Un sondage instructif sur l’Université et la Recherche françaises

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Au sortir du confinement, nous vous avons proposé de répondre à une consultation en ligne sur l’état de l’enseignement supérieur et de la recherche et ses perspectives d’avenir. En moyenne, un peu plus de 2500 personnes ont répondu à chaque question. Voici comme promis la synthèse des résultats. Le résumé ci-dessous en donne un bilan général et vous trouverez plus bas une fiche de synthèse contenant les éléments chiffrés les plus significatifs.

L’enjeu d’une telle consultation est de savoir où « nous » en sommes, c’est-à-dire « où en est le Nous » de la communauté scientifique. Tout, dans la dynamique amorcée il y a une quinzaine d’années, concourt à briser la collégialité et à faire diverger les intérêts. La rhétorique de la « co-construction », le système d’allocation des moyens, les dispositifs de précarisation subjective et objective, entretiennent notre atomisation. Le sondage en porte la trace : la défiance vis-à-vis des représentants élus, y compris des instances collégiales, est spectaculaire ; les intercesseurs traditionnels comme les sociétés savantes ne sont plus considérés par les répondants comme des acteurs ayant pris la mesure des problèmes majeurs auxquels nos métiers font face ; la majorité des répondants, eux-mêmes titulaires à 75%, reconnaissent aux titulaires une part de responsabilité dans le développement de la précarisation. Ces résultats sont le signe d’une prise de conscience individuelle qu’il s’agit maintenant d’articuler collectivement : nous constatons en nous-mêmes combien la mécanique de dépossession nous englue dans des positions professionnelles et éthiques divergentes et contradictoires, empêchant l’affirmation d’un dessein qui dépasserait les clivages entre corps de métier, statuts, entre disciplines et établissements. Redisons-le ici : cette fragmentation n’est pas un à-côté de ces réformes, mais elle en est le cœur. Reconnaître cette situation douloureuse fait donc partie du diagnostic à poser pour savoir quoi construire.

Il est d’autant plus intéressant de voir que plusieurs propositions recueillent des taux d’assentiment supérieurs à 90 voire à 95% et agglomèrent des groupes dont les réponses divergent sur d’autres sujets. Sans surprise, un tel rassemblement s’opère sur la question des recrutements sur des postes pérennes, sur celle des moyens budgétaires en général et sur le rejet de la LPPR [NdlR, Loi de programmation pluriannuelle de la recherche]. Notons que la concentration d’une éventuelle hausse des moyens financiers sur l’ANR [NdlR, Agence nationale de la recherche], qui induirait un surcroît de précarisation, fait l’objet d’un rejet tout aussi massif que la LPPR elle-même. Le consensus est également écrasant pour affirmer que la précarisation n’est aucunement neutre du point de vue de la démarche scientifique collective et en obère la qualité, un constat diamétralement opposé au point de vue du ministère et de la direction du CNRS [NdlR, Centre national de la recherche scientifique]. Il en va de même pour affirmer la centralité de l’élection, le cas échéant panachée avec des modes de désignation autre que la nomination, dans la composition des instances supervisant les normes de probation savante.

Ces premières convergences sont autant de bornes sur lesquelles la dynamique d’atomisation vient buter : tout en étant conscients de la déconstruction effective de l’intérêt commun dans les réformes, nous réaffirmons notre volonté de rester une communauté solidaire dont les pratiques sont fondées sur l’égalité statutaire, sur le règlement démocratique du dissensus, sur l’exigence de rigueur, la patience et l’écoute. L’élaboration d’une méthode de répartition des moyens, non bureaucratique et scientifiquement fondée, prenant en compte les spécificités disciplinaires, en constitue l’illustration concrète. Nous voulons l’autonomie avec les conditions matérielles qu’elle présuppose. Mais dans le même temps, nous réfutons le sophisme qui voudrait que l’autonomie savante soit l’irresponsabilité, car c’est dans les mêmes proportions que les répondants déclarent vouloir repenser leurs pratiques pour tenir compte de la crise écologique et climatique, qui impose un nouveau fonctionnement savant, plus lent, plus raisonné, plus intègre, plus lucide sur lui-même – en un mot, plus en phase avec l’idéal qui n’aurait jamais dû cesser d’être celui de la science.

Cette convergence de principes fournira la trame des réflexions que nous vous invitons à lancer sur vos lieux de travail et dans vos villes à partir de cet automne. Les journées « Refonder l’université et la recherche » du 25-26 septembre le coup d’envoi de cette réagrégation théorique d’un « Nous ».

