Assembly of the World Federation of Scientific Workers (WFSW)
Assemblée Générale de la Fédération Mondiale des Travailleurs Scientifiques (FMTS)
The 22nd General Assembly of the World Federation of Scientific Workers met in Dakar on December 8th, 2017. It agreed to call upon governments, the world scientific community and all the inhabitants of our planet facing a serious environmental crisis, in order to launch an exceptional research project to an amount of about 1200 billion euros per year, based on the principles of cooperation and solidarity. It is a global and urgent requirement.
Climate, biosphere, oceans…, the Earth system is destabilized. It enters unknown territory. The living conditions of all humanity and even that of all animal and vegetal beings are threatened. Ultimately, the very survival of the human species could be posed. The way that human activities are currently carried out is at the root of this situation. A rapid and deep transformation of how these activities are being developed is indispensable. A technical, ecological and even civilizational transition, that benefits all human beings, must bring about a change in the relationship between humanity and the Earth system, ensuring the conditions for its survival, for peace, well-being and life fulfillment of all populations. These stakes are global. They require a takeover by and mobilization of all nations, all populations and all sectors of activity. Such a transition requires that: – the principles of solidarity and cooperation overcome the principle of competition; – new financing and technology transfer mechanisms be implemented adapted to the needs and trajectories of the different countries; – procedures be developed that take into account the needs, uses and specific knowledges of populations; – inequalities be reduced.
A major contribution of research – including the social and human sciences – is essential for such a transition. With that aim, it is important to put an end to policies primarily focused on meeting the demands of multinational companies and on promoting the competitiveness of the territories subject to extreme international economic competition created by free trade agreements. Key sectors, such as education, energy, health, agriculture, food, industry, are strategic for the future of humanity. They require the establishment, under the umbrella of the United Nations, of an agency, with the necessary legal and financial resources, responsible for an international program of the transition, based on global aims and with enough flexibility to consider, and be enriched by, local and national specificities. This transition program must include exceptionally major research programs of a size unmatched by current ones, and subordinated to the principles of cooperation and solidarity. Such major international research programs shall also be supported by current national and international research networks and programs. It is urgent to reach exceptional levels of financial investments of the order of 1200 billion euros, about the 2% of the world PIB, to mobilize the world scientific power towards these projects, without any exclusion, allowing for the participation of all countries.
At stake it is the achievement of the following objectives: – increasing energy efficiency and reducing cost of generating, storing and transporting renewable energy, while drastically minimizing adverse environmental and health effects; stopping all exploitation of fossil fuels as soon as possible; – increasing uptake of carbon dioxide by agricultural soils and through reforestation, and using CO2 as a raw material to obtain carbon based chemicals, fuels and materials; – reducing agricultural methane emissions; improving the nutritional and sanitary quality of the diet; strongly reducing the negative effects on health and the environment resulting from human activities; – preserving freshwater sources, rivers and oceans and allowing universal access to drinking water; preserving biodiversity; – developing technologies and techniques adapted to the diversity of local situations, especially in their cultural, environmental and climatic conditions (for instance, housing or energy).
In this twenty-first century, the preservation of the Earth system and of all the common goods of humanity, the lasting well-being and the life fulfillment of all human beings, shall be the objectives and the compass that guide the scientific community, and beyond it all the human community. The World Federation of Scientific Workers (WFSW) works to define, promote and implement strategies to achieve the above mentioned goals. It calls on scientists from all countries to be committed to this task and, in cooperation, contribute to the achievement of these goals, and more broadly to the development of an unstoppable international movement capable of achieving them. The WFSW will direct this call to UN organizations and promote it through international NGOs, regional and international labor movements and labor confederations, and appeal to the world citizens to bring the call to the attention of their respective governments.
La 22e Assemblée Générale de la Fédération Mondiale des Travailleurs Scientifiques (FMTS) s’est tenue à Dakar, en décembre 2017. Face à la crise environnementale, elle a décidé d’appeler la communauté scientifique et toutes les populations de la planète à la mise en place d’un projet de recherche international exceptionnel, d’une hauteur de 2% du PIB mondial, soit environ 1200 milliards d’euros annuels, fondé sur les principes de coopération et de solidarité. Il s’agit d’une exigence mondiale et urgente.
Climat, biosphère, océans…, le système Terre est déstabilisé. Il entre dans une ère inconnue. Les conditions de vie de l’ensemble de l’humanité et des autres espèces animales et végétales sont menacées. A terme, la survie même de l’espèce humaine est posée. Le type d’activités humaines actuel constitue la cause de cette situation. Une transformation rapide et profonde de celles-ci est indispensable. Une transition technique, écologique et civilisationnelle, bénéficiant à tous les êtres humains, doit permettre une évolution du rapport entre l’humanité et le système Terre, assurant à l’humanité les conditions de sa survie, de la paix, du bien-être et de l’épanouissement de chacune de ses populations. L’enjeu est planétaire. Il exige une appropriation et une mobilisation de l’ensemble des nations, des populations et des secteurs d’activité. Il nécessite : – que les principes de solidarité et de coopération doivent supplanter celui de concurrence ; – la mise en œuvre de mécanismes de financement et de transfert de technologies adaptés aux besoins et aux trajectoires des différents pays ; – le développement de dispositifs permettant de prendre en considération les besoins, les usages et les savoirs des populations ; – une réduction des inégalités.
