderne est la résistance civile non violente. Nous appelons les universitaires, les scientifiques et le public à nous rejoindre dans la désobéissance civile pour exiger une décarbonisation et une décroissance d'urgence, facilitées par la redistribution des richesses.
Here is an initiative of the collective Scientist Rebellion, in spirit and in practice so unusual but so necessary that the International of Knowledge for All (IKA) could not miss it. From April 4 to 9, Scientist Rebellion calls for the largest global scientific and academic strike in history, demanding immediate and radical action in the face of the Climate Emergency. Simultaneously, they propose the "Take Back the University" campaign to the student body. You can join the collective by signing the following text and if you want to participate to the April actions, all the information are here.
Blog Editorial Team
We are scientists and academics who believe we should expose the reality and severity of the climate and ecological emergency by engaging in non-violent civil disobedience. Unless those best placed to understand behave as if this is an emergency, we cannot expect the public to do so. Some believe that appearing “alarmist” is detrimental - but we are terrified by what we see, and believe it is both vital and right to express our fears openly.
The population sizes of mammals, birds, fish, amphibians and reptiles have seen an alarming average drop of 68% since 1970, along with an apparent collapse in the pollinator populations. At this rate, ecosystems around the world will collapse well within the lifespan of current generations, with catastrophic consequences for the humankind.
Self-reinforcing feedbacks within the climate system, in which hotter climates cause additional heating (e.g. increased forest fires, thawing permafrost, melting ice) threaten to drive the Earth irreversibly to a hot and uninhabitable state. These effects are being observed decades earlier than predicted, in line with the worst-case scenarios predicted.
Increasingly severe heatwaves, droughts and natural disasters are occurring year after year, while sea levels may rise by several meters this century, displacing hundreds of millions of people living in coastal areas. There is a growing fear amongst scientists that simultaneous extreme weather events in major agricultural areas could cause global food shortages, thus triggering societal collapse. For example, the drought in Syria (2011-2015) destroyed much of the country’s agriculture and livestock, driving millions into cities and sparking a civil war from which the world is still reeling. We face a crisis possibly hundreds of times more severe. To be informed is to be alarmed.
Current actions and plans are grossly inadequate, and even these obligations are not being met. The rate of environmental destruction closely tracks economic growth, which leads to us extracting more resources from Earth than are regenerated. Governments and corporations aim to increase growth and profits, inevitably accelerating the destruction of life on Earth.
To achieve decarbonization on the required scale demands economic degrowth, at least in the short term. This does not necessarily require a reduction in living standards.
For a just transition, the cost of degrowth must be paid for by the wealthiest, who have benefited enormously from the current destructive world order, while others have faced the consequences.
A just transition to a sustainable system requires the wealth from the 1% to be used for the common benefit.
The most effective means of achieving systemic change in modern history is through non-violent civil resistance. We call on academics, scientists and the public to join us in civil disobedience to demand emergency decarbonization and degrowth, facilitated by wealth redistribution.
He aquí una iniciativa del colectivo Rebelión científica, tan insólita en su espíritu como en su práctica y, sin embargo, tan necesaria que la Internacional del Saber para Todos (IDST) no podía faltar publicarla. Del 4 al 9 de abril, Rebelión científica convoca una gran huelga mundial de académicos y científicos, exigiendo una actuación inmediata y radical ante la emergencia climática. Al mismo tiempo, hace un llamamiento a los estudiantes para que aprovechen esta campaña: "¡Recuperemos la universidad!" Pueden unirse al colectivo firmando el texto reproducido a continuación y para organizar acciones en abril, pueden encontrar la información aquí.
La redacción del blog
Somos científicos y académicos que creemos que debemos exponer la realidad y la gravedad de la emergencia climática y ecológica mediante la desobediencia civil no violenta. A menos que quienes están mejor situados para entenderlo se comporten como si fuera una emergencia, no podemos esperar que el público lo haga. Algunos creen que parecer "alarmista" es perjudicial, pero nosotros estamos aterrorizados por lo que vemos, y creemos que es vital y correcto expresar nuestros temores abiertamente.
El tamaño de las poblaciones de mamíferos, aves, peces, anfibios y reptiles ha experimentado un alarmante descenso medio del 68% desde 1970, junto con un aparente colapso de las poblaciones de polinizadores. A este ritmo, los ecosistemas de todo el mundo se colapsarán durante la vida de las generaciones actuales, con consecuencias catastróficas para la humanidad.
Las retroalimentaciones que se refuerzan a sí mismas dentro del sistema climático, en el que los climas más cálidos provocan un calentamiento adicional (por ejemplo, aumento de los incendios forestales, descongelación del permafrost, derretimiento del hielo) amenazan con llevar a la Tierra a un estado irreversible de calor e inhabitabilidad. Estos efectos se están observando décadas antes de lo previsto, en consonancia con los peores escenarios pronosticados.