Synthèse du sondage

Les répondants

2500 personnes ont répondu au sondage. 52% des répondants sont enseignants ou enseignants-chercheurs titulaires (dont trois présidents d’université ou d’établissement), et 24% sont chercheurs titulaires. 14% sont doctorants (contractuels, vacataires ou non-financés). Les personnels administratifs et techniques représentent 9% des répondants. Sur le plan disciplinaire, 42% des sondés exerçant une profession académique sont issus du domaines des Lettres, Langues et SHS [NdlR, Sciences humaines et sociales), 19% des sciences biomédicales et 39% du groupe science, technologie, ingénierie et mathématiques. 44% se sont déclarés femme, 54% homme. 19% ont moins de 35 ans, 60% ont entre 36 et 55 ans, 21% ont 56 ans ou plus.

Situation sanitaire dans l’enseignement supérieur

Les premières questions du sondage demandaient une appréciation de la situation sanitaire du supérieur en période de déconfinement et en prévision de la rentrée. 70% des personnes interrogées ont fait part de leur pessimisme sur la rentrée, jugeant l’organisation d’une rentrée satisfaisante difficile voire impossible. La perspective du télétravail (« distanciel ») est jugée négativement par 57% des répondants, et seulement 13% expriment une opinion positive sur cette éventualité. 80% des répondants jugent que l’enseignement et l’évaluation à distance répondent à d’autres finalités que l’enseignement et l’évaluation « en présentiel ». Enfin, 85% jugent impossible ou difficile d’organiser une rentrée respectueuse des normes sanitaires requises sans recrutements supplémentaires, non-prévus par le ministère.

Bilan des politiques menées depuis 15 ans

Le bilan scientifique tiré de la vague de réformes amorcées il y a une quinzaine d’années dans toute l’OCDE [NdlR, Organisation de développement et de coopération économiques] confirme leur échec aux yeux des scientifiques : ils ne sont qu’un tiers à considérer que la qualité des publications scientifiques a augmenté, dans le monde et en France (34% et 35%) ; une courte majorité absolue parle de stagnation voire de régression. Ce sentiment de stagnation et de régression est plus marqué concernant la France (54%) que concernant le reste du monde (50%).

Sans surprise, un grand consensus se dégage sur la question des moyens : neuf répondants sur dix jugent les moyens alloués à la recherche et à l’université insuffisants ou très insuffisants (89% pour la recherche, 91% pour l’université). Mais le consensus est tout aussi marqué sur la question du mode de management promu par les réformes, jugé négatif par 94% des répondants pour la recherche et 89% pour l’université. Dans ce contexte où 80% des répondants se déclarent suffisamment bien, voire très bien, informés sur le contenu de la LPPR, le volet managérial et statutaire de la LPPR est expressément rejeté à 81%.

Emploi et précarité

Trois questions visaient à estimer l’ampleur de la précarisation des professions scientifiques, par corps de métiers (enseignants et/ou chercheurs, personnels administratifs, personnels techniques). Au final, ces questions ont surtout permis de prendre la mesure de l’invisibilisation de cette question, avec à chaque fois plus de 30% des répondants se déclarant incapables d’estimer l’ampleur de la précarité sur leur lieu de travail – un constat qui souligne l’urgence de bilans sociaux sincères à tous les échelons, et d’une communication sur ce sujet.

Cette invisibilisation de la précarité n’empêche pas 64% des répondants d’affirmer que les cursus universitaires ne seraient pas viables sans les enseignants précaires ; ils sont 70% à penser que des tâches vitales au fonctionnement de l’ESR [NdlR, Enseignement supérieur et recherche] reposent sur des personnels non-titulaires ; 85% des répondants pensent que la précarité d’une partie des personnels affecte la production scientifique de l’ensemble ; et 40% déclarent avoir vu des recherches dans leur unité affectées par le turn-over des précaires. En conséquence, ils sont plus de 90% à rejeter les termes avancés par le ministère dans ses négociations avec certains intercesseurs syndicaux et avec les sociétés savantes (augmentation du budget de l’ANR en échange d’un soutien au volet RH [NdlR, Ressource humaine] de la LPPR). Enfin, seuls 6% des répondants jugent que le ministère a été à la hauteur des difficultés rencontrées par les précaires durant le confinement.