Une contribution majeure de la recherche – y compris en sciences humaines et sociales – est indispensable à cette transition. Pour ce faire, un terme doit être mis aux politiques qui tendent à principalement orienter la recherche vers la satisfaction des demandes des entreprises multinationales, et vers le soutien à la compétitivité des territoires soumis à une concurrence économique internationale aggravée par les accords de libre-échange. Des secteurs clés tels que l’éducation, l’énergie, la santé, l’agriculture, l’alimentation, l’industrie, sont stratégiques pour le devenir de l’humanité. Ils nécessitent la mise en place, sous l’égide de l’ONU, d’une agence – disposant des moyens juridiques contraignants et financiers nécessaires – en charge d’une programmation internationale de la transition, fondée sur des objectifs globaux et sur une flexibilité permettant de prendre en considération – et de s’enrichir- des spécificités nationales et locales. Cette programmation doit inclure des programmes de recherche internationaux d’une ampleur exceptionnelle, sans commune mesure avec les programmes actuels, organisés selon les principes de coopération et de solidarité. Ces programmes de recherche internationaux doivent être soutenus par les programmes et les réseaux de recherche internationaux et nationaux existants. il est urgent de passer à un niveau exceptionnel d’investissement financier – de l’ordre de 1 200 milliards d’euros, soit 2 % du PIB mondial – pour mobiliser les forces scientifiques mondiales dans ces projets, sans exclusive, avec la participation de tous les pays.
Il s’agit de contribuer à la réalisation des objectifs suivants : – augmenter l’efficacité énergétique et diminuer le coût de la production, du stockage et du transport des énergies renouvelables tout en réduisant drastiquement les effets négatifs aux plans environnemental et sanitaire ; cesser au plus vite toute exploitation d’énergies fossiles ; – augmenter la captation de dioxyde de carbone par les sols agricoles et la reforestation, utiliser le CO2 comme une matière première pour produire des composés chimiques, des combustibles et des matériaux à base de carbone ; – réduire les émissions agricoles de méthane ; améliorer la qualité nutritive et sanitaire de l’alimentation ; réduire fortement les effets négatifs aux plans environnemental et sanitaire de l’ensemble des activités humaines ; – préserver les sources d’eau douce, les rivières et les océans et assurer un accès universel à l’eau potable ; préserver la biodiversité ; – développer des technologies et des techniques adaptées à la diversité des situations locales, notamment dans leurs dimensions culturelle, environnementale et climatique (par exemple dans les domaines de l’habitation ou de l’énergie).
En ce XXIe siècle, la préservation du système Terre et de l’ensemble des biens communs de l’humanité, le bien être durable et l’épanouissement de l’ensemble des humains, constituent les objectifs et la boussole devant orienter la communauté scientifique, et au-delà l’ensemble de la communauté humaine. La Fédération Mondiale des Travailleurs Scientifiques (FMTS) se mobilise pour la définition, la promotion et la mise en œuvre de stratégies visant ces objectifs. Elle appelle les scientifiques de tous les pays à s’engager dans des coopérations contribuant à la réalisation de ces objectifs, et plus largement dans le développement d’un mouvement international puissant en capacité de les atteindre. La FMTS portera les exigences de cet appel auprès des organisations de l’ONU et en fera la promotion auprès des ONG internationales et des fédérations et confédérations syndicales internationales et régionales. Elle appelle les citoyens du monde à porter cet appel devant leurs gouvernements.
« Nous, Désert’heureuses, refusons de continuer à robotiser, mécaniser, optimiser, informatiser, accélérer, déshumaniser le monde... ».
Nous publions ci-dessous le manifeste de ce tout nouveau collectif de jeunes diplômé.es des plus grandes écoles d'ingénieur.es françaises. Il s’agit non seulement de réfléchir à de nouveaux modes de production pour sortir du capitalisme technocratique et productiviste mais aussi d’agir et de faire exploser les remparts que le système de domination des grandes écoles reproduit depuis plus de deux siècles. Une approche militante radicale dont l’IDST ne peut que se réjouir et qui, espérons-le, sera largement suivie.