Olas de calor, sequías y catástrofes naturales cada vez más graves se suceden año tras año, mientras que el nivel del mar podría subir varios metros este siglo, desplazando a cientos de millones de personas que viven en zonas costeras. Los científicos temen cada vez más que la simultaneidad de fenómenos meteorológicos extremos en las principales zonas agrícolas pueda provocar una escasez de alimentos a nivel mundial, desencadenando así el colapso de la sociedad. Por ejemplo, la sequía en Siria (2011-2015) destruyó gran parte de la agricultura y la ganadería del país, empujando a millones de personas a las ciudades y desencadenando una guerra civil de la que el mundo todavía se está recuperando. Nosotros nos enfrentamos a una crisis posiblemente cientos de veces más grave. Estar informado es estar alarmado.
Las acciones y los planes actuales son sumamente inadecuados, e incluso estas obligaciones no se están cumpliendo. El ritmo de destrucción del medio ambiente sigue de cerca el crecimiento económico, que nos lleva a extraer de la Tierra más recursos de los que se regeneran. Los gobiernos y las empresas pretenden aumentar el crecimiento y los beneficios, acelerando inevitablemente la destrucción de la vida en la Tierra.
Lograr la descarbonización a la escala necesaria exige un decrecimiento económico, al menos a corto plazo. Esto no requiere necesariamente una reducción del nivel de vida.
Para una transición justa, el coste del decrecimiento debe ser pagado por los más ricos, que se han beneficiado enormemente del actual orden mundial destructivo, mientras que otros han afrontado las consecuencias.
Una transición justa hacia un sistema sostenible requiere que la riqueza del 1% se utilice para el beneficio común.
El medio más eficaz para lograr un cambio sistémico en la historia moderna es la resistencia civil no violenta. Hacemos un llamamiento a académicos, científicos y al público en general para que se unan a nosotros en la desobediencia civil para exigir una descarbonización y un decrecimiento de emergencia, facilitados por la redistribución de la riqueza.
Tandis que le peuple algérien se mobilise tous les vendredis depuis plus d’un mois pour appeler au retrait de la candidature du Président candidat pour un 5ème mandat et en finir avec le système du FLN, les étudiants manifestent activement et passivement.
« Silmia silmia », « Algérie libre et démocratique », « Voleurs, vous avez bouffé le pays ! », « Dégage ! », « Nous sommes une République, pas une monarchie ! », « Le peuple ne veut ni Bouteflika ni Saïd », sont autant de slogans scandés par des milliers d’étudiantes et d’étudiants, comme le raconte le journal Liberté dans son édition du 27 février.
« Depuis que j’existe, je n’ai connu comme seul Président que Bouteflika. Il est temps qu’il parte ! » s’exclame, désabusé, Z. K., étudiant en 2e année de l’École polytechnique d’architecture et d’urbanisme (Epau). H .O., étudiant en 5e année de l’école, assez politisé, évoque quant à lui le fameux discours de l’ex-président américain, Barack Obama, exhortant, au lendemain de son premier mandat, les pouvoirs africains à se démocratiser. « Ce discours m’avait fait pleurer à l’époque », se rappelle-t-il, non sans une certaine amertume.
Alors que le gouvernement a décidé d’avancer de 15 jours les vacances et de repousser par-là même la date du semestre d’un mois, les étudiants et les enseignants mobilisés sont décidés à poursuivre la lutte. « Nous allons continuer à occuper les campus », déclare Ceyla Benyahia, étudiante en fin de cycle à l’Epau, et membre actif du club estudiantin Nomad. « Nous nous attendions à une telle réponse de leur part, car nous sommes persuadés que les mouvements estudiantins leur font peur. Il est clair que cette manœuvre vise à vider les campus et les cités universitaires pour casser la dynamique en cours… À l’Epau, nous avons déjà prévu, pour cette semaine, des rencontres-débats pour décider des prochaines actions à envisager contre le cinquième mandat et pour le départ du régime ».
Si le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, a proposé le 26 mars l’application de l’article 102 de la Constitution qui consiste à organiser l’intérim en cas de démission du chef de l’État ou d’incapacité à assumer ses fonctions « pour cause de maladie grave et durable », tous les manifestants semblent bien décider quant à eux à faire jouer l’article 7 de la constitution : « Le peuple est la source de tout pouvoir. La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple ».
En complément à l’article Universidad de la Tierra : autonomía, saberes y rebeldías, nous publions ci-dessous un texte de Christine Lapostolle, issu de longues heures de discussion avec Jérôme Baschet. Il nous a été transmis par ce dernier et porte également sur les écoles mises en place par les communautés autonomes zapatistes du Chiapas. (La Rédaction du blog)
« Il s’agit bien d’un projet politique, en rupture avec les formes de vie et d’expérience propres au système institutionnel et à la société capitaliste » (Jérôme Baschet)
« Spécialiste ?