Concernant la prise en compte de ces difficultés par les représentants de la communauté, si les deux tiers des répondants pensent que les syndicats ont suffisamment pris la mesure du problème, un tiers seulement considère qu’il en va de même des sociétés savantes, et moins d’un quart des répondants considère que les instances élues des universités et organismes ont perçu l’importance de ce sujet.

Concernant la responsabilité de cette situation, 96% des répondants attribuent une responsabilité forte à écrasante au ministère, mais également 75% aux directions des universités et organismes de recherche et aux agences de pilotage. A l’inverse, 85% jugent que les précaires n’ont aucune responsabilité ou une responsabilité minime dans leur situation, tandis qu’ils ne sont que 9% à dédouaner de la même les personnels titulaires du sort fait aux précaires (rappelons que 76% des répondants sont eux-mêmes titulaires).

Bureaucratie ou démocratie

Le sondage confirme l’état très inquiétant de la démocratie universitaire et scientifique : 83% des sondés se jugent insuffisamment associés aux décisions budgétaires de leur établissement d’exercice, et 60% ne sont pas associés du tout. 60% des sondés sont insuffisamment associés aux décisions pédagogiques à l’université, et 67% aux décisions scientifiques.

Si le principe même de l’existence d’une instance d’évaluation comme le HCERES [NdlR, Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur] est critiqué par la moitié des répondants, contre un quart qui le juge positif, son mode de composition actuel, sans élection, ne satisfait que 2,4% des répondants. Les deux tiers des participants (65%) défendent soit l’élection intégrale, soit le panachage entre élection et tirage au sort.

Nous avons également demandé aux répondants d’estimer le nombre d’évaluations qu’ils devaient rendre chaque année pour ces instances, ce qui a fait apparaître un gouffre entre les 2,4% de répondants rendant 10 évaluations ou plus, avec un pic à 60, et le reste de la communauté, à commencer par les 55% de répondants pour qui la réponse est aucune.

Plus de 90% des répondants attribuent au ministère une responsabilité forte à écrasante dans cette situation, à parité avec les directions des universités et des organismes de recherche, tandis qu’ils ne sont « que » 86% à mettre en cause les agences et le HCERES. A noter également que 37% des répondants considèrent que les personnels scientifiques titulaires occupant des fonction de pilotage ont une responsabilité dans cette évolution.

Répartition des moyens

L’estimation des coûts de production d’un article scientifique, hors salaires, témoigne de la possibilité de répartir rationnellement les moyens de sorte que tous les chercheurs puissent travailler, en évitant la chronophagie, la bureaucratie et le conformisme inhérents aux appels à projets. Ainsi, les répondants reconnaissent une gradation des besoins depuis les lettres et sciences humaines (quelques milliers d’€) jusqu’aux sciences du vivant (centaine de milliers d’euros €), selon une croissance qui suit la part de travail d’expérimentation nécessitant du matériel coûteux. Le nombre de signataires moyens suit la même progression entre disciplines. La variabilité des réponses témoigne de ce qu’une distribution strictement déterminée par le champ disciplinaire demeure, possiblement, légèrement sous-optimale. Cependant, elle constitue une première approximation qui permettrait de répartir efficacement l’essentiel des moyens.

Publications

Le diagnostic sévère porté sur l’évolution qualitative des publications trouve son corollaire dans le fait que la moitié des répondants (50%) avoue publier épisodiquement ou régulièrement des travaux inaboutis. 14% déclarent aussi l’avoir fait “une fois”. Plus des deux tiers (68%) disent ne pas avoir le temps de suivre l’état de la recherche dans leur domaine.

Concernant le financement des publications, près des deux tiers des répondants (64%) n’ont jamais fait payer de frais à leur institution pour publier un article dans une revue. Concernant les revues en Open Access, ils sont 53% à n’avoir jamais payé pour être publié, sur 85% de répondants ayant déjà publié en Open Access. Ce modèle de prédation reste donc largement extérieur aux pratiques scientifiques en France. Il est d’ailleurs jugé négativement par 89% des répondants.

A contrario, 57% des répondants se sont déjà procuré des publications sur des sites de piratage et 63% souhaiteraient que les associations savantes reprennent le contrôle des publications, quitte à en supporter les coûts (ils ne sont que 6% à s’y opposer).

Les métiers scientifiques et la crise écologique

La dernière série de questions visait à sonder la communauté scientifique sur la prise en compte de la crise écologique dans la formulation des priorités d’une politique scientifique.