Facultad de ciencias sociales de la universidad de Valencia (España)
La investigación científica nos permite comprender la relación entre las personas y su medio natural, las dinámicas estructurales de igualdad o desigualdad de las sociedades en las que viven y los procesos históricos que les han originado. Nos proporciona saberes teóricos e instrumentos tecnológicos para intervenir sobre los problemas que asolan nuestro medio ambiente y nuestra realidad social. En las universidades públicas la investigación científica complementa a la actividad docente y ambas deben contribuir a la libertad y el bienestar colectivo de las sociedades que las sostienen. Desde dicho compromiso y ante la gravedad de la crisis civilizatoria que la pandemia del coronavirus está acelerando los promotores de este manifiesto miembros de la Universidad de Valencia, nos sentimos en la obligación de trasladar a la sociedad las siguientes consideraciones:
La evidencia científica es una condición necesaria pero no suficiente para transformar, en un sentido progresista, la realidad social. La excelencia de la investigación científica en las universidades públicas es inseparable de su conciencia ciudadana y de la capacidad de promover la participación ciuadana en la decisión sobre los fines y los usos sociales de la ciencia. En este sentido es necesario recorder, como ha señalado entre otros Richard Horton, editor de la prestigiosa revista científica The Lancet, que en los últimos años, las principales conclusiones de las investigaciones en el ámbito de la salud pública y la epidemiología advirtieron reiteradamente del riesgo de la pandemia actual; constataron que nuestras sociedades no estaban preparadas para afrontar dicho riego y, en consecuencia, instaron a los gobiernos a tomar medidas urgentes para paliar sus futuras consecuencias. Sin embargo, tal y como está ocurriendo desde hace décadas con las recomendaciones de las investigaciones sobre la crisis ecológica y el cambio climático, tales advertencias no sólo se ignoraron sino que incluso en determinados países como el nuestro dieron lugar a políticas sociales que, mediante los recortes del gasto público y las privatizaciones, han deteriorado todavía más los servicios y las infraestructuras públicas. La ciencia sin conciencia ciudadana es sólo otro tipo de negocio mercantil.
En la última década, dichos recortes también han deteriorado gravemente las universidades públicas españolas. Han precarizado las condiciones laborales de sus trabajadoras y trabajadores más vulnerables; han descuidado su formación y han asumido, con muy pocas críticas, el modelo neoliberal de la rentabilidad mercantil en la investigación en la gestión administrativa. El COVID-19 ha llegado a una universidad publica cada vez menos pública, cada vez más sometida a criterios de mera rentabilidad, y cada vez menos democrática. Nuestro confinamiento de hoy acentúa y hace más visibles las carencias de este modelo de universidad mercantil que ya había confinado en sus despachos a amplios sectores del PDI, que los había enclaustrado, desorientado y alejado de cualquier sentido de comunidad universitaria y de compromiso colectivo. Frente al ‘sentido común neoliberal’ que nos ha invadido es necesario repetir lo obvio: las universidades públicas no son empresas económicas. Es necesario abandonar este modelo. Es necesario regresar a una universidad pública comprometida con la transformación progresista de la sociedad que la financia.
Desde las consideraciones anteriores y ante la gravedad de la crisis civilizatoria que está precipitando la pandemia del Coronavirus es imprescindible poner nuestros recursos docentes e investigadores al servicio de las demandas de la ciudadanía. Nuestra investigación científica conocimientos y nuestros saberes aplicados han de estar a disposición de las necesidades concretas que está situación extraordinaria está provocando en la sociedad valenciana. Para ello, es imprescindible que las universidades públicas habiliten recursos telemáticos y procedimientos de información y comunicación propios con la sociedad valenciana que les permitan, en primer lugar, escuchar y recoger dichas demandas, sanitarias, sociales, psicológicas y humanas y, en función de sus propios recursos, darles respuesta.
Por último, entre la atmósfera de incertidumbres, temores y esperanzas que nos envuelve estos días se abre paso una certeza: cuando termine nuestro confinamiento no vamos a regresar al mismo mundo. De nosotras y nosotros depende, desde hoy mismo, que la conmoción que atravesamos abra el camino hacia una universidad pública que mejore en capacidad docente e investigadora y, también, en conciencia ciudadana y en compromiso con la transformación social.
Valencia, Abril 2020
Promueven este manifiesto: firman este manifiesto enviando un mail a jose.m.rodriguez@uv.es
La création d’un salaire étudiant a déjà été évoquée à plusieurs reprises sur notre blog et fait désormais régulièrement partie des revendications portées par nombre de mouvements étudiants, en France et dans le monde. Ce que l’on sait moins, et que révèle l’article ci-dessous d’Aurélien Casta, publié en janvier 2020 dans Le Monde diplomatique, c’est que ce projet d’un salaire pour les « jeunes travailleurs intellectuels » date de la Résistance et qu’il faillit même être adopté par l’Assemblée nationale à l’orée des années 50. Des ministres socialistes – éternité de la gauche molle ! –, s’y opposèrent alors. On lira aussi l’ouvrage du même auteur : Un salaire étudiant. Financement et démocratisation des études, La Dispute, Paris, 2017.