— Pourquoi ne souhaites-tu pas que cet échange soit transcrit sous forme d’entretien ? — Je ne supporte pas la position du « spécialiste », j’ai horreur de passer pour celui qui sait. »
L’Université de la Terre (aussi appelée Cideci : Centre indigène de formation intégrale) naît dans la mouvance de l’action de l’ancien évêque du Chiapas Samuel Ruiz. Samuel Ruiz est un des défenseurs de la théologie de la libération qui s’est propagée dans plusieurs pays d’Amérique latine à partir des années 1960. La théologie de la libération a été très importante dans l’expérience des communautés indiennes qui ont ensuite formé l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), notamment l’idée de l’auto-organisation des opprimés, l’idée qu’il s’agit moins de porter la bonne parole que de demander et d’écouter, selon la méthode dite du tijwanel (faire sortir ce qu’il y a dans le cœur de l’autre) — il s’agit de promouvoir une circulation horizontale de la parole dans des assemblées, de recueillir la parole présente dans le peuple pour la rassembler et la redistribuer. Tu retrouves cela chez les zapatistes : ne plus être assisté parce qu’on est pauvre, organiser sa vie à partir de ses richesses propres, aussi minimes soient-elles en termes d’argent, à partir de l’expérience qu’on a et des ressources de la communauté.
Concrètement, l’Université de la Terre est implantée à l’extérieur de San Cristóbal de Las Casas, à quelques kilomètres, au pied des montagnes. C’est un lieu magnifique. C’est la première chose qui frappe. La beauté du lieu. Tu arrives tu vois ce site, ces bâtiments au milieu de la végétation. C’est plein de verdure, entretenue avec soin. Des fleurs partout, des peintures murales...
Les bâtiments ont été construits par ceux qui travaillent là, progressivement, au fil des années, avec les moyens du bord, avec des dons, de l’argent gagné, notamment celui des cultures au milieu desquelles se trouve l’Université.
À l’Université de la Terre sont surtout organisés des apprentissages pratiques : agriculture, électricité, informatique, mécanique... Il y a aussi la fabrication (relativement artisanale) de livres. On cherche des façons de faire adaptées à une économie locale ; il s’est par exemple développé ces derniers temps une unité de recyclage des carapaces de crevettes : la crevette est pêchée en abondance sur la côte Pacifique, à partir des carapaces de crevettes on obtient un matériau qui peut servir à toutes sortes usages — mais je ne connais pas bien la question !
L’Université de la Terre est ouverte à tous ceux qui veulent apprendre, sans exigence de diplôme ou de niveau. Tout le monde a le niveau ! Elle sert aux jeunes Indiens des communautés zapatistes — elle est d’abord conçue comme un soutien aux zapatistes, mais il y a aussi des jeunes d’autres communautés indiennes. Et il y a des gens de San Cristóbal qui viennent. Tu viens là parce que tu veux te former dans tel ou tel domaine. Il n’y a pas de durée établie, les étudiants habitent sur place, il n’y a pas d’examens, de diplômes, c’est à chacun de savoir quand il a acquis ce qu’il était venu chercher. On peut repartir et revenir autant de fois qu’on en sent le besoin. La formation est à la fois libre et personnalisée. Il y a des formateurs, mais les gens s’entraident et avancent aussi comme ça. L’idée est celle d’une « communauté ouverte d’apprentissage » : même si certains ont plus d’expérience dans tel ou tel domaine, on construit ensemble des apprentissages, ce qui diffère de la conception d’une éducation dispensée par certains à d’autres qui la reçoivent.
Il n’y a pas d’enseignement théorique à proprement parler, mais beaucoup de rencontres sont proposées et tout le monde est convié. Les zapatistes y ont organisé plusieurs grands rassemblements ces dernières années, avec des gens qui venaient de tous les coins du monde : la rencontre organisée en 2007 après la mort de l’historien André Aubry a eu lieu là ; cinq mille personnes se sont retrouvées pour le Festival de la Digne Rage en janvier 2009... L’Université de la Terre se définit comme un « espace autonome », en rébellion contre les structures de l’État. Et lors d’une des rencontres organisées par l’EZLN, Marcos l’a déclarée « territoire zapatiste » (ce qui devrait constituer une protection vis-à-vis des possibles attaques gouvernementales).
C’est une sorte d’interface entre les communautés zapatistes et le reste du monde. Elle n’est bien sûr pas reconnue par le gouvernement mexicain. Elle n’a pas fait l’objet d’attaques frontales, mais elle subit pas mal de harcèlement, notamment via la Commission fédérale d’électricité, qui veut intenter un procès pour des dettes supposées alors que l’Université de la Terre est maintenant équipée de son propre générateur d’électricité. Les étudiants doivent se relayer jour et nuit pour des tours de garde à l’entrée. Récemment, des camions de l’armée fédérale sont venus patrouiller aux abords de l’Université de la Terre ; les soldats sont même descendus à pied avec leurs armes à la main, ce qui a suscité beaucoup d’inquiétude.