Il en ressort que 84% des répondants pensent que la crise écologique et climatique doit entraîner une modifications des pratiques scientifiques ; 76% pensent que les pratiques actuelles induisent des déplacements trop nombreux et 81% estiment que la réduction de l’empreinte carbone des activités scientifiques doit devenir une priorité dans l’établissement des politiques universitaires et de recherche.

 

Première publication le 14 septembre 2020 sur
http://rogueesr.fr/sondage-rogueesr/

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Notre congrès à Marseille des 22 et 23 novembre 2019 : le compte rendu

Quelques remerciements tout d’abord :

  • au journal La Marseillaise qui nous a accueillis dans ses locaux,
  • à Jean-Pierre Brundu responsable de l’Université populaire de Marseille-Métropole et Boris Humbert pour la belle plaquette qu’il a réalisée,
  • à l’équipe de rédaction de l’Internationale des Savoirs pour Tous (IDST) et de son blog, Patricia Pol, Pierre Bitoun et Philippe Quandalle,
  • aux nombreux membres qui, faute de moyens financiers ou de disponibilité à la date fixée, nous ont envoyé des messages d’encouragement et, pour certains, des contributions écrites,
  • et, enfin, à tous les participants qui, de France ou d’ailleurs, sont venus à Marseille ou se sont connectés en visioconférence pour les débats de ces deux jours. Ainsi, bien sûr, qu’à Alexandre qui a refait devant nous sa conférence gesticulée, « Paye ta science », que tous les présents ont vivement appréciée.

First of all, a few words of thanks:

  • to the newspaper La Marseillaise who welcomed us in its building,
  • to Jean-Pierre Brundu in charge of the Université Populaire de Marseille-Métropole (UPOP) and Boris Humbert for the beautiful brochure he produced,
  • to the editorial team of the International of Knowledge for All (IKA) and its blog, Patricia Pol, Pierre Bitoun and Philippe Quandalle,
  • to the many members who, due to lack of financial means or unavailability on the set date, sent us messages of encouragement and, for some, written contributions,
  • and, finally, to all the participants who, from France or elsewhere, came to Marseille or connected by videoconference for the debates of these two days. And, of course, to Alexandre, who gave his gesticulated lecture, "Pay for your science", which was greatly appreciated by all present.

En primer lugar, unas palabras de agradecimiento:

  • al periódico La Marsellesa que nos acogió en sus instalaciones,
  • a Jean-Pierre Brundu, responsable de la Universidad popular de Marsella-Métropole (UPOP) y a Boris Humbert por el hermoso folleto que ha realizado,
  • al equipo editorial de la Internacional del Saber para Todos (IDST) y su blog, Patricia Pol, Pierre Bitoun y Philippe Quandalle,
  • a los numerosos miembros que, por falta de medios económicos o por no estar disponibles en la fecha fijada, nos enviaron mensajes de aliento y, para algunos, contribuciones escritas,
  • y, por último, a todos los participantes que, desde Francia o desde otros lugares, vinieron a Marsella o se conectaron por videoconferencia para los debates de estos dos días. Y, por supuesto, a Alejandro, que dio su conferencia gesticulada, "Paga tu ciencia", que fue muy apreciada por todos los presentes.

Intitulé « Vers une société du partage des savoirs, de tous, par tous et pour tous », le congrès s’est déroulé autour de trois principaux moments : qu’est-ce que la future société du partage des savoirs, de tous, par tous et pour tous ?, où en est-on, aujourd’hui, de cette société à venir ?, comment avancer, demain, vers cette société du partage des savoirs ?

On trouvera en lien un texte de Christian Laval sur le passage de « l’université néolibérale à l’université comme commun », le manifeste pour une université démocratique lancé par des universitaires canadiens, une contribution de nos amis du Sénégal, intitulée « Expériences alternatives : limites, bienfaits, pièges, espoirs », et l'intervention de Christophe Pébarthe, de l’université française de Bordeaux. Vous pourrez aussi écouter quelques morceaux choisis parmi les enregistrements des débats qui ont pu être faits au cours de ces deux journées.

Grâce à ces éléments et à la diversité des participants (agriculteurs, cadres, personnels de santé, étudiants, enseignants, universitaires, chercheurs du privé et du public, retraités ou en activité…), les débats ont été, de l’avis de tous, de très bonne qualité. Ils ont permis de mettre l’accent sur le nécessaire dépassement de la société capitaliste et productiviste, la montée d’une intelligence collective et les indispensables initiatives à construire, dans les murs comme en dehors des murs de l’université ou des institutions de recherche, et tant à un niveau local, national qu’international.