Je le redis, un des points importants est la beauté des lieux, une beauté simple, liée à la nature, au site et à la végétation, et à la gentillesse des gens, au sens communautaire. Tout le monde est frappé par l’accueil qu’on y reçoit. Évidemment en France quand tu dis « communauté » cela évoque tout de suite de vieilles images post-soixante-huitardes. Mais là, la référence, c’est la communauté indienne, avec le sens du collectif et de l’entraide qui la caractérise.
En dehors des grandes rencontres, tu as deux types de séminaires fréquentés à la fois par les étudiants, et aussi par des gens de la ville, par des sympathisants venant d’autres parties du Mexique et d’autres pays — tous ceux qui le souhaitent peuvent venir.
En outre il y a très souvent des invités de passage qui font des conférences ou exposent leur expérience de lutte dans leur pays. Les étudiants préparent et commentent après coup, ce qui est une occasion d’apprentissage sur telle partie du monde, sur certains problèmes qui nous concernent tous...
Le premier type de séminaire a lieu une fois par semaine. C’est le jeudi soir, ça commence à cinq heures, le temps qu’on se dise bonjour, qu’on prenne un premier café, ça fait plutôt six heures et là on discute parfois jusqu’à onze heures du soir. L’objet de ces séminaires, c’est l’actualité politique, chiapanèque, mexicaine et internationale, la lecture de la presse. Chaque semaine on distribue à tout le monde un stock d’articles, une cinquantaine de pages, les gens lisent, et on discute des articles la semaine suivante. Ce n’est pas l’actualité au sens Twitter, il y a un petit décalage avec le présent immédiat, en plus les articles au moment où on les distribue datent en général de quelques jours... Mais ça n’a aucune importance. L’actualité dans la minute, dans ce contexte, ça n’a pas de sens.
La séance commence par un compte rendu des lectures de la semaine en trois langues : en espagnol d’abord, trois quarts d’heure à peu près. Tout le monde en principe comprend l’espagnol, mais il y a des gens qui sont plus à l’aise en tsotsil ou en tseltal, alors il y a aussi des comptes rendus en tsotsil et en tseltal. Cela demande beaucoup de temps. Il faut beaucoup de patience. Ces conférences sont une vraie mise à l’épreuve de la patience pour un Occidental. Tout le monde écoute, écoute longtemps, et tout le monde parle, il n’y a pas de temps de parole, on laisse parler tous ceux qui veulent aussi longtemps qu’ils le veulent. Jamais on ne va couper la parole à quelqu’un. On le laisse parler, on le laisse aller au bout de ce qu’il a à dire. Et après, s’il y a lieu, on va formuler un autre point de vue en prenant autant de temps que nécessaire. Tous ceux qui parlent ne sont pas des habitués de la rhétorique, parfois il faut à quelqu’un très longtemps pour parvenir à exprimer ce qu’il veut dire. Tant pis, on ne s’énerve pas, on l’écoute. Ce respect de la parole est assez rare en Occident, je crois. Tu n’as pas besoin de savoir bien parler pour t’exprimer. Si tu as quelque chose à dire, tu le dis avec tes mots, tu cherches tes mots, on t’écoutera. Tout le monde écoute tout le monde, c’est un principe de base, c’est une sorte d’apprentissage de la parole en groupe...
Il y en a qui se taisent : il y a des étudiants qui ne disent rien. Mais tu as aussi des gens qui viennent ponctuellement, des gens de la ville, qui viennent avec leurs questions, leurs problèmes particuliers. Et comme c’est entièrement ouvert, tu as des gens qui ignorent ce qui s’est dit la fois précédente. Par exemple, il y a souvent des discussions autour de la question des terres : tu as beaucoup de gens, dans la périphérie de San Cristóbal qui se sont installés, ils ont construit sur des terres qui appartiennent officiellement à l’État. Ils fondent un quartier et puis au bout de quelques années la question de la propriété du sol se pose. En principe au Mexique, État ou gros propriétaire, si tu ne fais rien de tes terres pendant plusieurs années, elles peuvent passer aux mains de ceux qui les occupent et en font quelque chose. Mais cela donne lieu à des conflits. L’État joue de cela, sans forcément intervenir directement, il fait pression, il va faire des incursions au moment où on ne s’y attend pas, laisser planer la menace...
Ceux qui participent aux séminaires viennent d’horizons divers : des étudiants, des universitaires, des gens de différentes trajectoires politiques, anciens trotskistes, libertaires... Il y aussi des gens qui appartiennent ou ont appartenu aux structures de l’évêché. Parfois, il y a des nouveaux qui débarquent et qui t’expliquent ce qu’il faudrait faire comme si tu n’y avais jamais réfléchi... Ou quelqu’un qui se met à t’expliquer en long et en large quelque chose qui a déjà été discuté la semaine précédente où il n’était pas là. Tant pis, on écoute, on laisse parler. C’est la même chose dans les communautés. Toutes les décisions sont discutées autant que nécessaire, même s’il faut parler très longtemps. On ne prend la décision que quand tout le monde est d’accord. Et personne ne s’énerve. Je vois mal ce genre de chose ici en France. J’ai un ami qui ne supporte pas ! Il vient mais ça l’exaspère qu’on ne puisse pas se contredire, il ne supporte pas que les gens parlent sans limite de temps...