Au cours de ce congrès, un certain nombre de décisions ont été prises :

  • résoudre le manque de moyens financiers de l’IDST (création d’une association loi 1901 en France, mise en place d’un système de cotisations, recours éventuel au financement participatif pour certains événements, etc.).
  • lancer un projet de formation qui contribue à la décolonisation néolibérale des esprits et des institutions. José Manuel, de l’Université de Valence en Espagne, se charge de préciser ce projet alternatif aux masters de la prétendue excellence néolibérale et de nous transmettre sa proposition.
  • en réponse à la future et énième conférence ministérielle du processus de Bologne, organiser du 23 au 25 juin 2020 une nouvelle rencontre de l’IDST à Rome. Valeria Pinto, de l'université Federico II de Naples, qui a permis l’entrée dans notre réseau du mouvement Potere al Popolo, a bien voulu prendre en charge la préparation de cet événement et nous tient au courant.

Enfin, rappelons qu’à l’issue du congrès, nous avons naturellement appelé les membres de l’IDST, aujourd’hui présents dans 35 pays, à rejoindre les combats qui se développent un peu partout dans le monde contre les réformes néolibérales et les désordres engendrés par un capitalisme illimité, qui marchandise nos vies et met en péril l’avenir de la planète. Combats dont nous rendons régulièrement compte dans le billet « météo des luttes » de notre blog et bien d’autres articles. N’hésitez donc pas à continuer de nous envoyer vos contributions…

La Rédaction du blog

Entitled "Towards a society of the sharing of knowledge from all, by all and for all", the congress was organized around three main topics: what is the future knowledge-sharing society from all, by all and for all; where are we today in this future society; and how can we move tomorrow towards this society of the sharing of knowledge?

You will find in the link a text by Christian Laval on “the transition from the neo-liberal university to the university as common”, the manifesto for a democratic university launched by Canadian academics, a contribution by our friends from Senegal, entitled "Alternative Experiences: Limits, Benefits, Pitfalls, Hopes", and the communication of Christophe Pébarthe, from the French University of Bordeaux. You will also be able to listen to some of the recordings of the debates that were made during these two days.

Thanks to these elements and to the diversity of the participants (farmers, executives, health staff, students, teachers, academics, researchers from the private and public sectors, retired or active...), the debates were, according to every one’s opinion, of very good quality. They highlighted the need to move beyond capitalist and productivist society, the rise of a collective intelligence and the indispensable initiatives to be built, both within and outside the walls of universities and research institutions, and at local, national and international levels.

During this congress, a number of decisions were taken:

  • to resolve the lack of financial means of IKA (creation of a 1901 law association in France, setting up a system of membership fees, possible fund-raising through participatory financing for certain events, etc.).
  • launch a training project that contributes to the neo-liberal decolonization of minds and institutions. José Manuel, from the University of Valencia in Spain, is in charge of specifying this alternative project to the Masters of so-called neo-liberal excellence and to transmit his proposal to us.
  • to organise a new IKA meeting in Rome from 23 to 25 June 2020, in response to the future and umpteenth ministerial conference of the Bologna process. Valeria Pinto, from the University Federico II of Naples, who has allowed the Potere al Popolo movement to join our network, has kindly agreed to take charge of the preparation of this event and keeps us informed.

Finally, let us recall that at the end of the congress, we naturally called on IKA members, now present in 35 countries, to join the struggles that are developing all over the world against neo-liberal reforms and the disorders caused by unlimited capitalism, which commodifies our lives and endangers the future of the planet. We regularly report on these struggles in our blog's "barometer of struggles" post and many other articles. So do not hesitate to continue to send us your contributions...

Blog editorial team

Bajo el título "Hacia una sociedad del conocimiento de todos, por todos y para todos", el congreso se organizó en torno a tres temas principales: cuál es la futura sociedad del conocimiento de todos, por todos y para todos; dónde estamos hoy en esta sociedad futura; y cómo podemos avanzar hacia esta sociedad del conocimiento del futuro.

Encontrarán en el enlace un texto de Christian Laval sobre « la transición de la universidad neoliberal hacia la universidad como común », el manifiesto por una universidad democrática lanzado por los universitarios canadienses, una contribución de nuestros amigos de Senegal, titulada "Experiencias alternativas: límites, beneficios, escollos, esperanzas", y las palabras de Christophe Pébarthe, de la Universidad francesa de Burdeos. También podrán escuchar algunas de las grabaciones de los debates que se realizaron durante estos dos días.

Gracias a estos elementos y a la diversidad de los participantes (agricultores, ejecutivos, personal sanitario, estudiantes, profesores, académicos, investigadores del sector privado y público, jubilados o activos...), los debates fueron, según todos los presentes, de muy buena calidad. Destacaron la necesidad de superar la sociedad capitalista y productivista, el surgimiento de una inteligencia colectiva y las iniciativas indispensables que hay que construir, tanto dentro como fuera de los muros de las universidades e instituciones de investigación, y a nivel local, nacional e internacional.

Durante este congreso se tomaron varias decisiones:

  • para resolver la falta de medios financieros de la IDST (creación de una asociación de derecho de 1901 en Francia, establecimiento de un sistema de cuotas de miembros, posible recurso a la financiación participativa para determinados eventos, etc.).
  • lanzar un proyecto de formación que contribuya a la descolonización neoliberal de las mentes e instituciones. José Manuel, de la Universidad de Valencia en España, es el encargado de concretar este proyecto alternativo a los “master” de la llamada excelencia neoliberal y de transmitirnos su propuesta.
  • En respuesta a la futura y enésima conferencia ministerial del proceso de Bolonia, organizar una nueva reunión de la IDST en Roma del 23 al 25 de junio de 2020. Valeria Pinto, de la Universidad Federico II de Nápoles, que ha permitido al movimiento Potere al Popolo unirse a nuestra red, ha aceptado amablemente encargarse de la preparación de este evento y nos mantiene informados.

Por último, recordemos que al final del congreso, llamamos naturalmente a los miembros de la IDST, presentes hoy en 35 países, a unirse a las luchas que se desarrollan en todo el mundo contra las reformas neoliberales y los desórdenes causados por el capitalismo ilimitado, que mercantiliza nuestras vidas y pone en peligro el futuro del planeta. Informamos regularmente sobre estas luchas en la entrada "barómetro de las luchas" de nuestro blog y en muchos otros artículos. Así que no duden en seguir enviándonos sus contribuciones...

La redacción del blog

Patricia Pol
Christophe Pébarthe
Valeria Pinto
Sabine Rubin
Hendrik Davi
José Manuel
Pierre Bitoun
Valeria Pinto & José Manuel

Lettre ouverte aux parlementaires sur la LPPR

 

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Lettre ouverte aux parlementaires sur la LPPR

Nous publions ci-dessous une lettre du collectif « Sauvons l’Université » adressée le 17 septembre 2020 aux députés et sénateurs français. Elle concerne le projet de « loi de programmation pluriannuelle de la recherche » (LLPR), récemment renommée « loi de programmation de recherche… » (LPR), ce qui ne change évidemment rien à son infâme contenu ! Fidèle à la stratégie du grignotage néolibéral poursuivie depuis maintenant plus de 40 ans (on profite d’une grande ou petite victoire pour lancer une nouvelle offensive voleuse, antisociale et irresponsable), cette loi vise à accélérer le démantelement du statut de la fonction publique dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) – comme d’autres lois le font dans d’autres secteurs – et à aggraver, sous couvert d’« innovation », l’asservissement de l’ESR aux intérêts du capitalisme, multinationales en tête. Le savoir, y résister comme le font « Sauvons l’Université ! », « L’Internationale des savoirs pour tous » et tant d’autres collectifs dans l’ESR ou partout, c’est déjà préparer l’avenir, forcément révolutionnaire, d’une société postcapitaliste et postproductiviste.

La Rédaction du blog

Météo des Luttes – janvier-février 2019 –

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Météo des Luttes – janvier-février 2019 –

Barometer of struggles – January-February 2019 –

Streikwetterdienst – Januar / Februar 2019 –

Barómetro de las luchas – enero-febrero de 2019 –

Meteo delle lotte – gennaio-febbraio 2019 –

Clima das lutas – Janeiro-Fevereiro de 2019 –

Aux quatre coins de la planète, des étudiants, des universitaires, des chercheurs, mais aussi des lycéens ou des enseignants, se mobilisent pour s’opposer aux politiques néolibérales et conquérir de nouveaux droits. Et la plupart du temps, nous n’en savons rien ou si peu…
Nous nous proposons donc de tenir sur ce blog une « météo des luttes », organisée sous la forme de textes courts, de « brèves », suivis de liens à consulter ou de documents à télécharger.
Dans ce bulletin météo, nous vous signalons quelques-uns de ces combats, locaux et universels...