On est une quarantaine de personnes. Autour d’une grande table. Il y a le café, les petits pains, ça rentre, ça sort...
Un samedi matin par mois, c’est le second type de séminaire, on se réunit pour discuter autour d’un livre. Là on est moins nombreux, tous les étudiants ne sont pas présents. On choisit un livre et on l’étudie ensemble. Selon les mêmes principes de parole que ceux que je viens d’évoquer. Ces derniers temps on s’est penchés sur les écrits d’Ivan Illich. Avant, pendant trois ans, tous les samedis on a lu les livres d’Immanuel Wallerstein — sa critique du capitalisme mondialisé, la théorie des systèmes-monde — sa pensée compte beaucoup à l’Université de la Terre. Avec Ivan Illich, on est au cœur de la réflexion sur l’éducation. Illich a vécu au Mexique, son Centre pour la formation interculturelle (le Cidoc) était implanté à Cuernavaca. Dans les dernières rencontres internationales organisées par l’EZLN ou autour des anniversaires du 1erjanvier 1994, la pensée d’Illich a été assez présente. À plus forte raison depuis le rapprochement avec Javier Sicilia, le poète dont le fils a été assassiné en 2011 : les zapatistes ont organisé une grande mobilisation pour soutenir la Marche pour la paix qu’il a engagée pour dénoncer le crime organisé. Javier Sicilia est un disciple d’Ivan Illich.
Une des idées principales d’Illich en matière d’éducation et d’apprentissage, c’est d’en finir avec l’école-institution. Repenser la question de l’enseignement, de la transmission, en dehors du rapport d’autorité et de normalisation qu’instaure l’école comme institution qui s’arroge le monopole du savoir légitime. Illich dénonce aussi le caractère contre-productif de l’école (comme d’autres institutions : l’hôpital, les transports, etc.) qui en délégitimant de nombreux savoirs et de nombreuses pratiques, produit un mode de savoir et des pratiques standardisés, abstraits, coupés de la vie. Lorsqu’il parle d’une société sans école, ce n’est pas forcément qu’aurait été aboli tout lieu spécifique voué aux apprentissages, mais il conteste le fait de réduire à l’école le périmètre de l’apprentissage. Chacun doit pouvoir accéder aux connaissances dont il a le désir et tout le monde peut apprendre à tout le monde. Chacun sait des choses qu’il peut transmettre si on établit les conditions qui le permettent. On a beaucoup moins souvent qu’on ne le croit besoin de maîtres, on a besoin d’une pratique des savoirs, d’une circulation, d’un échange ininterrompu. Il s’agit de valoriser les apprentissages liés à l’expérience, à la vie réelle, l’auto-apprentissage, l’inter-apprentissage, non pas l’éducation a priori mais les apprentissages en fonction des besoins effectifs, des situations, etc. Illich prône la déspécialisation, il s’oppose à la délégation de l’enseignement à des spécialistes autorisés. Tout le monde sait, dit-il, et a des capacités à transmettre.
Reste que tout dépend de la question suivante : apprendre pour quoi ? Pour vivre dans quel monde, dans quelle réalité sociale ?
Les écoles des communautés
Promotores, le mot n’est pas terrible en français où le promoteur évoque surtout l’immobilier ! Mais en espagnol, dans le contexte dont je parle, il faut l’entendre au sens premier : celui qui promeut, fait aller en avant, qui suscite l’élan...
Dans les communautés, ceux qui enseignent aux enfants dans les écoles primaires sont appelés promotores. Trois cents écoles primaires existent aujourd’hui dans la seule zone des Altos (Hautes Terres), l’une des cinq zones gouvernées par les autorités autonomes zapatistes. Les promotores ont été formés pour leur tâche mais ils ne sont pas payés. Ils ne gagnent pas d’argent, ils reçoivent seulement une aide en produits alimentaires de la communauté où ils enseignent ; ils continuent aussi à participer à la production agricole de leur famille, à la récolte du café, leur activité ne se limite pas à l’enseignement. Au moment de la récolte du café, l’école s’arrête, tout le monde s’y met, les enfants aussi. À la fois les promotores ont été formés pour faire l’école, mais ils participent aux autres activités quand c’est nécessaire.
Souvent ils manquent de pas mal de choses... ils n’ont pas forcément de quoi acheter le matériel scolaire ou les livres dont ils auraient besoin, et pas même de quoi s’acheter un nouveau pantalon ! De toute façon le principe c’est : on a une petite salle pour faire la classe, tant mieux, mais si on ne l’avait plus, on ferait la classe sous un arbre.