All over the world, students, academics, researchers, as well as high school students and teachers are mobilizing to oppose neoliberal policies and conquer new rights. But most of the time, we hear little or no wind of it...
We therefore propose to keep on this blog a “barometer of struggles” organized in the form of news in brief, followed by links to consult or documents to download.
In this weathercast, we signal to you a few of these recent fights, local and universal…

Überall auf der Welt kämpfen Studierende, Lehrende und Forschende, aber auch SchülerInnen oder gar Eltern, gegen neoliberale Politik und für neue Rechte. Davon erfahren wir in der Regel nur wenig…
Auf dieser Seite verzeichnen wir also einen wissenschaftlichen Streikwetterdienst aus kurzen Texten und Meldungen mit Links und Dokumenten zum Herunterladen.
In diesem Bericht stellen wir Euch einige dieser lokalen und allgemeinen Kämpfe vor.

En todas partes del mundo, estudiantes, académicos, investigadores, pero también estudiantes y profesores de secundaria se movilizan para oponerse a las políticas neoliberales y conquistar nuevos derechos. Pero la mayor parte del tiempo, no sabemos nada o muy poco....
Por lo tanto, proponemos mantener en este blog un "barómetro de las luchas", organizado en forma de resúmenes, seguidos de enlaces para consultar o documentos para descargar.
En este reporte meteorológico, señalamos algunas de estas luchas, locales y universales…

In tutto il mondo, studenti, accademici, ricercatori, ma anche studenti delle scuole superiori e insegnanti si stanno mobilitando per contrastare le politiche neoliberali e conquistare nuovi diritti. E il più delle volte non ne sappiamo nulla, o molto poco...
Proponiamo quindi di tenere su questo blog un "meteo delle lotte", organizzato in forma di brevi testi, seguiti da link da consultare o documenti da scaricare.
In questo bollettino meteorologico, diamo notizia di alcune lotte, locali e universali…

Em todo o mundo, estudantes, acadêmicos, pesquisadores, mas também estudantes do ensino médio e professores estão se mobilizando para se opor às políticas neoliberais e conquistar novos direitos. E, na maioria das vezes, não sabemos nada ou tão pouco acerca disso...
Propomos portanto manter neste blog um "clima das lutas", composto por textos curtos, "resumos", seguidos de links para consulta ou documentos para download.
Neste boletim meteorológico, relatamos algumas dessas batalhas, locais e universais…

  1. En Afrique
    • Guinée
      Après plus de trois mois de grève liés à des revendications salariales, les enseignants ont repris les cours car un accord a enfin été trouvé avec le gouvernement.
    • Niger
      NewImageLes enseignants-chercheurs ont lancé une grève de 72 heures à partir du 18 février. Leurs revendications portent sur de meilleures conditions de vie et de salaire ainsi que sur la poursuite des élections des recteurs des universités du pays par toute la communauté universitaire et non par nomination du ministère de l’Enseignement supérieur.
    • République démocratique du Congo
      Après trois jours de coupure d’eau et d’électricité sur le campus de l’Université de Lubumbashi suite à des pluies diluviennes, une manifestation des étudiants a mal tourné le 27 janvier.
    • Sénégal
      Les étudiants de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis continuent de réclamer leurs bourses en ce début d’année 2019 et ont décrété un mot d’ordre de grève de 48 heures. Ils sont aussi en colère contre les ruptures d’approvisionnement de l’eau potable au sein du campus et la non-disponibilité du WIFI.

      Au printemps 2018, comme en 1968, c’est pour réclamer des bourses d’un niveau suffisant que les étudiants sont descendus dans la rue et que des heurts importants ont eu lieu avec les forces de l’ordre tuant un étudiant de l’UGB par balle le 15 mai.