Au premier abord, l’organisation générale se présente un peu comme ici. C’est très structuré. Il y a six années. On acquiert des connaissances. Tu fais ton cursus. Là ils ont un peu calqué sur le système officiel. Ça ressemble à l’idée qu’on a de l’école. On peut se dire, c’est un peu dommage. Mais où ça change, c’est dans le statut même du promoteur et dans la manière de concevoir l’éducation — comment on apprend. Il n’y a pas de compétition, il n’y a pas d’échec ou de réussite. Tu as des savoirs à acquérir et on t’explique jusqu’à ce que ce soit acquis. Ceux qui ont compris plus vite aident les autres. Et on ne passe à autre chose que quand tout le monde a compris.
L’école n’est pas organisée de façon identique partout. Il y a cinq zones entre lesquelles se répartissent les communautés, et dans chaque zone, même si les principes généraux sont les mêmes, il y a des variations importantes.
Dans l’école secondaire, tout le monde est capable d’enseigner tout. La non-spécialisation, cela veut dire que les promotores doivent se débrouiller avec la situation telle qu’elle se présente. Quelqu’un commence à être bien formé dans une discipline, mais s’il y a un manque dans une autre discipline qu’il n’a pas encore enseignée il faut qu’il s’y mette : quelqu’un part et il faut tout réorganiser... Souvent, dans les communautés, les gens jeunes éprouvent le besoin de partir un an ou deux dans le nord du Mexique ou aux États-Unis, c’est un peu le voyage obligé : même si les conditions de vie sont très dures, les gens partent, puis en général reviennent dans la communauté. Si quelqu’un s’arrête, on prend son travail en charge. Même si a priori on ne sait pas faire ce qu’il faisait — on apprend, on trouve. Il faut faire avec ce qu’on a, apprendre sur le tas. Il faut se débrouiller. Ce n’est pas un principe, ce n’est pas systématique, mais quand il faut résoudre un problème d’organisation on change la répartition des rôles. Tu enseignais l’histoire, et tu vas faire les sciences naturelles...
Les élèves habitent sur place. Garçons et filles bien sûr. Qui va dans les élèves secondaires ? Ce sont les intéressés eux-mêmes qui décident, il n’y a pas l’idée de repérer les meilleurs ou ce genre de chose. On va à l’école secondaire si on a envie d’aller à l’école secondaire et de faire quelque chose d’utile pour la communauté, c’est tout.
Les matières, ce ne sont pas exactement des matières au sens où on l’entend ici, ce sont des aires de connaissances : communication et langages, mathématiques, sciences sociales, sciences de la vie, humanisme, production.
Comment former les formateurs ? Il ne s’agissait pas de passer par l’enseignement classique mexicain. Il a fallu tout faire. La mise au point a pris plusieurs années. Ça a donné lieu à des discussions interminables. Entre les gens des communautés, qui savaient ce qu’ils voulaient, et des invités extérieurs, des sympathisants zapatistes, des gens qui, soit avaient une pratique d’enseignement, soit avaient envie de réfléchir à cette question en étant déjà sensibles aux enjeux des communautés autonomes. Il n’en est pas sorti des manuels, mais des textes, oui.
Les savoirs sont vus dans la perspective zapatiste, forcément. Dans la perspective des gens qui luttent. Dans les communautés, comme à l’Université de la Terre, la conception de l’éducation est sous-tendue par un projet politique, qui met l’autonomie au cœur des enjeux. Les communautés, l’Université de la Terre, sont conçus comme des espaces autonomes et le but est que l’autonomie gagne du terrain.
Le risque d’endoctrinement, il n’est certainement pas plus grand que dans l’école des sociétés capitalistes ! Il faut faire attention, certainement, mais le danger d’endoctrinement est assez faible car les zapatistes n’ont jamais été partisans d’une ligne politique rigide, ils ne pratiquent guère ce qu’on appelait, en d’autres temps, le travail de « formation politique ». Il y a des convictions partagées — la volonté d’autonomie dans tous les domaines, le rejet du capitalisme, l’égalité, l’idée de prendre en compte la réflexion, le point de vue de chacun : les décisions de ne prennent jamais à la majorité, il n’y a pas de spécialiste de ceci ou cela qui aurait plus voix au chapitre que les autres, on discute jusqu’à ce que tout le monde soit d’accord et on agit ensuite.
L’une des idées majeures dans l’enseignement des écoles, et ça vaut pour toutes les matières, c’est que pour aller vers le plus lointain, on part du plus proche. Et on s’appuie toujours sur du concret. En histoire par exemple, on va commencer par apprendre l’histoire de la communauté, puis celle du Chiapas, puis du Mexique, puis du monde... En science tu vas commencer par travailler à partir de ce que tu as autour de toi, tu observes, les plantes, les animaux qui sont là, en maths tu vas partir des problèmes à résoudre dans la vie quotidienne...
Partir de soi, partir du concret, rendre tout concret. Cela veut dire aussi une implication du corps, des gestes. Le mouvement plutôt que la quasi-immobilité où le maître est debout et parle à des élèves assis qui écoutent en silence. Je prends un exemple. Tu expliques la densité de la population. Tu dis « densité de population », pour la plupart des élèves cela n’évoque rien. Alors tu vas faire une démonstration, plutôt que de t’en tenir aux mots, tu te lèves, tu vas au milieu de la pièce, tu fais venir des élèves, tu les répartis dans l’espace pour illustrer ce que tu veux montrer — quinze personnes par ici, trois par là, trois autres... tu fais une petite mise en scène. Et tout le monde est dix fois plus impliqué.