    • Tunisie
      NewImageAlors que le Fonds monétaire international presse le gouvernement tunisien de geler les salaires du secteur public afin de réduire le déficit budgétaire, un mouvement de grève a été massivement suivi dans la fonction publique depuis novembre dernier. Un accord sur les augmentations salariales a finalement été signé le 7 février par le gouvernement et l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens), annulant par là-même la grève générale qui était prévue les 20 et 21 février. Toutefois, selon le secrétaire général de l’UGTT, la mobilisation du personnel du secondaire doit se poursuivre tant que le dossier des retenues sur les salaires du personnel gréviste n’est pas réglé.
  2. En Amérique Latine
    • Colombia
      NewImageEntre octubre y diciembre de 2018, los estudiantes han convocado acciones de lucha en todo el país no sólo para exigir más presupuesto para las universidades públicas sino también para denunciar los crímenes de líderes sociales y la represión durante las marchas. Los estudiantes, los profesores y el Gobierno Nacional de Ivan Duque llegaron a un acuerdo el 14 de diciembre de 2018. A ver cómo va a suceder con la mesa de diálogo entre los diferentes actores para seguir e implementar concretemente los acuerdos…
  3. En Amérique du Nord
    • United States
      More than 30 000 teachers on the streets of Los Angeles on January 14. Something we have not seen since 1989 ! These teachers of public schools are fighting to get higher salaries and better learning environment for children who are often more than 40 in a class. The strike could snowball in the United States and help to strengthen the fight against privatization of education.

      Following Los Angeles, labour actions took place in half a dozen states. In Denver, after a three-day strike, a first in 25 years, teachers won on February 14. Denver School District will allow an average 11.7 percent pay raise and annual cost of living increases. This « historic deal », as described by the Denver Teachers School Association (DTSA), addresses the teachers’ biggest concern about the unfair and non-transparent merit-pay system.

      In West Virginia, teachers walked off the job for a second time in the year on tuesday 19 February. But this time, they are not fighting for pay raises. They’re protesting Republican efforts to privatize public education.

  4. En Europe
    • Albanie
      En réaction à la hausse annoncée des droits d’inscription, des milliers d’étudiants albanais étaient dans la rue le 11 décembre 2018. Cette révolte étudiante, qui bouscule le pouvoir, remet en cause non seulement la démocratie mais aussi les politiques néolibérales appliquées par les principaux partis, analysent Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin dans un article de Mediapart.
    • Belgique
      Des dizaines de milliers d’étudiants soutenus par l’association Youth for climate, « brossent » les cours….
    • France
      Carre rouge soutien 600Le 19 novembre 2018, le Premier Ministre Édouard Philippe a annoncé l’augmentation des frais d’inscription des étudiants étrangers non-européens. La mesure, présentée comme un vecteur de ressources nouvelles dans une stratégie d’attractivité internationale des universités françaises, prévoit une hausse de près de 1600% de ces frais ! Pour s’y opposer, de nombreuses mobilisations se poursuivent dans tout le pays, organisées par les principaux syndicats (FAGE, Solidaires, UNEF), ainsi que des collectifs d’étudiants et d’enseignants-chercheurs.

      Au cours des semaines, les mobilisations s’intensifient et se diversifient. Pour suivre en direct l’évolution du conflit, le site du collectif université ouverte recense les actions en cours et prévues dans toute la France, dans l’attente de la parution d’un décret.

      Les étudiants appellent par ailleurs à une convergence des luttes avec les lycéens, les syndicats, le mouvement des gilets jaunes et la lutte pour le climat.

      De leur côté, des enseignants en colère du primaire, du secondaire ou de l’enseignement agricole réclament une revalorisation de leurs salaires, une meilleure reconnaissance de leur métier et moins de précarité. Organisés sur les réseaux sociaux, ces « stylos rouges » regroupent 60 000 internautes sur Facebook, se mobilisent un peu partout en France et ont publié un manifeste téléchargeable ici.

    • Germany
      In Berlin, thousands of students held a strike against the coal Commission on Friday January 25th demanding an end to fossil fuels. Germany's deal sets a 2038 end date for coal, but it's not ambitious enough
    • Netherlands
      An estimated 10,000 students marching through The Hague to protest climate change on February 7th.
    • Suisse
      Une mobilisation de la jeunesse d’ampleur nationale en faveur du climat s’est déroulée, le 18 janvier, dans 15 villes helvétiques dont Neuchâtel, Zurich et Genève.
    • United Kingdom
      NewImageAfter the strikes against pension cuts in 2018 voted in 61 universities through the University and College Union (UCU) action, new strikes dates are announced at 16 English colleges in pay row, starting on Tuesday 29 January.
  5. En Océanie
    • Australia
      Thousands of school students protest and walk out of class on Fridays and will be ready to follow the global strike4 on climate on March 15.