Il y a aussi des livres, bien sûr. Chaque école a une bonne bibliothèque. Et pour celui qui veut approfondir une question, il y a les livres, il y a Internet...
Il ne faut pas oublier qu’en ce qui concerne les zapatistes, si les Accords de San Andrés sur les droits indigènes ont été signés par le gouvernement fédéral et l’EZLN, le gouvernement a ensuite refusé les modifications de la Constitution qui devaient en découler. On est dans une sorte de no man’s land, l’armée, ou les forces paramilitaires, ne sont jamais très loin, l’État trouve régulièrement des moyens, même sourds, pour inquiéter les gens dans les communautés. C’est une sorte de harcèlement lent, insidieux.
Il s’agit, à l’Université de la Terre, dans les écoles zapatistes, mais plus largement aussi, de créer des pratiques différentes, des relations différentes entre nous tous ; il s’agit bien d’un projet politique, en rupture avec les formes de vie et d’expérience propres au système institutionnel et à la société capitaliste. Un autre monde dans ce monde-ci, pas pour des lendemains qui chantent et déchantent, mais tout de suite, avec ce qu’on a à portée de main, avec les limites que cela suppose. Des énergies qui se mobilisent pour construire collectivement, sans trop savoir comment, sans plan global préalable, un flux. Le chemin n’est pas tracé, il faut l’inventer, pas après pas, sans certitude.
Aux quatre coins de la planète, des étudiants, des universitaires, des chercheurs, mais aussi des lycéens ou des enseignants, se mobilisent pour s’opposer aux politiques néolibérales et conquérir de nouveaux droits. Et la plupart du temps, nous n’en savons rien ou si peu…
Nous nous proposons donc de tenir sur ce blog une « météo des luttes », organisée sous la forme de textes courts, de « brèves », suivis de liens à consulter ou de documents à télécharger.
Dans ce bulletin météo, nous vous signalons quelques-uns de ces combats, locaux et universels...
All over the world, students, academics, researchers, as well as high school students and teachers are mobilizing to oppose neoliberal policies and conquer new rights. But most of the time, we hear little or no wind of it...
We therefore propose to keep on this blog a “barometer of struggles” organized in the form of news in brief, followed by links to consult or documents to download.
In this weathercast, we signal to you a few of these recent fights, local and universal…
Überall auf der Welt kämpfen Studierende, Lehrende und Forschende, aber auch SchülerInnen oder gar Eltern, gegen neoliberale Politik und für neue Rechte. Davon erfahren wir in der Regel nur wenig…
Auf dieser Seite verzeichnen wir also einen wissenschaftlichen Streikwetterdienst aus kurzen Texten und Meldungen mit Links und Dokumenten zum Herunterladen.
In diesem Bericht stellen wir Euch einige dieser lokalen und allgemeinen Kämpfe vor.
En todas partes del mundo, estudiantes, académicos, investigadores, pero también estudiantes y profesores de secundaria se movilizan para oponerse a las políticas neoliberales y conquistar nuevos derechos. Pero la mayor parte del tiempo, no sabemos nada o muy poco....
Por lo tanto, proponemos mantener en este blog un "barómetro de las luchas", organizado en forma de resúmenes, seguidos de enlaces para consultar o documentos para descargar.
En este reporte meteorológico, señalamos algunas de estas luchas, locales y universales…
In tutto il mondo, studenti, accademici, ricercatori, ma anche studenti delle scuole superiori e insegnanti si stanno mobilitando per contrastare le politiche neoliberali e conquistare nuovi diritti. E il più delle volte non ne sappiamo nulla, o molto poco...
Proponiamo quindi di tenere su questo blog un "meteo delle lotte", organizzato in forma di brevi testi, seguiti da link da consultare o documenti da scaricare.
In questo bollettino meteorologico, diamo notizia di alcune lotte, locali e universali…
Em todo o mundo, estudantes, acadêmicos, pesquisadores, mas também estudantes do ensino médio e professores estão se mobilizando para se opor às políticas neoliberais e conquistar novos direitos. E, na maioria das vezes, não sabemos nada ou tão pouco acerca disso...
Propomos portanto manter neste blog um "clima das lutas", composto por textos curtos, "resumos", seguidos de links para consulta ou documentos para download.
Neste boletim meteorológico, relatamos algumas dessas batalhas, locais e universais…
Monde
La lutte mondiale des jeunes pour le climat s’intensifie
Une semaine mondiale d’action est organisée du 20 au 27 septembre 2019 avec grève scolaire mondiale le 20 septembre et grève totale le 27 septembre.
Afrique
Guinée
Plusieurs blessés étudiants et gendarmes lors des heurts à l’université de Labé, située dans la province de Hafia.
Sénégal
Un étudiant de l’université Assane Seck de Ziguinchor a été blessé par balle lors des affrontements entre la police et les étudiants le 15 juin. Ces derniers manifestent depuis plusieurs mois pour obtenir le paiement de leur bourse.
Amérique du Sud
Brazil
Nationwide Student Strike began in Brazil Over Bolsonaro’s budget cuts. Many demonstrations took place on May 15, in 15 on 17 of Brazil’s states with particularly large ones in major cities like Sao Paulo, Rio de Janeiro, Brasilia and Belo Horizonte. Despite the cuts affecting only federal institutions, the protest movement has been joined by many private universities such as Rio’s Pontifical University which voted last week to join the nationwide demonstration. Em defensa da universidades públicas brasileiras, circulam artigos e petições. A de Daniel Peres, (Salvador-Bahia) dirigida em particular ao Congresso Nacional, já recolheu mais de um milhão e meio de assinaturas.
TheGuardian 30.05.2019, Tens of thousands of students, academics and teachers have taken to the streets of Brazil for their latest mass protest against what they call far-right president Jair Bolsonaro’s assault on education. Up and down the country – from Amazon cities to small towns in Brazil’s deep south – demonstrators turned out to condemn Bolsonaro’s highly controversial moves to slash funding for public education and science.
The Conversation 05.06.2019, Tens of thousands of students and professors protested nationwide on May 30 against a Jair Bolsonaro administration proposal to slash Brazil’s public education budget and starve university humanities departments of resources. It was the second mass demonstration in two weeks against the education policies of Brazil’s divisive new president. Protesters in cities and towns across Brazil took to the streets to condemn an education ministry proposal to reduce funding for Brazilian public universities by 30% during the remainder of 2019. The ministry is also considering withdrawing financing entirely from the philosophy and sociology departments of public universities. The objective would be to “focus on areas that generate immediate return to the taxpayer such as veterinary, engineering and medicine,” Bolsonaro wrote on Twitter on April 26.
Chile
En todo el país, se contesta mucho la Reforma de la Educación Superior y de Universidades Estatales llevada por el Mineduc (Ministerio de Educación). En Santiago el 6 de junio, profesores y estudiantes marchan contra el presidente Piñera que mantiene su silencio frente a las demandas. "Nos estamos manifestando por los problemas graves de la educación pública", dijo durante la marcha Mario Aguilar, presidente del Colegio de Profesores, mientras un docente grita "Chile no es una empresa y nosotros no somos los empleados de su empresa". "Avanzar hacia una educación pública, gratuita y sin deuda" es el lema bajo el cual miles de estudiantes universitarios y secundarios del país se movilizaron el 20 de junio a la llammada de la Confech (Confederación de Estudiantes de Chile).
Honduras
El Heraldo, 22.05.2019 Tegucigalpa. Este miércoles, un nutrido grupo de docentes, médicos y estudiantes del sector público llevaron a cabo desde horas de la mañana una marcha para evitar la supuesta privatización del sistema educativo y exigir la derogación de los decretos ejecutivos que le dieron vida a las comisiones especiales de transformación en las secretarías de Salud y Educación. Los maestros y docentes son apoyados en sus pretensiones por estudiantes, padres de familia y sindicatos. Las universidades, colegios y escuelas de la capital cerraron sus puertas en Tegucigalpa y muchos lugares del territorio hondureño. El caos, zozobra y vandalismo se apoderó de la capital este jueves (30 mayo). Un grupo de manifestantes protagonizó violentos enfrentamientos con policías, enfrente del Aeropuerto Internacional Toncontín, en la capital de Honduras.
Santo Domingo
Noticias SIN, 06.06.2019, Santo Domingo. Tras intentar cruzar el cerco de seguridad, la situación pasó de pacífica a disturbios. Los manifestantes lanzaban botellas de agua a los policías pero cuando comenzaron a lanzarles piedras, los agentes respondieron con bombas lacrimógenas. Las pedradas alcanzaron la cara de uno de los uniformados. La escuela de medicina de la UASD y el Colegio Médico se oponen al proyecto de ley porque aseguran que este quitará a la universidad del Estado la potestad de impartir y calificar la prueba para dejarlo en manos del sector privado.
Contre la Réforme Blanquer, les enseignants des filières professionnelles et générales poursuivent leur lutte. Certains s’organisent pour une grève des corrections ou une rétention de notes du baccalauréat. Rappelons qu’en 2019, ce sont 743 000 élèves, qui passent cet examen final remis en cause par la réforme Blanquer dès la rentrée 2020. On ne lâchera pas ! Un programme d’action bien rempli en ce mois de juin pour défendre les filières professionnelles. Les professeurs d’histoire-géographie des filières générales de l’académie de Dijon votent quant à eux pour une rétention des notes comme moyen d’action. Dans l’académie de Créteil, les professeurs de philosophie votent également pour une rétention des notes pour une durée illimitée.